1er décembre : Mali – « Dépistée positive au VIH, mon statut sérologique a été divulgué »

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Séance d'information / prévention au CESAC de Bamako (Mali) avec le Dr. Lalou

Témoignage d’une femme de 45 ans, travailleuse du sexe, vivant avec le VIH depuis 16 ans

 « J’ai su ma séropositivité lorsque j’étais enceinte de mon 4ème enfant : le bébé était porteur du virus. Il n’a pas survécu […]. J’étais effrayée, perdue, et je me disais que ma vie était finie. »

Avez-vous déjà fait l’objet de discriminations en raison de votre statut sérologique, si oui, lesquelles ?

C’est un agent de santé […] qui a fait mon dépistage. Après avoir su que j’étais porteuse du virus, il l’a divulgué à son entourage. Mes parents m’ont mise à la porte. Je suis restée sans domicile fixe. Pendant 3 ans, j’ai été logée à l’Hôpital Gabriel Touré sous le hangar des patients, puis un médecin m’a transférée au CESAC de Bamako. Depuis, je reçois mon traitement gratuitement, sans jugement ni difficulté. Je suis également animatrice sur le projet Sidaction au Mali. J’avais trouvé un logement, mais lorsque le propriétaire a appris que j’étais séropositive, il m’a donné 10 jours pour quitter les lieux. Mes enfants ne sont pas porteurs du VIH, mais ils subissent des discriminations à l’école. Ils sont montrés du doigt par les élèves et les voisins. Les autres enfants les rejettent en disant que leur mère est atteinte du sida et qu’ils sont porteurs aussi.

Quel est l’impact des discriminations sur votre accès au soin et votre vie quotidienne ?

Je suis prise en charge depuis 12 ans au CESAC de Bamako. Je ne subis aucune discrimination de la part des médecins. Quand il y a un don, je suis la première à en bénéficier.

Mais, je me sens rejetée par ma famille, mon entourage et mes amis. […] Mes enfants me soutiennent tout de même sans faille depuis qu’ils ont su mon statut.

Comment décririez-vous votre vie avec le VIH aujourd’hui ?

Grâce au soutien d’ARCAD-SIDA Mali, […] je bénéficie d’une prise en charge médicale, psychologique et sociale.[…] Depuis 12 ans, ARCAD-SIDA Mali prend aussi en charge la scolarisation, l’habillement et la nourriture de mes enfants.  Je crois que l’on peut bel et bien vivre avec le virus si l’on accepte de se faire dépister et traiter. Les médicaments m’ont redonné de l’espoir. J’invite toutes les femmes travailleuses du sexe à se faire dépister et à prendre le traitement en cas de séropositivité pour une longue vie !

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