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2013
20th
juin

| Communiqué de presse – AIDES & Coalition PLUS – 18 juin 2013 |

Ah qu’elle semble révolue cette époque où chaque G8 était l’occasion d’engagements solennels sur le front de la lutte contre le sida. Qu’il semble oublié ce sommet de 2005 à Gleneagles, à l’issue duquel les nations les plus riches du monde s’engageaient à atteindre l’accès universel aux traitements avant 2010. Qu’elle semble loin cette promesse, faite en 2010 par ces mêmes nations, d’offrir à 15 millions de malades un traitement qui sauverait leurs vies.

Face à leur incapacité à tenir leurs promesses, ces mêmes nations ont visiblement trouvé la parade : le silence. Un silence assourdissant. Pour la première fois, la lutte contre les grandes pandémies sera totalement absente des résolutions de ce G8. Les grandes nations rivalisent d’ingéniosité pour ne surtout rien faire qui permette de mettre fin au sida. Petit tour d’horizon.

| France : l’arlésienne |

Le Président François Hollande s’est engagé à mettre fin au sida… sans moyens financiers supplémentaires.

La taxe sur les transactions financières n’a toujours pas été attribuée à la lutte contre le sida et aux grandes urgences mondiales. Pire, la France risque d’être le seul grand pays à ne pas augmenter sa contribution du Fonds mondial. En fait, elle a déjà été dépassée par le Royaume-Uni au rang de 2e donateur mondial de la lutte contre les pandémies.

| La Grande-Bretagne au chevet des banquiers |

La Grande-Bretagne va augmenter l’aide publique au développement et sa contribution au Fonds mondial…et traîner la taxe Robin des Bois devant les tribunaux.

La Grande-Bretagne va déposer un recours contre le projet de coopération renforcée visant à mettre en place une taxe sur les transactions financières dans 11 pays européens.

| Allemagne : vive l’austérité |

La chancelière Angela Merkel s’est prononcée en faveur de la taxe Robin des Bois… pour remplir les poches du shérif de Notthingham.

L’Allemagne, elle, fait partie des 11 pays qui vont créer une taxe européenne sur les transactions financières. Mais Angela Merkel ne s’est pas encore prononcée en faveur d’une allocation d’une partie de la TTF européenne aux biens publics mondiaux et à la solidarité internationale.

| Etats-Unis : les brevets avant la santé |

Le Président Barack Obama va donner plus d’argent… pour acheter des traitements qui coûteront plus cher.

Depuis l’échec du traité ACTA, les Etats-Unis continuent leur offensive contre les médicaments génériques et pour les brevets pharmaceutiques dans leurs accords de libre-échange bilatéraux.

| Japon : régime de complaisance |

Le Japon est un leader régional de la lutte contre le sida… tant qu’il ne s’agit pas de s’opposer aux Etats-Unis.

Le Japon est partie prenante d’une des offensives contre les génériques menées par les Etats-Unis avec 11pays asiatiques : le Trans Pacific Partnership. Face aux Etats-Unis qui poussent pour une régime de brevets très stricts, le Japon n’a pas encore osé s’exprimer.

| L’Italie à crédit |

L’Italie pourra maintenir sa contribution au Fonds mondial… puisqu’elle ne l’a pas payée depuis 2009.

L’Italie n’a tenu aucune de ses promesses de don au Fonds mondial depuis 2009 : ni les 260 millions d’euros promis au Fonds mondial en 2009 et 2010, ni les 30 millions supplémentaires annoncés par Silvio Berlusconi au G8 de l’Aquila.

| Canada : financements oui, droits non |

Le Canada est l’un des acteurs de la lutte mondiale contre le sida… mais sacrifie les droits des malades. Fier de l’augmentation de sa contribution au Fonds mondial en 2010, le Canada pourrait poursuivre sur sa lancée en 2013. Sauf que le pays criminalise encore certaines formes de transmission du VIH, et s’oppose aux réformes des politiques de drogue fondées sur la santé publique.

| Russie : la totale ! |

La Russie met tout en œuvre… pour faire exploser le sida et la tuberculose.

Absence de politique de prévention et mises sous traitement tardives, criminalisation de l’usage de drogue et conditions de détention déplorables, pression exercée sur les ONG, homophobie et interdiction de parler des « relations sexuelles non traditionnelles » dans l’espace public… Résultats : des épidémies de sida et de tuberculose qui explosent littéralement, comme nulle part ailleurs dans le monde.

Photo : EPA

2013
13th
juin

En 2008, lorsque nous avons créé Coalition PLUS, il nous paraissait indispensable de mettre en commun le savoir-faire d’associations de lutte contre le VIH/sida de différents continents, qui avaient toutes à cœur d’impliquer dans leur gouvernance et dans leurs programmes les communautés les plus vulnérables à l’épidémie. Notre union a toujours eu l’ambition de devenir une entité internationale de référence, suffisamment forte pour infléchir la courbe de l’épidémie mondiale de VIH/sida et y mettre fin à terme.

France, Maroc, Burundi, Mali, Roumanie, Québec, Suisse et Equateur : en 2012, quatre ans à peine après sa création, Coalition PLUS comptait huit associations membres. Et d’autres partenaires ou membres ont rejoint notre union en 2013. Les critères d’entrée sont précis, les contrôles sont rigoureux. Un accompagnement et une formation sont possibles pour les organisations candidates ne remplissant pas l’ensemble de nos exigences. Un nouveau mouvement solidaire international est en marche et son objectif est ambitieux : un monde sans sida.

Coalition PLUS rassemble l’expertise des plus importantes associations communautaires de lutte contre le sida. Des organisations non gouvernementales du Nord comme du Sud, reconnues au niveau national, voire international pour leur efficacité et leur bonne gestion. Toutes œuvrent sans relâche pour mener des actions ciblées de prévention et de soutien aux personnes infectées par le VIH/sida. Toutes sont déterminées à faire évoluer les politiques publiques en matière de santé et de droits des personnes. Toutes se battent au quotidien, sur le terrain, pour l’accès universel aux soins, aux traitements et à la prévention, contre la stigmatisation et la criminalisation des personnes séropositives, pour la défense des droits des populations les plus exposées au risque d’infection.

Nos ambitions sont grandes. Nous pouvons compter sur un vaste réseau de militants et de professionnels pour les défendre quotidiennement sur le terrain, aux quatre coins du monde. Tous redoublent d’efforts et agissent ensemble, aux travers des programmes et projets exposés dans le présent rapport d’activité.

http://www.coalitionplus.org/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/RA12_BAT.pdf

2013
10th
juin

Le Conseil d’Administration (CA) de Coalition PLUS s’est tenu le dimanche 9 juin à Bucarest. A cette occasion, les administrateurs de notre union ont voté à l’unanimité l’adhésion de l’association portugaise GAT (www.gatportugal.org) en tant que nouveau partenaire. Notre union compte désormais 13 adhérents : 9 membres* et 4 partenaires**.

L’association GAT en quelques mots

GAT est un acteur majeur de transformation sociale au Portugal. Dépistage, prévention, action en direction des populations les plus vulnérables à l’épidémie, défense des droits des personnes concernées, supervision de la prise en charge médicale, formation des professionnels de santé et recherche communautaire font notamment partie de ses champs de compétence.

En mai dernier, son président, Luís Mendão, militant de renom et fervent promoteur de la démarche communautaire prônée par Coalition PLUS, s’exprimait en ces termes à l’occasion de la Réunion de haut niveau “Droit à la santé, droit à la vie” sur le VIH et les droits humains au sein de l’Union européenne, organisée à Bruxelles et réunissant 150 représentants des États membres de l’Union européenne (UE) et des pays voisins (notamment Biélorussie, Moldavie, Russie et Ukraine), ainsi que des militants de la société civile et des représentants de la Commission européenne et de l’ONUSIDA :

“Je suis né sous le régime totalitaire de Salazar au Portugal. J’ai grandi dans un contexte de pauvreté endémique. Au cours de mes 15 premières années de vie, on estime à 1,5 millions le nombre de personnes ayant quitté mon pays pour raisons politiques et économiques. Je suis descendu dans les rues de ma ville natale lors du printemps révolutionnaire de 1974. Je suis un homme ayant eu des rapports sexuels avec des hommes et avec des femmes. J’ai consommé des drogues illégales durant ma jeunesse. Je vis désormais – ouvertement – avec le sida et avec les stigmates de l’hépatite C. Si je suis encore en vie aujourd’hui, c’est parce que j’ai eu un accès aux soins et traitements dont j’avais besoin au Portugal en 1995. Les 20 années qui viennent de s’écouler ont été pleines de défis et extrêmement riches pour moi. Les organisations communautaires et les personnes avec lesquelles GAT collabore font un incroyable travail sur le terrain. Mon expérience me fait dire aujourd’hui que rien de ce que nous avons réalisé n’aurait été possible sans eux.”

* Membres :

AIDES (France)
ARAS (Roumanie)
ALCS (Maroc)
ARCAD SIDA (Mali)
ANSS (Burundi)
COCQ-SIDA (Québec)
GROUPE SIDA GENEVE (Suisse)
KIMIRINA (Equateur)
PILS (République de Maurice)

** Partenaires :

AMO CONGO (RDC)
IDH (Bolivie)
REVS+ (Burkina Faso)
GAT (Portugal)

2013
8th
juin

La COCQ-SIDA, membre cofondateur québécois de Coalition PLUS, a publié hier, vendredi 7 juin, un communiqué de presse dénonçant le dépôt du projet de loi C-65 par le gouvernement fédéral canadien. Ce projet vise à encadrer l’émission, par le ministre de la Santé du Canada, d’exemption à la Loi règlementant certaines drogues et autres substances; exemption nécessaire à la mise en place de service d’injection supervisée. Il énumère de multiples critères auxquels devront répondre toutes demandes d’implantation de service d’injection supervisée.

Pour retrouver le communiqué de presse de la COCQ-SIDA :

http://cocqsida.com/mediatheque/communiques-de-presse/un-projet-de-loi-qui-porte-atteinte-aux-droits-fondamentaux-des-personnes-utilisatrices-de-drogues.html

Photo : La Presse canadienne (photo) Darryl Dyck

Légende : Le site d’injection supervisée Insite, à Vancouver. Selon le nouveau projet de loi conservateur déposé jeudi, pour rester ouvert, Insite devra notamment fournir des preuves de son acceptabilité sociale.

2013
28th
mai

Coalition PLUS vient de publier un petit outil méthodologique à destination de ses membres, s’articulant autour de fiches méthodologiques, librement adaptées de documents élaborés et diffusés par AIDES, l’ALCS, le programme Recherche de Coalition PLUS et Sidaction dans le cadre de la préparation des Conférences francophones sur le VIH/sida de Casablanca 2010 et de Genève 2012.

Les conférences – internationales, régionales ou encore nationales – permettent aux acteurs de la riposte mondiale au VIH/sida d’avancer de nouvelles pistes pour lutter contre l’épidémie. Elles donnent l’occasion aux chercheurs, militants associatifs, responsables et décideurs politiques, journalistes, professionnels de la santé et de l’accompagnement social, parmi lesquels de nombreuses personnes vivant avec le VIH/sida, de se retrouver tous dans un même lieu afin d’échanger et de communiquer sur les dernières avancées, découvertes et résultats de recherches ou d’actions de lutte contre le VIH/sida.

Pour se faire entendre et comprendre, pour valoriser au mieux son travail et son expertise lors de ces grands rendez-vous, il est nécessaire de bien identifier en amont quels en sont les objectifs et les thématiques clefs, ainsi que les directives fixées par les organisateurs en ce qui concerne le dépôt de résumés et la forme des présentations. Les acteurs associatifs souhaitant élaborer un résumé ou un abstract, préparer une présentation orale, une présentation affichée ou un poster dans la perspective d’une telle conférence, disposent désormais d’un outil pratique, gratuit et disponible en libre-téléchargement pour ce faire :

http://www.coalitionplus.org/wordpress/wp-content/uploads/2013/05/leaflet-conférences.pdf

Rédaction et coordination : Romain Hurand et Emilie Henry (programme Recherche de Coalition PLUS)

2013
23rd
mai

| Interview parue dans Direct Matin – 20 mai 2013 |

“La recherche sur le Sida a bénéficié de progrès très rapides”

Le 20 mai 1983, une équipe française de chercheurs révélait dans la revue américaine Science la découverte du virus du sida. Trente ans après, l’épidémie continue de faire des victimes. Mais pour Vincent Pelletier, directeur général de Aides et de Coalition PLUS, la recherche a permis des avancées considérables.

Comment a été accueillie l’annonce de la découverte du sida en 1983 ?

A l’époque, cette information a eu assez peu d’effet. Dans la communauté homosexuelle, les gens ont même cru que c’était une invention destinée à stigmatiser les gays. Il a fallu attendre les premiers morts pour que la prise de conscience ait lieu.

Trente ans après, quel regard peut-on porter sur la recherche ?

Aucune autre maladie n’a bénéficié de progrès aussi rapides. Aujourd’hui, on a une connaissance du système immunitaire très poussée. Par ailleurs, le sida nous a beaucoup appris sur la réponse à apporter aux épidémies. Jusqu’alors et depuis le Moyen Age, le réflexe était d’isoler les malades. Le sida nous a montré qu’une autre réponse sociale était nécessaire.

Aujourd’hui, où faut-il concentrer les efforts ?

Le développement du dépistage est primordial pour lutter contre la propagation du virus. Ensuite, il faut traiter le maximum et le plus tôt possible. Enfin il faut accompagner les malades pour les soutenir dans le soin, car actuellement c’est un traitement qui se prend à vie.

Quand pourra-t-on guérir du Sida ?

Déjà je pense qu’il ne faut pas attendre de vaccin avant plusieurs dizaines d’années. Et pour trouver un traitement qui permet d’en guérir je ne crains que ce soit encore bien plus long.

Photo : Vincent Pelletier [©Stéphane Blot]

2013
6th
mai

| ©LeMonde.fr – 06.05.2013 | Qui nous fera croire que le secteur financier, qui amasse des milliards chaque année, craint une taxe minime dont la vocation n’est que de servir le bien social national, européen et international ?

Rappelons que la taxe sur les transactions financières (TTF) telle qu’elle existe en France – et existera bientôt dans dix autres pays de l’Union européenne – n’est ni sans précédent, ni unique au monde.

Dans plusieurs pays, différentes formes de cette taxe existent sans que leur secteur banquier ne se soit écroulé. Le Brésil, la Suisse, Taïwan ou le Royaume-Uni sont autant de pays qu’on ne peut guère soupçonner d’anticapitalisme.

INSPIRÉE DE LA TAXE TOBIN

Afin de repositionner le débat sur cette “méchante” taxe qui va pénaliser les échanges spéculatifs, rappelons-en les origines. Inspirée de la taxe Tobin, elle a été promue et défendue pour servir deux objectifs.

Le premier, à la suite de la crise de 2008 et de la responsabilité du secteur financier dans l’effondrement de l’économie internationale, est de faire contribuer ce dernier de manière équitable et substantielle au coût de la crise et de compenser les pertes massives qu’il a pu causer dans les institutions et chez les individus de tout niveau social.

Le second objectif, défendu par de très nombreuses organisations non gouvernementales, est de fournir un financement complémentaire à la lutte contre l’extrême pauvreté, les grandes pandémies et le changement climatique.

Ces causes, que les dirigeants ont tendance à sacrifier par leur vision court-termiste de rigueur budgétaire, pourront bénéficier d’un financement additionnel. Il sera sans impact sur les citoyens français et européens et taxera un système financier qui ne contribue pas à cet effort mondial nécessaire en faveur des plus vulnérables.

INDÉCENT

Cette taxe a déjà été mise en place en France. En Europe, un processus de coopération renforcée entre onze pays membres de l’Union européenne se met en place. Il devra notamment discuter de l’affectation de la TTF au financement du développement mondial.

Nous dénonçons la manœuvre du secteur bancaire qui se permet de crier au loup pour stopper une démarche créée au bénéfice de l’intérêt général européen et mondial. Il ne faut pas se méprendre et lire entre les lignes les arguments opposés à la TTF par les banques. Ce vocabulaire alarmiste, qui met en garde contre l’effondrement d’une partie de l’économie européenne, est inapproprié, voire indécent.

Il est proféré par un secteur qui parle de manque à gagner pour quelques entreprises et actionnaires, pour s’opposer à la production de financements additionnels destinés à lutter contre des maladies comme le sida, contre des fléaux comme le changement climatique et contre la pauvreté en général. Des financements qui pourraient bénéficier à 1,3 milliard de personnes qui vivent aujourd’hui avec moins d’un euro par jour.

Photo : ©Robinhoodtax.org

2013
3rd
mai

Le 30 avril dernier, Laurent Fabius (Ministre français des Affaires étrangères), Pascale Canfin (Ministre français du Développement) et certain de leurs conseillers, recevaient les représentants des associations AIDES, Coalition PLUS, Sidaction et Act Up-Paris au 37 Quai d’Orsay, siège parisien du ministère des Affaires étrangères, pour s’entretenir avec eux de l’engagement de la France dans la lutte contre le VIH/sida à l’international. Une réunion de 45 minutes, qui a permis aux associations de rappeler à leurs interlocuteurs que les Français étaient très attachés à cette cause, comme en témoignent notamment les 170 000 donateurs soutenant les combats de AIDES, membre cofondateur de Coalition PLUS, ainsi que le remarquable succès de l’édition 2013 du Sidaction. Et de souligner que la France pouvait être fière de ce qu’elle avait accompli dans le domaine de la lutte contre cette pandémie en tant que moteur de la constitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FM), de la mise en place de la taxe solidaire sur les billets d’avion finançant UNITAID et de la création de la Taxe sur les Transactions Financières (TTF).

A cette occasion, la délégation a également pu rappeler que des 8 Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) adoptés en 2000 à New York par le États membres de l’ONU, la lutte contre les trois grandes pandémies (VIH/sida, Tuberculose et paludisme) était celui qui avait le plus progressé. En effet, 9 millions de vie ont été sauvées depuis lors, la moitié des personnes éligibles à un traitement antisida y ont désormais accès, et le FM finance aujourd’hui 80% de la lutte contre la tuberculose et 50% de la lutte contre le paludisme à l’échelle mondiale. Ces progrès sont d’ailleurs visibles sur le terrain : à l’évidence, les pays les plus touchés par ces fléaux ont su organiser efficacement l’accès aux traitements lorsqu’on leur en a donné les moyens et leurs populations, de même que leurs finances publiques, en ont très largement bénéficié à terme.

Reste – et les représentant associatifs n’ont pas manqué de l’exprimer – le sentiment que l’engagement politique en faveur de l’aide internationale au développement tend à faiblir de manière inquiétante en ce moment : celui-ci n’est effectivement plus celui qu’il était il y a de cela quelques années encore, plombé, voire paralysé qu’il est aujourd’hui par l’impact dévastateur d’une crise financière mondiale qui malmène, entre autres, l’ensemble des pays industrialisés, principaux contributeurs du FM. Des remèdes efficaces existent pourtant, qui permettraient de passer ce cap économique difficile tout en maintenant, voire en augmentant l’aide internationale à la santé et au développement. Les quatre associations ont d’ailleurs tenu à relever que les organisations de la société civile française se mobilisent et travaillent de longue date, de concert avec nombre de leurs partenaires internationaux, pour être force de proposition en la matière.

En effet, les associations AIDES, Coalition PLUS, Sidaction et Act Up-Paris soutiennent avec force et détermination la reconstitution du FM à hauteur de 15 milliards de dollars pour le prochain cycle de 3 ans. Certaines d’entres elles sont membres des délégations de la société civile du FM et prennent part aux travaux du réseau des plaideurs pour le Fonds mondial (Global Fund Advocates Network – GFAN). Par ailleurs, plusieurs réunions internationales auxquelles elles ont pris une part active, ont été organisées depuis le début de l’année 2013 pour travailler, en concertation avec les institutions internationales et certains partenaires techniques tels que l’ONUSIDA, l’OMS et Roll Back Malaria, à l’estimation des besoins de financement pour la période 2014 – 2016, en tenant notamment compte des récentes avancées scientifiques, de la mise en œuvre des programmes dans les pays ou encore de la nécessaire mise à niveau des systèmes communautaires et de santé.

Et la situation est désormais parfaitement claire. En se basant sur les scénarios les plus optimistes, pour parvenir à une couverture d’environ 85% des besoins mondiaux d’ici à fin 2016 et impacter ainsi réellement sur les trois pandémies les plus meurtrières de notre Histoire, il est impératif de mobiliser 87 milliards de dollars sur 3 ans : 37 milliards de dollars en augmentant les ressources domestiques des pays, 24 milliards de dollars en maintenant des financements préexistants hors Fonds mondial, 15 milliards de dollars en reconstituant intégralement le FM pour ce nouveau cycle de 3 ans et…11 milliards de dollars qu’il reste encore à trouver.

S’appuyant sur ce constat et profitant de leur audience au Quai d’Orsay, les associations ont d’ailleurs souhaité attirer l’attention de messieurs Fabius et Canfin sur le fait que la contribution de la France à l’effort collectif devait non pas être maintenue à hauteur de ce qu’elle est actuellement, mais impérativement augmenter de manière significative dans les années à venir, rappelant au passage que François Hollande en personne s’y était engagé à maintes reprises durant sa campagne présidentielle, ainsi que depuis son élection à la tête de l’Etat français en mai 2012. Concrètement, de 360 millions de dollars actuellement, la contribution française au FM devrait passer à 600 millions. Un message bien reçu par les deux ministres, qui n’ont toutefois pas caché leur scepticisme sur ce point. En cause – on peut s’en douter – une période de contraintes budgétaires historiquement fortes. Certes, le maximum sera fait pour avancer en ce sens, assure-t-on, en mobilisant notamment la TTF et la taxe solidaire sur les billets d’avion. Mais au final, c’est le président Hollande qui arbitrera en fonction des moyens de l’Etat français.

La rencontre arrivant à son terme, Laurent Fabius s’est toutefois formellement engagé devant les associations présentes à ne par réduire la contribution de la France au FM, assurant que des mesures avaient d’ores et déjà été prises pour neutraliser les effets de la crise sur cette enveloppe budgétaire jugée primordiale. Le Président Hollande, a-t-on appris, a par exemple décidé d’augmenter la taxe solidaire sur les billets d’avion; mesure qui devrait entrer en vigueur très prochainement et générer rapidement de précieuses recettes supplémentaires. Par ailleurs, la TTF française porte déjà ses fruits et contribue au financement de certains enjeux clés du développement. Ainsi, pour l’année 2013, il a été décidé d’en affecter le 10% à la santé maternelle et infantile, ainsi que pour l’accès à l’eau dans les pays les plus pauvres de la planète. Mais le ministre est catégorique : la France aura plus que jamais besoin de l’aide des associations de lutte contre le VIH/sida pour appuyer sur les négociations en cours, visant la mise en place de la TTF européenne. Car si celle-ci a été adoptée par onze pays de l’UE dont la France le 22 janvier dernier, le gouvernement français est pour l’heure minoritaire dans sa volonté d’en affecter une partie aux questions de développement et de santé, la priorité semblant aller à la réduction des déficits publics.

Photo : Laurent Fabius, Ministre français des Affaires étrangères (©Bertrand Langlois/AFP)

2013
3rd
mai


AIDES, membre cofondateur de Coalition PLUS, nous l’apprend : “Des études récentes montrent que le QI des hommes chute au fur et à mesure qu’ils se déshabillent”. La preuve en images, avec le nouveau spot vidéo de l’association AIDES et de l’agence TBWA\Paris, qui s’amuse avec des mœurs masculines et rappelle l’importance du préservatif.

2013
30th
avril

Les associations Coalition PLUS, AIDES, Sidaction et Act Up-Paris se sont associées en mars dernier pour demander un entretien à Monsieur Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères français, afin de discuter de la reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FM), ainsi que de l’engagement de la France dans la lutte contre le VIH/sida au niveau international.

Les représentants des quatre associations seront reçus par Monsieur le Ministre d’Etat en personne aujourd’hui, mardi 30 avril à 15h30, au Quai d’Orsay, siège du Ministère des Affaires étrangères à Paris. A cette occasion, ils pourront exprimer leur inquiétude au sujet de la contribution française à la lutte contre le sida, et notamment concernant l’attribution de la Taxe sur les Transactions Financières (TTF) française.

En ouverture de la Conférence mondiale sur le sida à Washington en juillet dernier, le Président de la République François Hollande engageait la France à se donner les moyens d’en finir avec le sida, et réaffirmait l’objectif de l’accès universel d’ici 2015. A la veille du lancement du processus de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose, nos associations s’inquiètent de la mise en œuvre effective de ces engagements.

D’après les informations dont nous disposons à ce jour, le gouvernement français aurait l’intention d’utiliser la part des recettes de la taxe promise par le chef de l’Etat le 1er mars dernier à la lutte contre les pandémies pour financer des projets de Couverture Sanitaire Universelle. Depuis plusieurs mois, la France s’est en effet fortement engagée pour la Couverture Sanitaire Universelle au niveau multilatéral, notamment au travers du Groupe Diplomatie et Santé. Les organisations non gouvernementales françaises se sont d’ailleurs réjouies de l’engagement de la France en faveur d’une mobilisation financière et politique majeure pour la santé, tout en participant aux premiers efforts de définition de cette Couverture Sanitaire Universelle.

Le message adressé par nos associations est de poursuivre les efforts dans les réponses verticales contre les pandémies afin d’atteindre l’objectif de leur éradication, dont on sait qu’elle est aujourd’hui à portée de main, et de les seconder par le développement du projet prometteur de Couverture Universelle en Santé. En d’autres termes, il est impératif de ne pas déconstruire des programmes efficaces de prise en charge des malades pour les intégrer dans des projets avant-gardistes de Couverture Sanitaire Universelle qui restent entièrement à construire.

En effet, en aucun cas les projets de Couverture Sanitaire Universelle ne sont substituables à des programmes de lutte contre les pandémies ; en aucun cas les programmes de lutte contre les pandémies sont, à ce stade du développement de la Couverture Sanitaire Universelle, intégrables dans des projets pilotes liés à celles-ci.

Le gouvernement de François Hollande s’est fixé pour objectif de répondre à l’impératif de mettre les malades sous traitement et d’allouer une partie de la Taxe sur les Transactions Financières (TTF) française à la lutte contre les pandémies : pour répondre à ce double objectif, le financement de programmes verticaux ne peut être qu’absolument prioritaire par rapport à tout autre type de projet.

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Sommet du G8 et sida : tous unis… pour ne rien faire !

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