Bangladesh – ANPUD appelle à mettre fin à la « guerre à la drogue »

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Au Bangladesh, un durcissement sans précédent de la « guerre à la drogue » menée de longue date par le gouvernement a déjà coûté la vie à plus de 100 personnes et mené à plus de 12 000 arrestations en l’espace de quelques semaines. Face à cette approche hyper-répressive inquiétante adoptée par le gouvernement bangladais à la mi-mai 2018, ANPUD (Asian Network of People who Use Drugs), réseau de personnes usagères de drogues en Asie, appelle la Première ministre Sheikh Hasina et le ministre de l’Intérieur Asaduzzaman Khan à mettre immédiatement fin aux exécutions extrajudiciaires de présumés-es usagers-ères ou vendeurs-ses de drogues.

 

La « guerre à la drogue », une grave violation des traités internationaux en matière de droits humains

ANPUD rappelle que la surenchère de violence dont font preuve certains pays dans le cadre de leur « guerre contre les drogues » constitue une grave violation des traités internationaux en matière de droits humains et de contrôle des drogues : aux Philippines, elle fait aujourd’hui l’objet d’un examen préliminaire par la Cour Pénale Internationale (CPI). Cette approche inhumaine contrevient également aux droits constitutionnels des Bangladais.

ANPUD souligne également que la consommation et la vente de drogues au Bangladesh ont des causes multifactorielles et invite les ministres à considérer les enjeux socio-économiques sous-jacents à ces phénomènes (pauvreté endémique, chômage, carences du système d’éducation, etc.), plutôt que de réprimer les personnes.

 

Décriminaliser la consommation de drogue pour promouvoir la santé et le bien-être des personnes touchées

Selon l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), seule 1 personne consommatrice de produits psychoactifs sur 10 dans le monde a un usage dit « problématique » des drogues. En réalité, les Nations Unies ne cessent d’appeler les Etats membres à décriminaliser la consommation de drogues pour privilégier des politiques axées sur la la santé et le bien-être des populations touchées, ainsi que de leurs familles.

Les usagers-ères de drogues sont des personnes et ont les mêmes droits que tous-tes. ANPUD préconise de s’appuyer sur leurs expériences pour développer des interventions, notamment de santé, adaptées à leurs besoins.

 

Inclure les usagers-ères de drogues dans l’élaboration des programmes qui les concernent

En conséquence, ANPUD appelle la Première ministre Sheikh Hasina et le ministre de l’Intérieur Asaduzzaman Khan à prendre les mesures nécessaires pour garantir l’Etat de droit et les droits fondamentaux de tous-tes les citoyens-nes bangladais-es. L’organisation espère que les responsables politiques du Bangladesh sauront inclure les personnes usagères de drogues dans l’élaboration de programmes basés sur des preuves scientifiques et les droits fondamentaux, ce afin de promouvoir la Réduction des Risques (RdR), l’égalité et la justice.

Lire l’appel de l’ANPUD dans son intégralité [anglais] : http://www.anpud.org/anpud-calls-on-bangladesh-government-to-immediately-stop-the-war-on-drugs/

En savoir plus sur la Réduction des Risques (RdR) : https://www.aides.org/reduction-des-risques-lies-usage-de-drogues

Coalition PLUS soutient la campagne Support, Don’t Punish. Plus d’informations : http://supportdontpunish.org/fr/a-propos/

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