BURUNDI : nos collègues et amis de l’ANSS au secours des malades du sida

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Une situation chaotique

L’annonce le 25 avril dernier de la candidature du Président Pierre Nkurunziza aux élections présidentielles burundaises 2015 pour briguer un troisième mandat consécutif a suscité des soulèvements dans plusieurs quartiers de la capitale Bujumbura. Les quartiers périphériques nord de Cibitoke, Mutakura, Ngagara et Buterere subissent actuellement des affrontements entre la police et les manifestants avec interposition de l’armée pour ramener le calme. Il en est de même pour les quartiers périphériques sud de Musaga et Kanyosha, ainsi que les quartiers du centre dont Ngakabiga, Bwiza et Jabe. Dans certains de ces quartiers, les affrontements mettent aux prises les manifestants et les milices « Imbonerakure », fidèles au parti au pouvoir, souvent habillés en tenues de police et armés. C’est à eux que l’on doit la majorité des victimes des affrontements de ces derniers jours.
La conséquence principale de ces troubles est que la population qui habite dans ces zones urbaines, et même parfois celle des quartiers environnants, ne peut que difficilement se déplacer. Par ailleurs, une bonne partie de ces habitants a préféré fuir vers des quartiers plus sûrs, voire quitter la capitale pour des provinces encore épargnées par les troubles. D’autres s’exilent pour des pays limitrophes lorsque cela est possible. La situation, des plus tendus, est rendue chaotique par le manque d’informations qui laisse libre cours aux rumeurs au sein d’une population déjà choquée.La fermeture des médias explique ce manque d’informations. Les radios privées n’émettent plus que dans la capitale et la Radio Publique Africaine, station la plus écoutée au Burundi, a été tout simplement fermée. Les réseaux sociaux, tels que Whatsapp et Facebook on été bloqués sur les connections mobiles. Bientôt, les Burundais ne pourront même plus communiquer, car ils ne pourront plus recharger le crédit de leurs téléphones portables.

A ce climat extrêmement tendu, s’ajoute une très grande difficulté à accéder aux services et aux marchandises. Un magasin sur dix est ouvert et cela uniquement au centre-ville. Dans les quartiers plus périphériques, peu de boutiques sont ouvertes et leurs stocks sont vides. Ces boutiques sont un maillon essentiel dans le ravitaillement des ménages, d’autant plus que les marchés subissent également le même taux de fermeture. Des pénuries s’installent, en vivres notamment.

Des malades du sida en danger

Il est difficile de parler de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) dans la capitale, mais si l’on prend le cas de l’ANSS, cette paralysie a eu un effet déplorable sur l’offre de services aux malades. Un service minimum a toutefois été instauré grâce à l’implication du personnel qui peut accéder sans trop de difficultés aux locaux de l’association. Ce service minimum se limite pour l’heure aux consultations pédiatriques, au renouvellement d’ordonnances et à l’hospitalisation de jour. Il est assuré par un effectif inférieur à 10 employés au centre Turiho. Pour ce qui est des antennes de l’ANSS, la situation est jugée normale, mais parfois tendue comme à Kirundo où il a fallu interrompre les services durant les manifestations. A l’heure qu’il est, la situation est donc plus inquiétante à Bujumbura que dans le reste du pays.

La Maison de la Joie (http://independance.blog.tdg.ch/…/la-maison-de-la-joie-2447…), qui héberge des enfants infectés par le VIH et en difficultés thérapeutique, se trouve dans la zone de Musaga et nous préoccupe particulièrement. Toute notre énergie est mobilisée pour évacuer les enfants vers un lieu plus sûr. Si la situation se maintient ainsi, seule la quarantaine de patients qui se présente au centre Turiho de l’ANSS continuera à avoir accès à ce service minimum. Il est tout de même important de noter que les réserves de traitements antirétroviraux (ARV) qui n’étaient pas déjà en rupture de stock au centre Turiho sont estimées à un mois seulement.


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