Hommage aux agents de santé communautaires

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IRIN, le service d’analyses et de nouvelles humanitaires du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies, nous rappelait très justement hier le rôle crucial joué par les agents de santé communautaires, salariés ou bénévoles, sensibilisant la population et prenant soin des patients infectés ou affectés par le VIH/sida dans les pays les plus pauvres de la planète.

Car les fournisseurs de soins communautaires ne se contentent pas de vérifier que les patients ont suffisamment d’antirétroviraux (ARV). A l’instar de Samia, travaillant dans un district rural de l’ouest du Kenya, ils rendent quotidiennement visite aux patients, s’occupent d’eux, aident certains d’entre eux à se rendre à l’hôpital, donnent des conférences dans les dispensaires locaux ou encore, tentent de comprendre et de motiver les patients qui ne se rendent plus aux centres médicalisés auxquels y sont rattachés pour effectuer leurs bilans de santé. Sans eux, il est clair que certains malades mourraient, faute de soins adéquats ou en raison de l’interruption, voire de l’arrêt complet de leur traitement antirétroviral.

Au Swaziland, nous apprend IRIN, la crise financière qui va en s’aggravant a de très graves répercussions sur le système de santé. Ainsi, les personnel infirmier se met régulièrement en grève pour manifester contre le manque de sécurité au travail et la faiblesse des salaires. Dans ce contexte, les Swazis dépendent de plus en plus des bénévoles communautaires pour combler les lacunes du secteur de la santé publique.

Au Kenya, ce sont plus de 10 000 postes d’agents de santé de proximité qui ont été créés dans les communautés ces dernières années, afin de pallier le manque de professionnels de la santé. Des agents de santé communautaires, qui permettent ainsi concrètement d’étendre les programmes de lutte contre le VIH/sida, ainsi que les services de consultation volontaire et de conseil en matière de suivi et d’aide à l’observance des traitements antirétroviraux, jusque dans les régions les plus reculées du pays et au sein des groupes de population les plus vulnérables à l’épidémie.

Ces acteurs de terrains communautaires sont quelquefois eux-mêmes infectés ou affectés par le VIH/sida et font bénéficier la population locale de leurs savoir-faire et expertise. Ainsi, nous explique IRIN, à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), où les préjugés ont la vie dure et les porteurs du VIH sont souvent rejetés par la société, une organisation non gouvernementale (ONG) a recours à des bénévoles séropositifs pour prendre soin des autres malades et sensibiliser la communauté aux difficultés vécues par les Personnes Vivant avec le VIH/sida (PVVIH).

A l’évidence, la dimension politique de l’épidémie requiert une réponse interne des communautés touchées par le VIH et délaissées par les pouvoirs publics, à commencer par l’entraide entre personnes touchées: proches, soignants, militants, etc. C’est de cette réponse communautaire que sont nées les associations membres de Coalition PLUS, et elle est au cœur de leur projet et de leur identité.

Photo: Intervenantes en santé communautaire de l’association malienne ARCAD-SIDA, membre cofondateur de Coalition PLUS (Crédit: © JDM – JournalduMali.com)

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