« Je me suis promis d’empêcher que l’épidémie de sida ne décime mon propre pays »

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En Indonésie, le rôle des femmes dans la riposte contre le sida a été extrêmement important. Nous vous présentons, dans la continuité du 8 mars et de la Journée des droits de la femme, le portrait de Nafsiah Mboi, ancienne ministre indonésienne de la Santé et ancienne secrétaire de la Commission nationale du sida.

Quel est votre parcours ?

Après avoir été médecin pendant 15 ans, j’ai travaillé dans l’une des provinces les plus pauvres d’Indonésie au niveau de la planification familiale, de la prise en charge des enfants et du VIH. J’ai aussi travaillé sur les questions de droits humains et de pauvreté qui sont des facteurs influant sur la santé des gens.

J’ai conjointement mené une carrière politique. J’ai été ministre de la Santé de 2012 et 2014 après avoir été secrétaire de la Commission nationale sur le sida. J’ai siégé au Parlement National où j’ai été vice-présidente de la Commission sur la violence contre les femmes et membre de la Commission des droits de l’homme. J’ai en outre participé à la fondation de la Commission de protection de l’enfance.

Comment vous êtes-vous engagée dans la lutte contre le sida ?

La communauté internationale a pris conscience du sida quand l’épidémie a apporté son lot de souffrances et de morts au continent africain. Or, à cette période, je faisais un master en santé publique à l’Institut de médecine tropicale à Anvers, où la plupart de mes camarades étaient africains. En écoutant leurs histoires et en découvrant les photos de leurs villages décimés par l’épidémie, je me suis fait la promesse d’empêcher que cela ne se produise dans mon propre pays.

C’est le Dr Jonathan Mann, l’un des grands acteurs de la riposte mondiale contre le VIH, qui m’a incitée à agir : « Vous devez rentrer chez vous et lutter contre la maladie. Si l’épidémie se répand sur votre continent, ce sera un désastre. L’Asie pèse lourd dans la population mondiale ».

Où en est la lutte contre le sida aujourd’hui ?

Nous savons aujourd’hui comment vaincre le sida d’ici à 2030. Mais l’engagement de la communauté internationale pour y parvenir tarde à venir.

Quelle est la place des femmes dans lutte contre le sida ?

Le rôle des femmes dans la riposte contre le sida a été extrêmement important dès le début. Lorsque la majeure partie des personnes infectées était composée d’hommes, les femmes assuraient la double tâche d’apporter les soins aux malades et de nourrir la famille. Puis quand les femmes ont commencé à être contaminées à leur tour, on s’est rendu compte qu’il était plus difficile pour elles d’accéder aux messages de prévention et de se protéger. Elles n’ont pas toujours la possibilité de refuser un rapport sexuel ou d’imposer le préservatif, même quand elles savent qu’elles risquent de se faire infecter. Les discriminations de genre se répercutent dans la propagation du virus.

En Indonésie, l’épidémie en chiffres :

  • 660 000 personnes vivent avec le VIH dont :
    • 19 000 enfants âgés de 0 à 14 ans
    • 230 000 femmes âgées de 15 ans et plus
    • 34 000 décès ont été dénombrés en 2014

Dans le monde

  • En 2014, 36.4 millions de personnes étaient atteintes du VIH et 2 millions nouvellement infectées
  • Le sida reste la première cause de mortalité chez les femmes de 15 à 44 ans
  • 7 000 filles de 15 à 24 ans sont infectées chaque semaine par le VIH en Afrique Australe et Orientale

Source : ONUSIDA et Fonds Mondial

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