Journée internationale des droits des femmes : « Dans la lutte contre l’hépatite C (VHC), la route est encore longue pour un respect des droits économiques et sociaux des femmes. »

En ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, Coalition PLUS rappelle que les femmes sont les premières victimes de l’épidémie de VIH/sida et particulièrement vulnérables au virus de l’hépatite C. Coalition PLUS vous propose le témoignage de Maria Donatelli, Responsable Senior du Pôle Hépatite.

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Maria Donatelli, Responsable Senior du Pôle Hépatite

En ce 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, Coalition PLUS rappelle que les femmes sont les premières victimes de l’épidémie de VIH/sida et particulièrement vulnérables au virus de l’hépatite C. Le rapport 2016 de l’ONUSIDA relève que les adolescentes et jeunes femmes de 15 à 24 ans ont représenté 20% de toutes les nouvelles infections à VIH chez les adultes dans le monde, alors qu’elles ne représentent que 11% de la population adulte. En Afrique subsaharienne, les adolescentes et les jeunes femmes représentent 25 % des nouvelles infections à VIH chez les adultes.
A l’échelle mondiale, 130 à 150 millions d’individus sont porteurs chroniques de l’hépatite C et environ 700 000 personnes meurent chaque année de pathologies liées à l’hépatite C. Les régions les plus touchées sont l’Afrique et l’Asie centrale et orientale.

Coalition PLUS vous propose le témoignage de Maria Donatelli, Responsable Senior du Pôle Hépatite.

Pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre rôle au sein de Coalition PLUS ?

Je suis Responsable Senior du Pôle Hépatite au sein de la direction Plaidoyer de Coalition PLUS. Lors de mon parcours professionnel, je me suis occupée de projets en assistance humanitaire, en droits humains et encore de lutte contre la torture. Je suis arrivée à Coalition PLUS il y a un an et demi pour me consacrer à la santé publique.
En tant que responsable du Pôle Hépatite, je gère un projet visant à favoriser l’accès au traitement pour les patients co-infectés à VIH-VHC. Ma motivation, derrière un parcours professionnel si peu linéaire, a toujours été la promotion du respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux.

En quoi la défense des droits des femmes est-elle nécessaire à la lutte contre le VHC ?

Depuis cette année et demie où je m’occupe de droit à la santé et au traitement et grâce au projet Hépatites, j’ai pu explorer des réalités très différentes dans mon travail.
Aujourd’hui, je constate que l’accès au traitement contre le VHC, quand il est possible, n’est pas un droit fondamental équitable entre tous. Il y a différents niveaux de respects. On place en premier celles et ceux qui ont été infecté-e-s suite à des erreurs médicales et en second les communautés les plus affectées par la maladie, c’est-à-dire les usagers de drogues et les co-infectés VIH-VHC.

Pour ces derniers, l’obtention d’un traitement et le parcours vers la guérison, assurée aujourd’hui à 95% par des nouveaux médicaments, sont très compliqués à cause des stigmatisations qu’ils vivent quotidiennement. Dans un contexte où les traitements ont des prix prohibitifs, si les gouvernements décident d’établir et de financer des programmes de lutte contre le VHC, la priorité sera normalement donnée aux patients mono-infectés sans distinctions entre les hommes et les femmes.

Les communautés les plus vulnérables sont donc les dernières à être incluses dans ces programmes de lutte contre le VHC ! Et si les patients doivent soutenir le coût de leur traitement, ce sont les femmes, qui ont statistiquement des moyens plus réduits, qui seront moins en mesure d’accéder aux médicaments qui pourront sauver leur vie. Cette différence est encore plus marquée lorsque nous parlons des femmes usagères de drogues…

Avez-vous un exemple d’une action, une réussite ou une anecdote que vous avez entreprise ou vécue qui illustre ce travail nécessaire ?

Dans la mise en œuvre du projet dont je m’occupe et sa stratégie, avec mes partenaires, nous ne faisons pas de distinction homme ou femmes. Nous visons une intervention universelle des gouvernements pour garantir l’accès aux soins.
Par contre, lors d’un déplacement en Inde, une des associations rencontrées a mis en évidence les difficultés économiques que rencontrent les femmes dans le cadre de la mise en place d’un projet de diagnostic et de traitement VHC. Au cours de la campagne, l’association a dû établir des priorités entre les patients co-infectés VIH-VHC, suite à des ressources limitées.

La décision a été prise dans un contexte où la famille joue un rôle crucial pour pouvoir se procurer des médicaments. L’association a pris la décision d’offrir le traitement gratuit à la population qui avait le plus de difficultés à surmonter l’obstacle du coût : les femmes veuves et infectées à la fois par le VIH et le VHC… C’est un exemple qui montre encore la route est encore longue pour un respect des droits économiques et sociaux des femmes. Sans la lutte pour leurs droits, les femmes ont moins de possibilités d’être soignées.

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