MAURICE – L’association PILS dénonce un « Immigration Act » qui discrimine les personnes vivant avec le VIH/sida

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COMMUNIQUE DE PRESSE DE L’ASSOCIATION PILS

Maurice, 20 novembre 2012 – Alors que le Forum mondial sur la migration et le développement se tient actuellement à Maurice, l’association PILS (Prévention Information et Lutte contre le Sida) réitère sa demande de révision immédiate du Immigration Act.

Sous la loi actuelle, un test de dépistage du VIH est obligatoire pour toute personne de nationalité étrangère souhaitant travailler ou résider à Maurice. Aucun permis de travail ou visa de long séjour n’est accordé aux personnes séropositives. Depuis 1987, plus de 200 personnes de nationalité étrangère ont été expulsées de l’île Maurice, victimes d’une loi totalement arbitraire et discriminante.

Une loi qui renforce la stigmatisation envers les personnes vivant avec le VIH. D’autant que sa position actuelle est en contradiction avec les engagements pris par le gouvernement mauricien au plus haut sommet, tels que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, les recommandations des instances telles que l’Organisation Internationale du Travail et la déclaration politique de 2011 sur le VIH/SIDA de l’Assemblée Générale des Nations Unies.

Lors de son discours à l’inauguration du 11e colloque Océan Indien sur le VIH à Moroni, aux Comores, lundi 12 novembre 2012, le Professeur Sheila Tlou, directrice régionale de l’ONUSIDA pour la région Afrique australe et Afrique de l’Est a encore rappelé que certains pays de l’Océan Indien ne respectent toujours pas ces engagements dans le contexte de la migration et du VIH et doivent revoir leurs politiques sur cette question, adressant un message clair à notre gouvernement.

Les personnes vivant avec le VIH ne sont pas dangereuses pour la santé et la sécurité publique. Vivre avec le VIH n’est pas un critère valable pour le refus d’un permis de travail ou de séjour à Maurice. Une personne vivant avec le VIH aujourd’hui, diagnostiquée et traitée, vit et peut travailler normalement et n’a que très peu de risque de transmettre le virus.

Cette politique discriminante n’est aucunement justifiée et prive l’île Maurice de personnes compétentes qui pourraient contribuer à son économie et son développement.

Autre argument avancé par les autorités pour justifier la loi actuelle : Les personnes vivant avec le VIH de nationalité étrangère deviendraient un fardeau pour les services de santé vu le coût élevé de la prise en charge médicale d’une telle personne.

Or, les personnes étrangères résidant à Maurice payent leurs soins médicaux. Si le Immigration Act venait à être amendé, l’ile Maurice pourrait, le cas échéant, offrir gratuitement, sur une base humanitaire, des soins aux ressortissants des pays en développement. Ne perdons pas de vue que les candidats au travail à l’Ile Maurice font l’objet d’une sélection très stricte et n’obtiennent un poste que s’ils sont jugés « utiles et nécessaires » à notre économie.

La politique actuelle du gouvernement sur l’immigration, incluant cette clause discriminatoire, pourrait être un obstacle au développement et aux investissements étrangers.

Une récente demande faite au Premier ministre par l’association PILS pour qu’un ressortissant malaisien puisse travailler à Maurice malgré son statut sérologique – demande accompagnée d’un nouveau plaidoyer pour la révision de l’Immigration Act – semble être restée lettre morte. Pendant son discours de lundi dernier, lors de la cérémonie d’ouverture du Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD), le ministre du Travail aurait pu se prononcer contre cette loi discriminante.

Ce forum est l’occasion de faire preuve de responsabilité politique en prenant l’engagement solennel de ne plus interdire notre pays aux migrants vivant avec le VIH.

Aujourd’hui, Mesdames et Messieurs du gouvernement vous pouvez faire de sorte que notre pays soit rayé de la liste des territoires entachés de lois discriminantes envers les personnes vivant avec le VIH.

Nous martelons depuis des années que “c’est le virus du sida qu’il faut combattre, pas les personnes qui vivent avec”. Il est grand temps que notre pays mette en pratique ce message pour affirmer notre respect des droits humains.

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