Rapport d’activités 2014: « La voie sera politique ou sans issue »

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Fin du sida: « La voie sera politique ou sans issue »

La fin du sida n’est plus désormais qu’une question de volonté politique. Les considérables avancées enregistrées ces 15 dernières années dans le domaine des traitements antirétroviraux ont en effet permis de surmonter la plupart des obstacles techniques à la réalisation de cet objectif. Pour preuve, l’épidémie marque enfin des signes de stabilisation dans certains pays, en grande partie dus à l’impact favorable de ces précieuses molécules sur les nouvelles infections. Et la recherche continue de porter ses fruits : récemment, un antirétroviral – le Truvada® – a prouvé son efficacité à faire chuter drastiquement le risque de transmission du virus lorsqu’il est prescrit à titre préventif au moment du rapport sexuel. Une véritable révolution, ouvrant la voie à une nouvelle ère de la prévention par le traitement.

Ces avancées, bien réelles, se heurtent toutefois à certaines données particulièrement alarmantes. Ainsi, selon les dernières estimations de l’ONUSIDA (2014), 19 des 35 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde ignorent leur séropositivité.

Une épidémie cachée et donc impossible à juguler. Par ailleurs, 18 millions de malades – concentrés sans surprise dans les pays les plus pauvres de la planète – n’ont toujours pas accès aux antirétroviraux. Le verdict est donc sans appel. La pandémie ne s’éteindra pas sans un investissement financier rapide et massif à l’international dans le chantier essentiel que constitue l’accès universel au dépistage, aux soins et aux traitements : 22 à 24 milliards de dollars par an selon la même agence onusienne.

L’enjeu est en rapport avec les importantes ressources à mobiliser. Mettre fin à l’épidémie d’ici à 2030 éviterait plusieurs millions de nouvelles infections et de décès.

Heureusement, l’investissement est également des plus rentables : un rapport du Global Fund Advocates Network (GFAN) daté de 2013 démontre en effet que chaque dollar investi dans la lutte contre le sida en rapporte 12 à court terme, principalement grâce aux infections évitées par l’effet préventif des traitements.

L’argent ne suffira toutefois pas à lui seul. La décriminalisation et le respect des droits fondamentaux des personnes séropositives et les plus vulnérables au VIH – dont les injecteurs de drogues, les travailleurs du sexe ou encore les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes – est en effet une autre condition incontournable du succès. Au Nord comme au Sud, leur maintien dans l’illégalité et la clandestinité les éloigne des structures de prévention et de soins; ce qui met leur vie en danger et nourrit une épidémie qui a déjà fait 39 millions de morts à ce jour.

Aujourd’hui, la science montre une nouvelle fois aux plus sceptiques la voie à suivre. Mais seule l’action permettra de triompher de l’épidémie. Coalition PLUS et ses adhérents agissent quotidiennement sur le terrain pour atteindre cet objectif ambitieux.

Grâce à l’inestimable engagement de milliers de collaborateurs et volontaires à travers le monde. Et avec l’indispensable soutien de nos donateurs et bailleurs. Nous sommes très fiers de les compter tous parmi nous.

Hakima Himmich
(Présidente de Coalition PLUS)

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