Réduction des risques et politique des drogues : la Plateforme Europe de Coalition PLUS se positionne

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De gauche à droite : Richard Stranz, Coordonnateur de la Plateforme Europe - AIDES, Adriana Curado, Cheffe de projet - GAT, Camille Spire, Administratrice - AIDES, Christian Verger, Administrateur - AIDES, Alina Bocai, Directrice des programmes - ARAS, Nicoleta Dascalu - Directrice du plaidoyer - ARAS, à la fin du CSF commun sur les drogues, le VIH, les hépatites virales et la tuberculose, à Bruxelles, le 7 novembre 2018. 

Des activistes mobilisés pour une politique européenne des drogues plus favorable aux droits et à la santé des consommateurs-rices de produits psychoactifs. Fin 2018, la Plateforme Europe de Coalition PLUS était présente à une série de rendez-vous de plaidoyer sur les drogues et le VIH/sida en Europe. Début novembre, elle a ainsi participé à deux forums européens de la société civile à Bruxelles, ainsi qu’à une conférence sur l’implication de la société civile dans la politique des drogues. Par ailleurs, la Plateforme Europe a activement contribué à la 4ème Conférence européenne sur la réduction des risques (European Harm Reduction Conference) à Bucarest (Roumanie), du 21 au 23 novembre dernier.

Les forums de la société civile sur les drogues et le VIH/sida, les hépatites et la tuberculose : des moments de plaidoyer essentiels au niveau européen

Depuis une dizaine d’années, la Commission européenne réunit tous les ans les organisations concernées au sein de forums européens de la société civile (Civil society forum, CSF). Ces instances de consultation, présidées et financées par la Commission, permettent de structurer le dialogue entre les associations et les institutions et de porter la voix de la société civile dans l’élaboration et l’évaluation des politiques européennes. Associations de lutte contre le sida référentes dans leurs pays respectifs, AIDES (France), ARAS (Roumanie) et GAT (Portugal), membres de Coalition PLUS et de sa Plateforme Europe, sont également membres à part entière des CSF sur les drogues et sur le VIH/sida, les hépatites et la tuberculose.

Les sessions plénières de ces deux forums, les 6 et 7 novembre dernier à Bruxelles, ont été l’occasion pour nos associations de consolider leurs liens avec d’autres réseaux et organisations européennes actives dans ces domaines. Pour la première fois, le CSF sur les drogues et celui sur le VIH/sida, les hépatites et la tuberculose se sont rencontrés, afin de discuter ensemble de leurs intérêts communs et des domaines de coopération potentiels. Les membres de la Plateforme Europe de Coalition PLUS ont également saisi cette opportunité pour mobiliser la société civile sur des enjeux clés au niveau européen, notamment le prix du médicament et la réforme de la politique des drogues.

La voix de la société civile, indispensable à l’approche des élections européennes

A l’approche des élections européennes, ces contributions sont plus que jamais essentielles. Nicoleta Dascalu, Directrice du plaidoyer d’ARAS, souligne : “En Europe, la voix de la société civile est indispensable pour des politiques équilibrées et progressistes. A ce titre, les élections européennes constituent une opportunité idéale pour rappeler l’importance de la santé et mettre cette thématique à l’agenda de l’UE”.

Les plénières des CSF ont été précédées d’une conférence sur l’implication de la société civile dans la politique des drogues (CSIDP), le 5 novembre à Bruxelles. Pour en savoir plus, dérouler le thread d’Enzo Poultreniez, Responsable du Plaidoyer de AIDES, sur la CSIDP :


Une conférence européenne sur la réduction des risques (RdR) pour échanger de bonnes pratiques

En novembre dernier, les membres de la Plateforme Europe de Coalition PLUS ont également participé à la 4ème conférence européenne sur la RdR (EHRC 2018), qui s’est déroulée du 21 au 23 novembre à Bucarest. Organisée par Correlation Network, un réseau européen pour la RdR, avec des partenaires associatifs roumains, dont ARAS, cette édition 2018 a rassemblé chercheurs-ses, professionnels-les de santé, spécialistes des politiques publiques, juristes, ainsi que des activistes, personnes usagères de drogues et organisations communautaires.

L’occasion pour ARAS de diffuser la campagne “Just say no to the war on drugs”, mais aussi de mettre en lumière la situation des personnes usagères de drogues en Roumanie. En effet, depuis 2010 et le retrait des financements du Fonds mondial des interventions en RdR, on observe dans le pays une hausse de la prévalence et de l’incidence du VIH et de l’hépatite C parmi les usagers-ères de drogues injectables (UDI). Combiné à l’arrivée de nouvelles substances psychoactives sur le marché, ce manque de financements a été fatal à de nombreux jeunes, victimes de surdoses. Aux côtés d’ARAS, la Plateforme Europe de Coalition PLUS appelle donc à un engagement politique pour un financement à hauteur des besoins et à la décriminalisation des personnes usagères de drogues.

Salles de consommation à moindre risque (SCMR), chemsex et accompagnement et éducation aux risques liés à l’injection (AERLI) 

Par ailleurs, d’autres membres de la Plateforme Europe de Coalition PLUS ont pu faire connaître leurs projets et leurs activités. Ainsi, Adriana Curado (GAT) a présenté le dispositif de salles de consommation à moindre risque (SCMR) qui sera mis en place dès début 2019 à Lisbonne. De son côté, Fred Bladou a partagé la nouvelle approche de prévention développée par AIDES pour réduire les risques liés au chemsex (usage de produits en contexte sexuel) chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH). Enfin, les membres de la Plateforme Europe de Coalition PLUS ont présenté leur projet commun, Eurosider, qui vise à diffuser l’approche AERLI (accompagnement et éducation aux risques liés à l’injection), déployée notamment en France, dans d’autres pays européens.

Pour un aperçu de la conférence en vidéo, visionner le reportage de Drug Reporter [anglais]

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