Tag Dépistage

2013
27th
mars

Selon le site d’information Aujourdhui.ma, une campagne de dépistage anonyme et gratuit du VIH/sida a été organisée du 13 au 20 mars dernier au profit des marins et ouvriers de la région de Dakhla et Laâyoune au Maroc. Menée par la section de Laâyoune de l’Association de lutte contre le sida (ALCS), membre de Coalition PLUS, en partenariat avec la délégation provinciale de la santé à Laâyoune, cette campagne ciblait plusieurs villes du Sud marocain : Laâyoune, Boujdour et Dakhla.

L’action de sensibilisation et de dépistage a été rendue possible grâce l’unité mobile de l’ALCS, ainsi qu’a son staff, composé de médecins et d’infirmiers dûment formés à ce type d’interventions, accompagnés d’un intervenant de l’association, dont le rôle était de faciliter la communication entre le personnel médical et les populations cibles.

Selon Saleh Dahi, président de la section locale de l’ALCS, cette campagne s’inscrivait dans le cadre du Plan national stratégique 2012-2016 de lutte contre le sida, ayant pour objectifs de réduire de 50% les nouvelles infections à VIH et de prévenir la transmission du virus de la femme enceinte à l’enfant. Elle visait également à promouvoir le dépistage précoce, par le biais d’une communication directe avec la population.

Plusieurs activités ont été organisées durant cette campagne, dont des rencontres avec des membres de l’entourage immédiat de personnes séropositives, afin d’appeler le public au respect des personnes infectées et affectés par le virus, tout en le sensibilisant à la nécessité d’offrir un soutien psychologique et social ciblé à certaines d’entre elles.

“Dans notre plan d’action, on s’appuie sur les conseils et l’information pour éduquer les citoyens, notamment les jeunes, aux dangers de la maladie, aux méthodes de prévention et aux programmes de soutien, et ce pour faciliter l’accès généralisé aux services de prévention, de traitement, de prise en charge et de soutien, et réduire les nouveaux cas d’infection par le VIH”, explique M. Dahi.

Pour tout savoir de l’ALCS et de ses nombreuses activités :

http://www.alcsmaroc.ma/

Photo : Unité mobile de l’ALCS (©Coalition PLUS – ©Daniel Hérard)

2013
27th
févr.

Un dispositif expérimental devrait être mis en place par certaines associations – en particulier AIDES, membre cofondateur de Coalition PLUS -, dans le cadre d’une semaine “Flash Test” de dépistage en Rhône-Alpes au mois de septembre, nous apprend le magazine mensuel lyonnais en ligne www.lyoncapitale.fr.

Les bénévoles et personnels de santé se rendront directement auprès des personnes à risque, notamment dans les quartiers défavorisés, pour effectuer des TROD (tests rapides d’orientation et de diagnostic) dans le cadre de cette expérimentation. “L’idée, c’est que le dépistage vienne directement auprès des personnes qui ne se seraient pas déplacées dans un centre de dépistage anonyme et gratuit”, explique Jean-Louis Touraine, président du groupe d’études sur le SIDA à l’Assemblée Nationale.

En quelques minutes, ces petits prélèvement sur le bout du doigt donnent des résultats fiables. “Il y a toujours en France près de 40 000 personnes qui ignorent qu’elles sont infectées par le VIH, et qui risquent donc de le transmettre à d’autres. Alors d’une part, les tests rapides peuvent enrayer le phénomène. D’autre part, les bénévoles sont au contact des populations et peuvent donner des conseils et distribuer des préservatif”, souligne le député, par ailleurs spécialiste de l’immunologie, des techniques de greffe et du SIDA.

Les grandes agglomérations seront particulièrement visées, comme Lyon, Saint-Etienne ou Grenoble. Avec Rhône-Alpes, trois autres régions ont été ciblées pour recevoir le dispositif : l’Ile de France, Paca, et la Guyane.

Pour en savoir plus sur l’offre de dépistage de l’association AIDES en général et sur le TROD en particulier : http://depistage.aides.org/

2012
13th
déc.

Sous le Haut Patronage de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, l’Association de Lutte Contre le Sida (ALCS), membre cofondateur marocain de Coalition PLUS, organise la quatrième édition du Sidaction Maroc jusqu’au 31 décembre 2012.

Sidaction Maroc est une campagne nationale et biennale de collecte de fonds et de sensibilisation du public, qui permet de développer des moyens efficaces de lutte contre le VIH/sida et de rendre possible l’accès au soin des personnes séropositives qui en ont le plus besoin.

En 2010, l’ALCS avait choisi le dépistage comme thème principal de sa campagne de communication. Cette année, les responsables de l’association marocaine ont décidé de se tourner vers les jeunes, qui constituent aujourd’hui la population la plus touchée par le virus au Maroc.

« Non informés, nos jeunes, qui constituent 30% de la population, sont les plus menacés par le VIH/sida. Aujourd’hui, on estime que 29.000 Marocains vivent avec le VIH en ignorant pour la majorité leur séropositivité. Il est donc urgent de renforcer la lutte contre l’épidémie », souligne l’ALSC.

Avec pour slogan : « Les jeunes sont les plus touchés par le Sida. Protégez-les en donnant au Sidaction Maroc », la campagne 2012 sera déclinée sur plusieurs supports, notamment des affiches, des spots tv et radios, ainsi que des bannières web.

Par ailleurs, à l’instar de la dernière édition, une soirée spéciale Sidaction Maroc sera diffusée en direct sur les chaines 2M et 2M Monde le 14 décembre 2012 à 21h30. Le programme sera présenté par la célèbre ambassadrice de la cuisine marocaine Choumicha, qui sera accompagnée par l’animateur franco-marocain du Grand Journal de Canal+, Ali Baddou.

Donner, c’est agir contre le sida! Alors, vous aussi, agissez et soutenez l’ALCS en faisant un don :

- Faire un virement ou un versement sur le compte N° 2222 à l’ordre d’ALCS-SIDACTION, dans toutes les agences bancaires

- Faire un virement ou un versement sur le compte 480 10K dans toutes agences Al Barid Bank

- Faire un don en ligne sécurisé

- Envoyer un SMS au numéro 9212 (prix du SMS : 10,80 TTC)

- Faire une promesse de don en appelant le 08 0203 0203

2012
1st
déc.

C’est officiel : la Journée mondiale de lutte contre le sida 2012 est lancée ! Depuis près d’une semaine, AIDES et ses militants se mobilisent pour sensibiliser le grand public aux spécificités du VIH/sida et faire de cette journée un événement digne de ce nom. Parisiens, Provinciaux, Caribéens… AIDES est près de chez vous !

Cette années, plus de deux cents actions sont organisées par les militants de AIDES en France métropolitaine et dans les départements français d’Outre-Mer ! Un test de dépistage rapide à Paris, une conférence de presse à Nancy, une grande marche à Tours, à Toulouse, un cinéma à Rouen, un concert à Chelles ou juste une visite “découverte” du local AIDES le plus proche de votre domicile…

Quel sera votre façon, à vous, de marquer cette journée ? A moins de 24 heures du jour J, il est encore temps de rejoindre les militants!

Alors, suivez le programme !

Photo : (©AIDES)

2012
1st
déc.

L’Association de Lutte Contre le Sida célèbre cette année la journée mondiale de lutte contre le sida sous le signe des jeunes. Les 19 sections de l’ALCS se mobilisent en organisant des activités dédiées aux jeunes dans les établissements scolaires, les universités, les maisons de jeunes… Au total, une cinquantaine d’activités sont programmées à travers le Royaume.

La section casablancaise de l’ALCS, en partenariat avec la Fédération Royale Marocaine de Cyclisme, organise une sortie de sensibilisation à vélo. Plus de 50 volontaires et salariés de l’ALCS prendront leurs vélos pour un circuit à travers la ville de Casablanca. Des arrêts sont prévus tout au long du trajet, avec un stand animé sur la corniche.

L’ONUSIDA a placé cette journée du 1er décembre sous un thème ambitieux : « Objectif zéro : zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination et zéro décès dû au sida» d’ici 2015. Malheureusement, au Maroc, nous sommes loin de cet objectif. Alors que l’ONUSIDA annonce une chute de plus de 50% des nouvelles infections à VIH dans 25 pays, la région du Maghreb a connu une augmentation de 37% des nouvelles infections en 2011 par rapport à 2001.

Photo : (©Coalition PLUS – ©Daniel Hérard)

2012
23rd
août

IRIN, le service d’analyses et de nouvelles humanitaires du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies, nous rappelait très justement hier le rôle crucial joué par les agents de santé communautaires, salariés ou bénévoles, sensibilisant la population et prenant soin des patients infectés ou affectés par le VIH/sida dans les pays les plus pauvres de la planète.

Car les fournisseurs de soins communautaires ne se contentent pas de vérifier que les patients ont suffisamment d’antirétroviraux (ARV). A l’instar de Samia, travaillant dans un district rural de l’ouest du Kenya, ils rendent quotidiennement visite aux patients, s’occupent d’eux, aident certains d’entre eux à se rendre à l’hôpital, donnent des conférences dans les dispensaires locaux ou encore, tentent de comprendre et de motiver les patients qui ne se rendent plus aux centres médicalisés auxquels y sont rattachés pour effectuer leurs bilans de santé. Sans eux, il est clair que certains malades mourraient, faute de soins adéquats ou en raison de l’interruption, voire de l’arrêt complet de leur traitement antirétroviral.

Au Swaziland, nous apprend IRIN, la crise financière qui va en s’aggravant a de très graves répercussions sur le système de santé. Ainsi, les personnel infirmier se met régulièrement en grève pour manifester contre le manque de sécurité au travail et la faiblesse des salaires. Dans ce contexte, les Swazis dépendent de plus en plus des bénévoles communautaires pour combler les lacunes du secteur de la santé publique.

Au Kenya, ce sont plus de 10 000 postes d’agents de santé de proximité qui ont été créés dans les communautés ces dernières années, afin de pallier le manque de professionnels de la santé. Des agents de santé communautaires, qui permettent ainsi concrètement d’étendre les programmes de lutte contre le VIH/sida, ainsi que les services de consultation volontaire et de conseil en matière de suivi et d’aide à l’observance des traitements antirétroviraux, jusque dans les régions les plus reculées du pays et au sein des groupes de population les plus vulnérables à l’épidémie.

Ces acteurs de terrains communautaires sont quelquefois eux-mêmes infectés ou affectés par le VIH/sida et font bénéficier la population locale de leurs savoir-faire et expertise. Ainsi, nous explique IRIN, à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), où les préjugés ont la vie dure et les porteurs du VIH sont souvent rejetés par la société, une organisation non gouvernementale (ONG) a recours à des bénévoles séropositifs pour prendre soin des autres malades et sensibiliser la communauté aux difficultés vécues par les Personnes Vivant avec le VIH/sida (PVVIH).

A l’évidence, la dimension politique de l’épidémie requiert une réponse interne des communautés touchées par le VIH et délaissées par les pouvoirs publics, à commencer par l’entraide entre personnes touchées: proches, soignants, militants, etc. C’est de cette réponse communautaire que sont nées les associations membres de Coalition PLUS, et elle est au cœur de leur projet et de leur identité.

Photo: Intervenantes en santé communautaire de l’association malienne ARCAD-SIDA, membre cofondateur de Coalition PLUS (Crédit: © JDM – JournalduMali.com)

2012
14th
août

La deuxième plus importante population dans le monde vivant avec le VIH/sida se trouve au Nigeria, où l’on dénombre actuellement 2.6 millions de personnes séropositives. Un chiffre qui pourrait être nettement sous-évalué, selon certains experts, tant il est vrai que les données épidémiologiques fiables manquent, que les infrastructures de santé du pays sont défaillantes et que la disponibilité des tests de dépistage est limitée.

Pour palier ces insuffisances et mieux sensibiliser la population, l’ONG nigériane “Initiative pour la responsabilisation et le développement de la jeunesse” (YEDI) fait le pari d’organiser des compétitions de football. L’occasion de lier sport et santé. Reportage de Julie Vandal (RFI) à Yaba, un quartier populaire de Lagos, la capitale du Nigeria (26 juillet 2012).

L’épidémie s’est certes stabilisée ces dernières années. Et l’on observe effectivement une baisse de 40 % du nombre de jeunes infectés par le VIH entre 2009 et 2011, avec un taux de contamination passant de 5,8 % à 4,1 %. Le défi reste toutefois de taille, dans ce pays de près de 163 millions d’habitants où, selon le directeur général de l’Agence nationale pour la lutte contre le SIDA (National Agency for the Control of AIDS – NACA), le professeur John Idoko, environ 215.000 nigérians meurent chaque année du sida.

Car si l’accès aux traitements antirétroviraux s’améliore peu à peu au Nigeria, beaucoup de ceux qui en ont le plus besoin n’en bénéficient toujours pas, en raison notamment de la stigmatisation et de la discrimination dont ils font l’objet, souligne le professeur Idoko:

“Les médicaments antirétroviraux sont gratuits et les gens peuvent s’en procurer sans frais. Cependant, des problèmes surgissent lorsque les personnes vivant avec le VIH/SIDA n’ont pas accès à ces médicaments depuis leurs sites de traitement les plus proches, à cause de la stigmatisation et la discrimination” (source: www.panapress.com – 12 août 2012).

(Photo: www.msf.ch – Patients séropositifs au VIH/sida à Lagos, Nigeria, juillet 2006 – © Ton Koene)

2012
26th
juil.

Depuis bien longtemps, les acteurs de la lutte contre le VIH/sida dénoncent les effets pervers de la criminalisation sur les programmes visant à enrayer l’épidémie. Du dépistage au traitement, les constatations des acteurs du terrain donnent en effet toutes les raisons de croire que l’ensemble des mesure de prévention et de soutien aux personnes infectées ou affectées sont impactées négativement par les poursuites pénales pour exposition ou transmission effective du VIH.

A la Conférence internationale sur le sida de Washington, la journée de mardi a vu la présentation de deux enquêtes portant sur les effets de la criminalisation de l’exposition et de la transmission alléguée ou effective du VIH sur les perceptions et les comportements des personnes séropositives: la première menée par le « SERO Project » auprès de 2076 personnes séropositives vivant aux Etats-Unis, la seconde entreprise par des chercheurs de la McMasters University et s’appuyant sur une revue systématique de la littérature, ainsi que sur des témoignages d’acteurs associatifs en Ontario (Canada).

Bien que les statistiques manquent encore, les conclusions de l’étude de McMasters rapportent de nombreux cas dans lesquels la criminalisation a créé un obstacle majeur au dépistage par peur d’une poursuite pénale. Elles soulignent également que les personnes interrogées ne sont pas au clair sur les comportements qui pourraient être qualifiés de punissables. Les acteurs associatifs notent de surcroît que les personnes séronégatives s’en remettent de plus en plus fréquemment aux personnes séropositives pour ce qui est des mesures de protection contre le VIH lors de rapports sexuels et pensent qu’en l’absence d’une annonce explicite de la part de leurs partenaires au sujet de leur séropositivité, ils peuvent avoir des relations non protégées avec eux. Les résultats de la revue ontarienne attestent par ailleurs que le bénéfice que la société retire de la criminalisation est loin d’être avéré.

Les données préliminaires de l’enquête du « National Criminalisation Survey » de SERO Project révèlent, quant à elles, qu’un répondant sur quatre connaît une ou plusieurs personnes ne voulant pas se faire dépister par peur de poursuites pénales. En outre, 5% des personnes interrogées ont répondu qu’un “grand nombre de personnes” leur ont fait part de cette crainte. Près de 50% des répondants trouvent même “normal” et 41% “raisonnable” que quelqu’un renonce à se faire dépister et donc à connaître sa séropositivité, afin d’éviter toute poursuite pénale par la suite. Enfin, 47.7% des répondants affirment ne pas connaître les comportements qui pourraient les amener à être accusés d’un crime en lien avec le VIH, alors que seuls 22% d’entre eux estiment être bien informés sur la question.

Plus du tiers des personnes séropositives interrogées dans le cadre de la « National Criminalisation Survey » disent avoir été “parfois” ou “fréquemment” accusées à tort de ne pas avoir dévoilé leur statut sérologique. Un chiffre qui passe à 60% pour les personnes intersexes et transgenres. De plus, 73.2% des personnes questionnées déclarent ne pas avoir été informées, lors du test de dépistage ayant abouti au diagnostic de leur séropositivité, de la responsabilité pénale qu’elles endossaient désormais en tant que personnes porteuses du VIH. Enfin, si 58.9% des répondants considèrent que dévoiler son statut sérologique avant une relation sexuelle ou avant de partager le matériel d’injection relève d’une obligation éthique ou morale, moins de un sur dix a conscience qu’une non-divulgation en pareilles situations pourrait justifier des poursuites pénales à leur encontre.

D’une manière générale, ces deux enquêtes attestent de manière objective et chiffrée de l’impact négatif de la criminalisation sur la démarche de dépistage volontaire, de même que sur l’intention des personnes séropositives interrogées de dévoiler leur statut sérologique. Par ailleurs, elles confirment que la criminalisation décourage non seulement les efforts de prévention, mais dissuade également les personnes infectées ou affectées par le virus d’accéder aux soins et traitements dont elles ont besoin, afin éviter d’être identifiées comme porteuses du virus et attaquées en justice le cas échéant.

Nous savions depuis longtemps que la criminalisation faisait obstacle aux efforts de lutte contre le VIH/sida. Désormais, nous pouvons prouver qu’elle produit des effets contraires à ceux que les partisans de la répression pénale louent et escomptent, et qu’elle est même un moteur de l’épidémie.

Auteur: Sascha Moore, Groupe sida Genève, de Washington

2012
26th
juil.

Article repris de treatpeopleright.org

Hakima Himmich est fondatrice et présidente de l’association marocaine de lutte contre le sida. Nous l’avons interviewé à Casablanca le 10 juillet 2012. Au cours de cet entretien, elle revient sur la question du dépistage au Maroc, qu’elle considère aujourd’hui comme un enjeu prioritaire dans le pays. Hakima Himmich revient également sur la signature par le Maroc de l’accord sur la contrefaçon ACTA, rejeté il y a moins d’un mois par le Parlement Européen.

Hakima Himmich, pour vous quelles sont les priorités dans la lutte contre le sida au Maroc en 2012 ?

La priorité en 2012 demeure l’accès aux traitements. Notre région, la région MENA (Afrique du Nord et Moyen Orient), est la région où le taux de couverture aux antirétroviraux est le plus faible. Il est de 11% et il stagne depuis plusieurs années, il est donc urgent d’élargir l’accès aux traitements. Pour cela, il faut améliorer l’offre de dépistage, et même au Maroc où cette offre est la plus diversifiée, notamment grâce à l’action de notre association, elle reste extrêmement faible. En 2011, pour une population de 30 millions, il y a eu à peine 45 000 dépistages, c’est vraiment ridicule, mais il y a une prise de conscience très nette du ministère de la santé, et une prise de position très forte de notre association, pour améliorer encore l’accès au dépistage.

Quelles sont les actions menées par l’ALCS justement ?

Tout d’abord il faut dire que si au Maroc il y a une offre de dépistage si diversifiée c’est parce que dès la création de l’ALCS en 1988, on s’est battus pour qu’il n’y ait dans notre pays aucun dépistage obligatoire, jamais, en aucun cas. Pour que les déclarations des personnes dépistées dans les hôpitaux soient parfaitement anonymes, nous déclarons l’initiale du nom et du prénom. Malheureusement ce n’est pas le cas dans les autres pays de la région MENA, c’est pour cela que le dépistage a du mal à se développer. Donc à ma connaissance, il n’y a qu’en Mauritanie et en Algérie que la déclaration est anonyme. Même en Tunisie elle ne l’est pas. Donc grâce à cette importante bataille que nous avons gagné dès le début de l’épidémie, notre association a pu mettre en place dès 1992, les premiers centres de dépistages anonymes et gratuits. Aujourd’hui, nous en avons dans 28 villes. Ces centres de dépistage sont principalement implantés dans des villes où nous avons des programmes de prévention et de proximité avec les groupes les plus vulnérables. C’est ainsi que les professionnels du sexe de sexe féminin, les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes engagés dans des relations de prostitution, les migrants, les ouvrières qui la plupart du temps quand elles n’ont pas d’emploi se prostituent, les routiers, toutes ces populations, nous avons des programmes avec elles et nous leur proposons, dans le package, le dépistage. Et il est très bien accepté. Nous avons également quatre unités mobiles avec lesquelles nous sillonnons le pays et ce qui est extraordinaire c’est que les marocains n’ont pas honte d’aller se faire dépister. Ils n’hésitent pas. Nous partons souvent en n’ayant pas satisfait toute la demande. Nous organisons également une journée nationale du dépistage, qui est plus adressée cette fois-ci au grand public. Mais malgré cela, par manque principalement de médecins, nous n’arrivons par à faire un nombre suffisant de tests. C’est pour cela que nous avons actuellement un axe de plaidoyer important qui est d’obtenir, que d’abord les infirmiers puissent faire partout le dépistage, et communiquer le résultat. Et surtout comme cela a été le cas en France, nous voulons obtenir que des volontaires de l’ALCS, que des pairs, c’est à dire des professionnels du sexe, des HSH, puissent faire le test à leurs pairs. Nous n’avons pas encore obtenu cela. Au Maroc bien sûr nous utilisons le test rapide depuis 2003, mais jusqu’à ce jour les biologistes exigent une confirmation par Western blot. C’est d’une lourdeur énorme comme le résultat de Western blot met une quinzaine de jours à arriver, nous avons un grand pourcentage de perdus de vue. Donc aujourd’hui nos revendications sont doubles, élargir le dépistage aux volontaires et obtenir que la confirmation puisse se faire par un deuxième test rapide, particulièrement dans les groupes où la prévalence est élevée.

L’ALCS s’est mobilisée ces dernières années contre l’accord sur la contrefaçon ACTA, et récemment cet accord a été rejeté par le parlement européen. Le Maroc a fait parti des pays ayant négocié l’ACTA…

Nous sommes très heureux que le parlement de l’union européenne ait rejeté cet accord injuste parce qu’il allait limiter encore plus l’accès aux génériques, aussi bien au Maroc et dans d’autres pays, mais particulièrement au Maroc puisque notre pays s’est précipité pour signer l’accord ACTA. On se demande bien pourquoi et quel intérêt pour notre pays de signer et nous démarrons dès la rentrée en septembre une campagne visant nos parlementaires pour les convaincre de rejeter à une grande majorité cet accord. Avec la nouvelle constitution, le parlement a énormément de travail. Il doit voter les lois organiques de la nouvelle constitution et je sais que c’est un travail énorme, dans tous les cas nous démarrons notre campagne de plaidoyer avant l’ouverture de la prochaine session du parlement.

2011
19th
juil.

Quelles stratégies pour dépister plus et mieux ? C’était la question posée dans une session du lundi 18 juillet.

En effet, s’il apparaît de plus en plus clairement que l’accès universel au traitement est la voie vers l’éradication de l’épidémie, la clef de cette stratégie reste le dépistage. Or dans l’ensemble des contextes, les stratégies de dépistage traditionnelles via les centres de dépistage volontaire échouent à rejoindre une proportion significative de personnes, notamment parmi les plus à risques d’infection au VIH. Plusieurs stratégies alternatives, pour la plupart testées dans des contextes de forte prévalence en Afrique Subsaharienne notamment, ont été présentées : intégration du dépistage dans le paquet d’intervention des services de circoncision masculine, évaluation d’une stratégie de dépistage communautaire incluant des campagnes de promotion du dépistage et de lutte contre la stigmatisation des personnes infectées, du dépistage mobile et des services d’accompagnement pour les personnes séropositives ou encore système de vouchers par lequel les personnes séropositives suivies dans les centres de prise en charge sont sollicitées pour amener au dépistage des personnes de leur entourage en espérant toucher ainsi les partenaires sexuels.

Plus ou moins convaincantes au niveau des résultats, ces interventions montrent qu’il reste beaucoup à faire pour dépister plus et mieux ; elles alimentent le débat et proposent des pistes même imparfaites. Elles ont en commun de chercher à rapprocher le dépistage des communautés. Et l’auto-test dans tout ça ? Si les preuves existent qu’il est déjà utilisé dans la pratique (les résultats d’une analyse montrent, par exemple, que 41 % des travailleurs du sexe dans cinq pays d’Afrique subsaharienne avaient déjà eu recours à l’auto-test), la stratégie n’est toujours pas intégrée dans les actuelles directives de l’ONUSIDA et de l’Organisation mondiale de la santé sur le dépistage. Une analyse d’études indique que 61 à 95 % des personnes interrogées dans huit études différentes montraient un intérêt pour la stratégie. Selon les données disponibles, les tests utilisés seraient efficaces (99 à 100 % de précision). Afin d’accroître le bénéfice lié à cette stratégie et d’en limiter les risques, il est urgent d’en accompagner la mise en œuvre. A noter que quelques pays ont déjà intégré l’auto-test dans leur stratégie nationale de dépistage, c’est notamment le cas du Kenya.

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30 ans du VIH/sida – Interview de Vincent Pelletier, directeur général de AIDES et de Coalition PLUS

| Interview parue dans Direct Matin – 20 mai 2013 | “La recherche su…
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