VIH : les résultats inédits de Flash! PrEP in Europe dévoilés à la conférence de Paris

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Adeline Bernier, chargée de mission Recherche chez Coalition PLUS, présente les données de l'étude Flash PrEP in Europe à l'IAS 2017, à Paris. Crédit photo : Coalition PLUS

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Ce mercredi 26 juillet à 11h, AIDES et Coalition PLUS dévoilaient aux conférenciers du monde entier les résultats de Flash ! PrEP in Europe : la plus grande enquête européenne jamais réalisée sur la connaissance, l’intérêt et l‘utilisation de la PrEP[1]. Cette présentation révèle les principaux freins, individuels et structurels, dans l’accès à ce nouvel outil de prévention du VIH. Et plaide pour une harmonisation de l’accès à la PrEP sur tout le continent.

D’abord un rapide état des lieux de l’accès à la PrEP en Europe : autorisée et disponible aux Etats-Unis depuis 2012 et en France depuis 2016, la PrEP peine à être intégrée dans les politiques de santé publique en Europe. Malgré les recommandations internationales, son intégration récente par l’OMS sur la liste des médicaments essentiels, et l’autorisation par l’Agence Européenne du Médicament en août 2016, seuls 4 pays européens ont à ce jour autorisé la PrEP (Belgique,Ecosse, France, Norvège)

Flash! PrEP in Europe (FPIE), c’est quoi ? FPIE visait à évaluer chez les populations clés (HSH, femmes, personnes transgenres…) les connaissances, le degré d’intérêt et le recours informel[2] à la PrEP à travers l’Europe. Réalisée par AIDES et Coalition PLUS en partenariat avec l’Université d’Amsterdam et 15 associations européennes de lutte contre le VIH, FPIE a été menée simultanément dans 12 pays[3] et dans 10 langues entre le 15 juin et le 15 juillet 2016. Près de 16 000 personnes ont répondu à cette enquête, de l’Irlande à la Roumanie et du Portugal au Danemark.

Que peut-on déduire des résultats de FPIE ?

« Cette enquête révèle un réel problème d’information des publics les plus exposés sur la PrEP. Mais elle montre aussi que lorsque les personnes connaissent ce nouvel outil et ont les bonnes informations, elles se disent intéressées à l’utiliser », explique Aurélien Beaucamp, président de AIDES.  FPIE révèle en effet que seuls 55 % des répondants ayant des pratiques qui les exposent au VIH connaissent l’existence de la PrEP. Un niveau de d’information qu’il est urgent d’améliorer car parmi ceux qui la connaissent, 73% se disent intéressées à l’utiliser. Les personnes qui connaissent la PrEP expriment ainsi clairement leur volonté de se protéger. Faute d’accès autorisé, certaines d’entre elles se voient alors contraintes de se procurer le médicament via internet, auprès d’amis ou par détournement de prescription.

  • Un recours à la PrEP encore très faible, faute d’accès autorisé et d’information éclairée.

C’est la donnée qu’il faut retenir de cette étude : seuls 8% des répondants déclarant des pratiques à risque ont déjà eu recours à la PrEP, dont la moitié dans le cadre d’étude ou de projets de recherche.

  • Un faible recours qui s’explique par des barrières individuelles et structurelles clairement identifiées :

Certains freins individuels ont été relevés dans l’enquête, comme le prix et le non-remboursement, des inquiétudes sur les effets secondaires, ou la crainte de devoir se rendre à l’hôpital pour y avoir accès. Ces freins pourraient être levés grâce à une meilleure information, et un autre modèle de dispensation (en médecine de ville par ex). Pour autant, la principale barrière à l’utilisation de la PrEP reste structurelle : faute d’autorisation dans la plupart des pays d’Europe, de remboursement par les systèmes d’assurance maladie, ou d’offre de prise en charge suffisamment adaptée aux besoins des personnes, l’accès à la PrEP pour les personnes reste éminemment compliqué. « Si nous voulons avoir un réel impact sur l’épidémie, il nous faut au plus vite harmoniser les politiques européennes de lutte contre le VIH en y intégrant partout ce nouvel outil », déclare Aurélien Beaucamp président de AIDES.

Pour AIDES et Coalition PLUS, il est indispensable de lever partout les obstacles d’accès à la PrEP pour les populations les plus exposées. A commencer par le continent européen.

C’est pourquoi AIDES et Coalition PLUS

  • Appellent à une harmonisation rapide de l’accès à la PrEP en Europe pour les publics les plus vulnérables, dans le cadre d’une prise en charge globale et dans des conditions acceptables.
  • Demandent aux autorités européennes et aux pouvoirs publics des pays européens de faire le nécessaire pour offrir à tous les publics une information objective, complète et éclairée sur la PrEP.

 

Contact presse :

Coalition PLUS : Emmanuelle Hau – 07 81 73 34 77

AIDES : Antoine Henry – 06 10 41 23 86

[1] La PrEP, ou traitement prophylactique pré-exposition, est un traitement préventif, destiné aux personnes séronégatives, qui empêche le VIH de pénétrer dans l’organisme. La plus-value de la PrEP est double : elle constitue une protection individuelle tout en contribuant à diminuer la dynamique de l’épidémie à VIH.

[2] c’est à dire hors cadre de prescription

[3] Infographie présentant le design de FPIE : http://www.aides.org/sites/default/files/Aides/bloc_telechargement/ResultPrepFR_vf.pdf

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