Drogues : garantir les droits fondamentaux des personnes en temps de crise sanitaire

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Intervention « test, prévention et distribution de seringues », de la caravane CUT, membre de la Plateforme Océan Indien de Coalition PLUS, Maurice
Intervention « test, prévention et distribution de seringues », de la caravane CUT, membre de la Plateforme Océan Indien de Coalition PLUS, Maurice. Crédit photo : Coalition PLUS / Morgan Fache / Collectif Item, 2018

En ces temps de crise sanitaire, Coalition PLUS s’associe au Réseau international des personnes usagères de drogues (INPUD), au Consortium international sur les politiques des drogues et à Harm Reduction International pour appeler la communauté internationale à prendre des mesures urgentes pour garantir les droits fondamentaux des personnes usagères de drogues.

Déclaration de la société civile sur le Covid-19 et les personnes usagères drogues

« Nous, organisations communautaires et de la société civile travaillant dans la réforme des politiques des drogues et la réduction des risques, exhortons la communauté internationale à prendre des mesures proactives et coordonnées afin de protéger la santé et les droits humains des personnes usagères de drogues durant la crise du Covid-19.

L’infection au Covid-19 ne discrimine pas, mais met en exergue les inégalités sociales, économiques et politiques existantes. Les personnes usagères de drogues sont particulièrement vulnérables en raison de la criminalisation et de la stigmatisation et sont souvent sujettes à des problèmes de santé sous-jacents, à des taux plus élevés de pauvreté, de chômage et d’absence de domicile, ainsi qu’au manque d’accès aux ressources vitales – les exposant à un plus grand risque d’infection. La crise doit être l’occasion de repenser la fonction de la sentence, réformer le système et oeuvrer en vue de mettre fin à la guerre à la drogue. Si nous voulons « aplatir la courbe », la protection de la santé des personnes les plus marginalisées de la société doit être considérée comme une priorité urgente.

En temps de crise, d’incertitude et de bouleversements, il est impératif que les droits humains agissent comme un point d’ancrage. Il est nécessaire d’être particulièrement attentif à l’accès non-discriminatoire aux services de santé, à la dignité humaine et à la transparence. Plusieurs gouvernements ont souligné qu’ils étaient engagés dans une « guerre », l’utilisation de cette terminologie justifiant une approche militarisée permettant la suspension des droits et des libertés. L’histoire montre que des pouvoirs extraordinaires sont régulièrement déployés contre les personnes les plus persécutées de la société, qui risquent d’être des boucs émissaires au nom du contrôle de l’infection. Alors qu’un état d’urgence est déclaré dans divers pays, la communauté internationale doit inciter à la prudence par rapport à la création d’une « nouvelle norme » où les États dérogent à leur obligation de servir et de protéger toutes les personnes.

Échouer à diriger et gérer efficacement la réponse au Covid-19 aura des conséquences désastreuses. La communauté internationale, y compris les bailleurs internationaux, doit agir immédiatement dans le but d’assurer, par le biais d’orientations politiques et de soutien financier et politique, que les réponses nationales, régionales et mondiales à cette pandémie prennent en compte les besoins des personnes usagères de drogues et respectent les droits fondamentaux de tous ».

La déclaration en anglais, russe et espagnol sur le site d’IDPC

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