L’élimination du VIH/ sida ne peut se faire sans éliminer l’homophobie.

En amont de la journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, Coalition PLUS rappelle que la discrimination et la stigmatisation envers les minorités sexuelles restent des obstacles majeurs à l’élimination du VIH/ sida. Tout acte de haine ou de rejet éloigne toujours un peu plus les communautés LGBT des services de prévention et de soins auxquels elles ont droit.

Portrait d'Yves Yomb, par Régis Samba-Kounzi, Paris, 2018
Yves Yomb, par Régis Samba-Kounzi, Paris, 2018. Crédit photo : Coalition PLUS / Régis Samba-Kounzi

« Les homosexuels ont peur de sortir de chez eux parce qu’il y a de la discrimination dans les structures sanitaires. Des médecins disent : « Je ne touche pas à un homosexuel, ma religion me l’interdit ! ». Les homosexuels séropositifs préfèrent mourir chez eux que d’aller dans ces services-là », témoignait Yves Yomb, militant camerounais du réseau de défense des LGBT soutenu par Coalition PLUS, AGCS, décédé en 2020.

Des contextes politiques favorables à l’homophobie

Au Bénin, où trois femmes transgenres ont été battues et contraintes à se déshabiller par une foule d’hommes dans un bar à Cotonou, leur agression a été filmée et partagée sur les réseaux sociaux. Humiliation, torture et parfois meurtres façonnent le quotidien de nombreuses personnes LGBT à travers le monde : aussi bien en Europe qu’en Amérique du Sud ou encore, en Asie. Nulle part, elles ne sont épargnées. 

Aujourd’hui encore, près de 75 pays répriment l’homosexualité et 11 d’entre eux y appliquent la peine de mort. Si dans certains pays, on observe des avancées ; dans d’autres parties du monde, la situation ne fait que s’aggraver.

C’est par exemple le cas lorsque les représentants politiques participent eux-mêmes au ravivement des tensions homophobes au sein de leur population à l’occasion de discours populistes sous couvert de théories conservatrices religieuses.

Contre l’homophobie : rappelons aux États leurs engagements et changeons les mentalités.

Lutter efficacement contre le VIH/sida ne peut se faire sans un accès aux services de prévention et aux soins des communautés les plus exposées à l’épidémie.

C’est pourquoi, notre réseau AGCS PLUS (Alliance Globale des Communautés pour la Santé) déploie une stratégie de plaidoyer. Il lutte pour la défense des droits humains et agit spécifiquement autour des droits des minorités sexuelles dans près de 11 pays africains au sein de 20 associations LGBT.

En rappelant aux États leurs engagements, notre réseau aspire à faire changer les mentalités sur les enjeux LGBT. « Nous existons pour contribuer à apaiser le climat, changer les lois et décriminaliser les pratiques sexuelles entre partenaires du même sexe », précise Axel, leur porte-parole

Le média en ligne, Brut a passé une journée à la Clinique de Confiance (Côte d’Ivoire) avec la médecin Olivia Kangné. Cet établissement, membre de notre réseau AGCS PLUS, est spécialisé dans la santé des personnes LGBT.

Aujourd’hui, ce sont les lois criminalisantes qui nourrissent les actes de discriminations et de violence que subissent les personnes LGBT et, alimentent l’épidémie du VIH sur le continent.

Pour créer un environnement favorable et donner une meilleure information et sensibilisation aux hommes gays, bisexuels et aux femmes trans vivant avec le VIH, il est indispensable d’apaiser les tensions sociales.

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