Le Fonds mondial doit rester mondial

Un modèle de priorisation nouveau se basant sur « la sévérité de l’épidémie » et « le degré de pauvreté des pays » pourrait avoir un impact négatif sur les pays à revenu intermédiaire avec une épidémie concentrée en privilégiant les épidémies généralisées et les pays à faible revenu.
Nous, les soussignés, organisations non gouvernementales et communautaires, les réseaux nationaux et régionaux, et les personnes qui travaillent sur le VIH / SIDA dans la région MENA (Afrique du Nord et Moyen Orient) demandons que le conseil d’administration du Fonds mondial prenne en considération les besoins des pays à revenu intermédiaire lors de l’examen des modifications du modèle de hiérarchisation.
Aujourd’hui, le Fonds mondial fournit des ressources essentielles pour financer la réponse à ces trois maladies dans les pays en développement. Malgré les difficultés de financement dans le contexte actuel de ressources limitées, le Fonds mondial ne devrait pas changer pour devenir un mécanisme qui assure le financement exclusif de certains pays au détriment d’autres. Le modèle de priorisation ne devrait pas affecter l’égalité d’accès aux ressources du Fonds mondial entre des pays avec différents niveaux d’épidémies. Les modifications proposées au modèle des priorités pourraient exclure les pays à épidémies concentrées, refusant l’accès à un nombre important de groupes de population les plus touchés. Ceci renforcera davantage les restrictions déjà contraignantes dans les critères d’éligibilité à l’accès aux ressources du Fonds mondial.
Nous croyons que la valeur technique des demandes des pays devrait continuer à être l’un des principaux critères de détermination d’octroi ou non de subvention. Un modèle d’hiérarchisation qui met l’accent sur des critères de remplacement, comme « la sévérité de l’épidémie » ou « le niveau de pauvreté du pays », pourrait dévaluer les recommandations fournies par le groupe d’examen technique (TRP), compromettant ainsi un certain nombre de valeurs et de principes de base du Fonds.
Du point de vue épidémiologique, ce serait une erreur fatale de limiter les investissements dans les programmes VIH / SIDA dans les pays à revenu intermédiaire et avec des épidémies concentrées. Ces pays apportent souvent une contribution considérable aux dépenses nationales de santé. Néanmoins, ils souffrent souvent de grandes inégalités en ce qui concerne la répartition des richesses. Les populations vulnérables de milieux défavorisés sont rarement incluses dans les systèmes de santé.
Le Fonds mondial finance des propositions qui sont développées, mises en œuvre et régies par des partenariats multisectoriels (CCM). Dans les pays à revenu moyen, cette injection de ressources a agi comme un catalyseur pour le développement de programmes efficaces pour atteindre les populations les plus difficiles d’accès.
Les subventions du Fonds mondial dans les pays à revenu intermédiaires ne représentent que 15% du total des dépenses du Fonds mondial à ce jour. Empêcher ces pays d’accéder à des ressources supplémentaires ne résoudra pas la crise de financement du Fonds mondial. En fait, il est important de souligner que l’expérience a prouvé que les programmes dans les pays à revenu intermédiaire avec des épidémies concentrées sont coût-efficaces et que l’utilisation des ressources est rationnelle et efficace.
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme doit continuer à être mondial. Les décisions sur l’allocation de fonds doivent continuer d’être fondées sur des preuves, des propositions techniquement solides et efficaces et une bonne performance. La solution à la crise du financement dépend de l’engagement des pays donateurs à la lutte contre les trois maladies. Pas moins de 20 milliards de dollars sont nécessaires pour que le Fonds mondial puisse se poursuivre et intensifier les opérations. C’est la véritable question. Sans ce niveau d’engagement des donateurs, les pays à revenu intermédiaire et avec des épidémies concentrées seront les premiers à subir les effets, mais finalement ce sera au détriment de tous.
La réalisation de l’accès universel, la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement ainsi que la promotion des questions concernant l’inclusion, l’égalité et la solidarité internationale sont en jeu. L’avenir du Fonds mondial, un mécanisme novateur visant à promouvoir la démocratie de la santé publique, ne doit pas être compromise.

S’il vous plaît signez la pétition et faites diffuser largement avec vos collègues.
Les signatures devraient être envoyées à l’adresse : o.mellouk@gmail.com

Othoman Mellouk
Association de lutte contre le sida
ALCS-Maroc
www.alcsmaroc.ma
Tel/Fax: +212 524439843