Le lundi 09 mars 2026 s’ouvrait à Dakar une réunion régionale sur la réduction des risques liés à l’usage des drogue en Afrique de l’Ouest, à l’initiative de Coalition PLUS et de ses partenaires Médecins du Monde (MdM) et l’Alliance Nationale des Communautés pour la Santé (ANCS), et avec le soutien de plusieurs organisations régionales, internationales et communautaires.

Un défi régional, une réponse collective
Le projet qui porte cette rencontre vise à « repenser les politiques de drogue en Afrique de l’Ouest » afin de placer la santé, les droits humains et l’implication des communautés au cœur des réponses nationales et régionales. À travers cette initiative, les partenaires entendent ainsi promouvoir des approches fondées sur la réduction des risques, la prévention, et le respect de la dignité humaine, en réponse aux limites constatées des politiques centrées uniquement sur la répression.
Le projet fait suite à une évaluation régionale conduite récemment au Togo et au Bénin, ayant mis en exergue la nécessité d’un changement de paradigme :
- mieux équilibrer sécurité et santé publique,
- lever les obstacles juridiques,
- renforcer l’accès aux soins,
- et impliquer étroitement les populations concernées.
Une participation au plus haut niveau
La présence remarquée de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et de l’Union Africaine confère une dimension stratégique et politique majeure à cette réunion. Ces institutions jouent un rôle important dans l’harmonisation des cadres juridiques, la diffusion de bonnes pratiques et l’accompagnement des États membres dans l’élaboration de politiques inclusives et respectueuses des droits. Leur participation est un marqueur de la volonté régionale d’agir de manière coordonnée et responsable face aux enjeux croissants liés à la consommation et au trafic de drogues.
Cette réunion bénéficie aussi de l’expertise de représentants gouvernementaux, d’organisations de la société civile, d’experts indépendants, de réseaux communautaires et des agences partenaires techniques et financiers.
Dr Daniel Amankwa, représentant de la CEDEAO, l’a rappelé : « Le droit à la santé doit rester le fil conducteur de toute politique de drogues. » Le Professeur Johan Strijdom, représentant de l’Union Africaine, a souligné à cette occasion : « Les politiques centrées uniquement sur le contrôle montrent leurs limites : il est temps d’assumer une responsabilité sociale collective face aux drogues. »
Une feuille de route pour l’Afrique de l’Ouest
Les travaux engagés à Dakar auront pour priorités de :
- Valoriser les leçons tirées des expériences pilotes du Togo et du Bénin pour inspirer des réformes partout dans la région ;
- Favoriser la convergence des cadres nationaux autour d’approches fondées sur la santé publique et les droits humains ;
- Construire collectivement une feuille de route régionale ambitieuse et concrète pour ancrer la réduction des risques au cœur de toutes les politiques publiques.
La dimension régionale, la diversité des acteurs et l’implication des institutions africaines et ouest-africaines démontrent la volonté de bâtir une réponse cohérente, partagée et pragmatique face à un enjeu majeur de santé et de société.
En réunissant à Dakar toutes les parties prenantes, Coalition PLUS, Médecins du Monde, ANCS et leurs partenaires affirment l’exigence d’une Afrique de l’Ouest prête à relever le défi des politiques de drogue au service de la santé, de la dignité et des droits humains.



