Temps de lecture : 2 minutesEn 2020, Coalition PLUS lance la Semaine Internationale du Dépistage. Durant cinq jours, une cinquantaine d’associations à travers le monde réalise le dépistage au VIH, aux hépatites B et C, aux IST et même certains cancers. Crédit photo : Farah Nabil / Unsplash L’année dernière, nos équipes ont dépisté près de 40.000 personnes en à peine une semaine. En parallèle des actions de dépistage, des actions de sensibilisation et d’information sont menées auprès du grand public. Cette année, la troisième édition se tiendra du 21 au 25 novembre. Coalition PLUS veut pérenniser l’événement sur la durée et en faire un rendez-vous annuel incontournable pour les militants et les militantes de la lutte contre le VIH/sida. Le Mozambique accueille la journée de lancement de la Semaine Internationale du Dépistage Cette année, le réseau de Coalition PLUS a choisi le Mozambique pour accueillir la journée de lancement de l’opération. Ce n’est évidemment pas un hasard si le choix s’est porté sur ce pays d’Afrique de l’Est. En effet, le pays affiche des résultats alarmants en matière de lutte contre le VIH/sida. Une situation épidémiologique particulièrement préoccupante Les raisons de cette situation épidémiologique particulièrement critique trouvent leurs racines dans les crises successives que traverse le Mozambique depuis 2017, avec l’émergence d’un conflit armé dans le Nord du pays et une recrudescence de violence en 2022 dans la province de Cabo Delgado. A cela il faut ajouter les conséquences dramatiques en 2019 du cyclone Idai. Population déplacée, insécurité alimentaire, violences faites aux femmes : des conditions favorables à la propagation du VIH/sida Dans un pays où 17 % de la population générale vit avec le VIH, la succession des crises a poussé plus d’un million de personnes hors de leur foyer et a entravé le travail de suivi des patients-es atteints du VIH. Aujourd’hui, 44 % des personnes vivant avec le VIH ne sont pas sous traitement. En outre, à cause du réchauffement climatique, une insécurité alimentaire des plus inquiétante s’est installée. “A Cabo Delgado, plus de 20.000 personnes ont abandonné leur traitement et les cas de violence faites aux femmes en échange de nourriture vont croissant. La Semaine Internationale du Dépistage constitue une opportunité de médiatiser ces situations”, nous explique notre collègue sur place, Lina Navunga. Toutes ces conditions sont donc très peu favorables à une gestion efficace de l’épidémie. Au plus près des populations affectées et infectées par le VIH Durant la Semaine Internationale du Dépistage, MATRAM association membre mozambicaine de Coalition PLUS, déploiera des unités mobiles de dépistage dans des zones stratégiques et sensibilisera les personnes à se protéger et protéger les autres.
Certification des comptes 2021 de Coalition PLUS par le commissaire aux comptes
Temps de lecture : < 1 minuteLabellisée Don en confiance, Coalition PLUS publie chaque année ses comptes certifiés par un commissaire aux comptes indépendant. Télécharger les rapports 2021 du Commissaire aux Comptes : rapport de CIS & fonds de dotation Téléchargez le rapport de Coalition PLUS Téléchargez le rapport du fonds de dotation
Nothing for us, without us : A 40-year community mobilization against AIDS
Temps de lecture : 3 minutesThis book is the fruit of 40 years of studying and analyzing the global fight against AIDS. We are all more or less aware of the major successes in the fight against AIDS in the 1990s and 2000s, which helped save millions of people living with AIDS worldwide and which continue today to keep people in treatment in often difficult circumstances. However, we know far less about the community-mobilization approach that has led to this success. Dr Hélène Rossert, for Coalition PLUS Download the book A book to start talking about the contributions of community mobilization Neither its contribution nor the conditions necessary for its implementation, nor the people involved have piqued global interest. We want to clarify these aspects for the voluntary sector, and for decision-makers in the public health system. We have not tried to provide an exhaustive document on this subject. Instead one of the main objectives of this book is to encourage people to have necessary conversations, suggest research topics, and, above all, appreciate the work of all those involved. Some of those people have since passed away, while others are focused on continuing this community work but often with little recognition. With this book, we want to pay them a modest tribute. This is an important issue at a time when the fight against AIDS is no longer a top priority for policy-makers or the public health system. It is a fight that needs to be recognized for its exceptional contribution to community health. The fight against AIDS does not claim to have invented community health. However, there are success stories from around the world that are due, first and foremost, to activists and other people working to put an end to HIV—people who often live with HIV themselves. Thanks to the tightly-woven network between human rights and access to health for stigmatized populations, they could carry out this work. Cette analyse est nécessaire au moment où la lutte contre le sida n’est plus en haut des priorités des décideurs-ses politiques ou du système de santé publique. Il fallait singulariser ses apports exceptionnels en matière de santé communautaire. La lutte contre le sida ne prétend pas avoir inventé la santé communautaire, mais elle y a apporté, à travers le monde, des exemples de réussites dus, avant tout, aux militantes et militants et autres personnes mobilisées pour lutter contre le VIH – des personnes souvent elles-mêmes atteintes du VIH. Ce travail a été réalisé grâce au tissage serré entre les droits humains et l’accès à la santé de populations stigmatisées. Dr Hélène Rossert, for Coalition PLUS A tribute to AIDS activists Another objective is to consider the fight against AIDS in conjunction with the main community health declarations drawn up since the 1980s 13 and to assess whether this fight met the community health criteria set out in the international declarations to support global health. In addition, we have tried to highlight the major lessons learnt from the community mobilization against AIDS, which should benefit other pandemics, other health conditions, and other groups with poor access to healthcare. As you will see, there is much more to community health than access to healthcare, as it also focuses on the social determinants of health. Therefore, it is no surprise that the fight against AIDS improved community health by proving that respect for human rights is the most important social and societal factor by empowering ostracized populations to enjoy better health and well-being. Dr Hélène Rossert, for Coalition PLUS Community health, a whole part of the overall public health approach This book is for all those involved in the fight against AIDS or incommunity health, whether implementers or policy-makers inpublic health. It seeks to bridge the gap by providing a greaterunderstanding of diverse concerns and finding collective solutions.We cannot reiterate enough how fundamental community healthis to the global public health approach. Therefore, it is necessaryto identify the places and, above all, the people to allow thisengagement in the public health system. Without such a strongfocus, it is unrealistic to talk about global health.The seven chapters of this book are relatively independent of eachother and can be read in any order that best suits the individualreader’s needs. Even though reading it in order will provide greaterclarity, it is not essential. Last but not least, this book is based on the combined experiencesof Coalition PLUS members and some other organizations. We haveused experiences in the field to illustrate the points made in partsof the book that may sometimes seem theoretical. The purpose of this book is also to be adapted, critiqued andimproved upon in order to be re-appropriated. As a result, theconcept of community health will become clearer and can beimplemented as the main approach to healthcare access and toprevention for the most marginalized in our communities. This iswhat Coalition PLUS stands for. We hope you find it interesting. Dr Hélène Rossert, for Coalition PLUS The world has changed. We need to learn from the impact of the community-based approach on the fight against HIV in other areas of society and access to healthcare worldwide with respect for human rights. do nothing about us without us! Vincent Pelletier, Former CEO of Coalition PLUS (2008-2022) Vers la version française A la versión española
Après 33 ans, la conférence mondiale sur le sida revient à Montréal
Temps de lecture : 3 minutesCet été a eu lieu la 24ème conférence mondiale sur le sida (AIDS) dans la métropole québécoise, Montréal. L’équipe de Coalition PLUS s’est rendue sur place pour y présenter les résultats de son travail de recherche mais aussi, pour y célébrer les « dealers de réduction des risques ». A cette occasion, Nicolas Ritter – rapporteur officiel des événements communautaires pour l’IAS – nous en parle. Nicolas Ritter Il y a 33 ans, Montréal accueillait la 5ème édition de la conférence mondiale sur le sida. Pourquoi est-elle considérée comme un moment clé dans l’histoire de la lutte ? En 1989, les nouvelles infections et les décès connaissent une croissance exponentielle. Jusqu’alors, la conférence était réservée aux médecins et aux scientifiques. Cette année-là, les militants-es et les malades du sida ont fait de la conférence un lieu de mobilisation. Ils ont exigé leur inclusion. Ils ne voulaient plus qu’on discute des enjeux de l’épidémie sans eux. C’est à partir de ce moment qu’est né le slogan « Rien pour nous, sans nous ». Autrefois, la santé était confinée dans les milieux scientifiques et médicaux. Mais, à partir de 1989 et avec la conférence de Montréal, la santé est devenue une question politique et le rapport des médecins vis-à-vis des malades a radicalement changé. Cette année, la conférence sur le sida à Montréal a également fait parler d’elle à propos des nombreux visas rejetés par l’administration canadienne. L’équipe de Coalition PLUS a-t-elle été impactée ? Protestation au stand de l’IAS et du Canada pour les VISAS rejetés – Credit photo : Richard Stranz (Coalition PLUS) Oui. 15% de notre délégation n’a pas su se rendre à l’événement. Au total, une centaine de participants n’ont pas été en capacité d’obtenir un visa pour leur séjour. Originaires d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, ce sont les personnes qui vivent dans les pays les plus touchés par l’épidémie qui se sont vues refuser l’accès à l’événement. Il est clair que la voix des communautés a été bâillonnée. De nombreuses protestations ont eu lieu lors de la conférence (cf. photo). A l’avenir, nous espérons que les organisateurs de la conférence sauront choisir un pays où nous serons tous-tes les bienvenus-es. Pourquoi Coalition PLUS a choisi comme thème de campagne pour la conférence sur le sida de Montréal « les dealers de réduction des risques » ? Nous voulions célébrer les militants-es qui s’engagent à garantir un accès aux services de réduction des risques pour les personnes usagères de drogue. En 2021, ces dernières représentaient 10% des 1,5 millions de nouvelles infections à VIH enregistrées dans le monde. Or, si le risque est élevé, seul 1% des usagers a accès aux services de réduction des risques. Lors de son intervention, le Pr Hakima Himmich – ex-présidente de Coalition PLUS – a dénoncé les politiques de santé publique en matière de drogues. Elle dénonce la binarité de la situation : soit les Etats choisissent l’indifférence, soit ils choisissent la répression. Chez Coalition PLUS, nous militons pour une démarche inclusive et humaine. Nous refusons la répression, car cela n’apporte aucun résultat. Chaque année, nous nous joignons à la campagne « Support, don’t punish » dont le slogan résume assez bien notre positionnement à ce sujet. Coalition PLUS a présenté les résultats de sa recherche sur les conséquences de la crise sanitaire de Covid-19. Que peut-on retenir ? L’enquête a souligné la résilience du système de santé communautaire face à la crise sanitaire de la Covid19. 40% des personnes accompagnées par nos structures ont pu continuer à avoir accès à des services de prévention 90% des PVVIH accompagnées par notre associations communautaires n’ont pas connu de rupture de traitement ARV (traitement antirétroviral). Cela prouve bien que notre démarche communautaire est efficace et que nous devons continuer à la défendre et à faire reconnaitre le statut des personnes qui la rendent possible
En Afghanistan, la communauté LGBT vit toujours dans l’angoisse
Temps de lecture : 3 minutesL’an dernier, Coalition PLUS venait en aide à la communauté LGBT en Afghanistan. Nos équipes avaient été interpellées par des activistes de la diaspora et des membres de la communauté LGBT relatant des faits d’enlèvement, de torture, et même d’assassinats. Suite à ces témoignages glaçants, nous avons ouvert un appel aux dons. Les fonds récoltés nous ont permis de proposer une aide logistique et légale pour assurer la protection de celles et ceux dont la vie était gravement en danger. Nous tenions à vous remercier pour votre soutien et votre générosité lors cette opération. De nombreuses vies ont pu être sauvées grâce à votre engagement, tout comme celle de Fazal qui a choisi de témoigner un an après la prise de Kaboul par les talibans. C’est dans un café, près de la gare du Nord à Paris, que nous lui avons donné rendez-vous. Ce dernier fait partie des personnes ayant réussi à quitter l’Afghanistan. Grâce à votre soutien, il a pu trouver refuge dans un pays où son orientation sexuelle ne constitue pas une menace pour sa survie. Aujourd’hui, il se livre et espère que d’autres personnes pourront être aidées. Les personnes LGBT+ n’ont aucun droit en Afghanistan La raison pour laquelle Fazal a quitté son pays est simple : « J’ai fui l’Afghanistan à cause de mon orientation sexuelle. C’est la principale raison de mon départ. Car là-bas, il n’y a pas de droit pour les personnes LGBT. Vous devez mourir, c’est tout ». En août dernier, les talibans reprennent le pouvoir à Kaboul et reformaient l’Emirat Islamique d’Afghanistan. Fazal nous raconte que « la situation [pour les personnes LGBT] y était moins dure avant leur arrivée, mais complexe tout de même. Dans mon pays, notre culture et notre religion [l’islam] ont un impact sur la vie des personnes LGBT ». Mais depuis le retour des talibans, la situation s’est largement dégradée, comme le décrit Fazal : « Aujourd’hui, le gouvernement cherche après nous. Plusieurs de mes amis sont morts et leurs amis aussi ». Rares sont les Afghans LGBT+ à avoir quitté l’Afghanistan Pour Fazal, « il y a beaucoup de personnes de la communauté qui veulent fuir l’Afghanistan. Mais, il y a peu de chances pour elles qu’elles puissent y parvenir. Car, elles n’ont pas les ressources financières nécessaires. Donc, elles se cachent. La situation est vraiment terrible. Les gens n’ont plus aucun droit et beaucoup n’ont même plus de nourriture. Je peux dire qu’il n’y a plus de vie en Afghanistan ». Avant de rejoindre l’Europe, il a transité par le Pakistan. Un pays frontalier où l’homosexualité est également criminalisé. « Au Pakistan, ce n’était pas sûr non plus. Il n’y avait pas de droit établi pour les personnes LGBT. C’est la même culture et la même religion qu’en Afghanistan. Donc, ce n’était pas sûr. Je suis resté là-bas 6 mois et j’ai été hébergé dans une safe house, avec des permissions de sortie très limitées. Aujourd’hui, je suis heureux et très reconnaissant d’être arrivé dans un pays libre ». Plus de 1.000 afghans LGBT seraient toujours en situation de danger extrême Selon les estimations des activistes de la diaspora afghane, ils seraient plus de 1.000 à être en situation de danger extrême. Nombreux-ses n’ont pas réussi à quitter le pays, ou se retrouvent coincé-es dans les pays voisins, comme au Pakistan. Ils-elles vivent dans la peur qu’un jour le régime des talibans ne découvre leur orientation sexuelle ou de genre et qu’ils les traquent, voire les tuent. Coalition PLUS continue d’entretenir des contacts rapprochés avec la diaspora et la communauté afghanes LGBT ainsi qu’à dispenser de l’aide à leur encontre. Aidez les réfugiés LGBT afghans à obtenir l’asile et à reconstruire leur vie dans des sociétés libres et ouvertes. Pour aller plus loin, Human Right Watch et OutRight International ont rédigé un rapport de 43 pages basé sur 60 entretiens de personnes LGBT+ en Afghanistan.
Mehdi Karkouri élu président de Coalition PLUS
Temps de lecture : 2 minutesMehdi Karkouri a été élu président de Coalition PLUS, réseau international de lutte contre le sida et les hépatites virales. Cette élection fait suite à l’Assemblée générale du réseau qui s’est tenue ce mercredi 3 août 2022 en marge de la 24e conférence internationale sur le sida (AIDS 2022). Mehdi Karkouri succède à Hakima Himmich et, est élu pour un mandat de deux ans, tout comme le nouveau bureau exécutif de Coalition PLUS qui se compose comme suit : – Vice-présidente : Bintou Dembélé – Trésorier : Guy Gagnon – Secrétaire Générale: Rokhaya Nguer « Je remercie tous les membres du Conseil d’Administration pour leur confiance et leur soutien. Depuis la création de Coalition PLUS il y a 14 ans, nous avons réussi à porter haut nos voix en tant que personnes infectées, affectées ou exposées au VIH; nous avons œuvré pour le respect de la dignité des personnes, nous avons prouvé que notre expertise communautaire contribue à mettre fin aux épidémie de VIH et d’hépatite C. Mais, les besoins sont encore immenses pour atteindre cet objectif, et cette année de reconstitution des fonds du Fonds Mondial sera cruciale », a réagi Mehdi Karkouri à la suite de son élection. Médecin et militant Dans la lutte contre le VIH, le Pr. Mehdi Karkouri n’est pas inconnu au bataillon. Médecin et professeur à la faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca, Mehdi Karkouri a rejoint l’Association de Lutte contre le sida (ALCS)- membre de Coalition PLUS au Maroc- en 1996 en tant que volontaire. Il s’est impliqué dans le dépistage du VIH et est à l’origine de la toute première expérience du dépistage communautaire démédicalisé dans la région Afrique du Nord-Moyen Orient. Ce dépistage effectué par des agents de santé communautaires reste l’un des moyens les plus efficaces d’atteindre les populations les plus exposées au VIH et trop souvent stigmatisées. Au Maroc, le nouveau président de Coalition PLUS a également supervisé d’importantes recherches notamment sur la stigmatisation et la discrimination des personnes vivant avec le VIH, ou encore la prophylaxie pré-exposition. Le Pr. Mehdi Karkouri est par ailleurs expert en dépistage VIH et prévention combinée auprès de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), surtout dans la région Afrique du Nord Moyen Orient où il participe régulièrement , à l’élaboration des recommandations internationales de l’OMS notamment sur la prévention et traitement du VIH auprès des populations clés ou encore l’autotest. Depuis 2018, il est Président de l’ALCS et membre du Conseil d’Administration de Coalition PLUS.
Conférence AIDS 2022 à Montréal : le discours de Serge Douomong Yotta
Temps de lecture : 3 minutesLundi 1er août 2022, dans le cadre de la Conférence Internationale sur le Sida, AIDS 2022, nos activistes ont pu visionner le documentaire “C’est en voir des milliers”, en hommage au regretté Yves Yomb. Cet activiste a lutté au cours de sa vie pour les droits humains, pour les minorités sexuelles et pour les personnes vivant avec le VIH. La projection du film a été suivie par une prise de parole d’activistes, dont celle de Serge Douomong Yotta, Directeur du plaidoyer de Coalition PLUS, qui rend hommage à tous nos compagnons décédées dans son discours. Read the speech in English Yves Yomb, activiste ayant lutté pour les droits humains, les minorités sexuelles et les personnes vivant avec le VIH. Yves Yomb, décédé à l’âge de 45 ans. Joël Nana, décédé à l’âge de 33 ans. Cyriaque Ako, décédé à l’âge de 54 ans. David Kato, décédé à l’âge de 47 ans. Eric Lebembe, décédé à l’âge de 33 ans. Jérémie, décédé à l’âge de 26 ans. Desmond, décédé à l’âge de 28 ans. Pascal, décédé à l’âge de 26 ans. Lambert, décédé à l’âge de 44 ans. Michel, décédé à l’âge de 32 ans. Dimitri, décédé à l’âge de 27 ans. Yannick, décédé à l’âge de 24 ans. Nos âmes sont brûlantes. Tant de compagnons sont partis. Nos collègues, nos amis, nos frères et sœurs, nos amours. Dans le feu de l’action, des milliers d’entre eux ont tout donné. Sans réserve, sans profit. Ils ont sacrifié leurs corps, ils ont donné leurs âmes. Aujourd’hui, je les entends crier. Non, ils ne crient pas. Ils nous confortent. Quel est le but de leur sacrifice ? Est-ce que nous chérissons leur héritage ? Je suis rongé par la douleur. Ils appellent encore depuis le paradis rose où ils sont censés reposer. Leurs têtes tachetées d’étoiles sont inclinées en signe de désespoir. Quel sens donnons-nous à leur héritage ? Sommes-nous à l’écoute de leurs paroles ? Ressentons-nous leur colère ? Y a-t-il quelque chose de plus triste que les larmes des morts ? Aujourd’hui, nous sommes toujours persécutés, haïs, crachés par le système. Après 40 ans de lutte contre le VIH, le sida continue de nous tuer. Quelle est l’issue pour nous, minorités sexuelles et de genre, personnes vivant avec le VIH ? Nous vivons mais nous sommes déjà morts. Nos jours sont comptés. Notre santé mentale n’est pas considérée comme une priorité. Notre lutte pour exister est considérée comme de la propagande pour un agenda LGBTI qui détruirait le monde. Cela n’a aucun sens. Les coups, les insultes, les blessures que nous subissons chaque jour aux quatre coins du monde tourmentent ceux qui en ont déjà payé le prix de leur vie. Pourtant, malgré leur chagrin, depuis le paradis rose, ces belles âmes m’envoient un Soleil. Vous le voyez ? Il est là, dans ma main. Un soleil qui s’appelle le courage. Je le dépose sur l’autel de cette Montréal inhospitalière. Il se lève à Concordia et il se couchera dans nos cœurs ouverts, de Dakar à Yaoundé, de Quito à Abidjan, de Lomé à Phnom Penh. Militants ! Levez-vous ! Luttons pour nos droits, luttons pour ce que nous devons préserver avant tout : notre bien-être psychologique et physique, selon chacun de nos contextes et de nos valeurs. À nos amis et partenaires de lutte, que le feu qui nous anime vous réchauffe. Il y a encore tant à faire. Nous voulons des solutions adaptées à nos réalités, à nos expériences, à nos origines. Nous voulons des ressources pour mettre en œuvre, des programmes qui donnent la priorité à notre santé mentale et à notre sécurité physique. Nous voulons des programmes financés pour transformer les engagements politiques en actions transformatrices. AGCS PLUS organisera une pré-conférence lors de la prochaine conférence francophone sur le VIH en 2024. Elle portera exclusivement sur la santé mentale des minorités sexuelles et de genre en Afrique. Ce sera un espace sûr de dialogue entre les communautés et les experts en santé mentale pour aborder notre présent et notre avenir. Nous voulons vivre. Nous voulons simplement vivre ! Serge Douomong Yotta, Directeur du plaidoyer de Coalition PLUS
Conférence AIDS 2022 à Montréal : pour la santé des usagers de drogues Coalition PLUS célèbre ses « Dealers de réduction des risques »
Temps de lecture : 4 minutesCommuniqué de presse- Montréal, le 29 juillet 2022 À l’occasion de la 24ème Conférence Internationale sur le sida (AIDS 2022), Coalition PLUS lance sa campagne « Dealers de réduction des risques et fiers-ères » pour célébrer ses militantes et militants qui s’engagent afin de garantir un accès aux services de réduction des risques (RdR) pour les personnes usagères de drogues. A travers cette campagne, Coalition PLUS dénonce également le manque de volonté politique, qui prive encore des millions de personnes de services pourtant efficaces pour préserver leur santé, éviter les overdoses et prévenir les nouvelles infections au VIH et aux hépatites virales. Le rapport annuel de l’ONUSIDA, présenté ce mercredi 27 juillet à Montréal en amont de la conférence AIDS 2022, révèle que les personnes usagères de drogues injectables et leurs partenaires représentent 10% des 1,5 million de nouvelles infections au VIH enregistrées dans le monde en 2021. Cette proportion atteint près de 20% en dehors d’Afrique subsaharienne. Le risque d’infection au VIH au sein de ce groupe de personnes est 35 fois plus élevé et près de 39% des nouvelles infections au virus de l’hépatite C sont enregistrées au sein de cette population. Un accès encore limité aux services de réduction des risques dans le monde Malgré ce risque d’infection élevé, seul 1% des personnes qui s’injectent des drogues dans le monde a accès aux services de réduction des risques. Aujourd’hui encore, ces services pourtant essentiels pour inverser les courbes du VIH et des hépatites virales chez les personnes usagères et leurs partenaires n’étaient toujours pas disponibles dans 108 pays dans le monde. Ces inégalités d’accès à des services de santé vitaux sont intolérables ! Nous savons depuis des décennies que les mesures de réduction des risques sont efficaces contre le VIH et les hépatites virales, en particulier l’hépatite C et contre les overdoses qui font des ravages dans certaines régions du monde notamment en Amérique du Nord. Malheureusement, en matière de politique des drogues, certains dirigeants préfèrent toujours l’indifférence, voire pire, la répression, à la santé publique ! Comme le dit l’ONUSIDA dans son rapport, la riposte au VIH est en danger ! C’est maintenant qu’il faut agir, en garantissant l’accès aux services de prévention et de soins pour les personnes les plus exposées, y compris les personnes usagères de drogues, où qu’elles se trouvent dans le monde. Cela passe par une réforme des cadres légaux dans lesquels s’inscrivent ces services, mais aussi par plus de financements dédiés. Professeure Hakima Himmich, Présidente de Coalition PLUS Les « dealers de réduction des risques », héros de la lutte contre le sida et les hépatites virales Les services de réduction des risques incluent, entre autres, les programmes d’échanges de seringues, les traitements de substitution aux opiacés, la prévention et le traitement des surdoses ou encore le soutien psychosocial aux personnes usagères de drogues. En Estonie, le déploiement de ces services a permis de réduire de 97% les nouvelles infections chez les personnes qui s’injectent des drogues entre 2007 et 2016, tandis qu’au Portugal, le programme d’échange de seringues a contribué à faire chuter les nouvelles infections à VIH chez les personnes usagères de drogues de 1 497 à 78 par an entre 2000 et 2013. Ces succès sont à attribuer en grande partie aux militantes et militants et pair-e-s éducateurs-rices qui font un travail de terrain Souvent elles-mêmes usagères de drogues, ces personnes s’engagent pour réclamer la mise en place de programmes de santé adaptés aux besoins de leurs communautés et offrir à leurs pairs-es un accompagnement sur-mesure, sans jugement et en toute confidentialité. Ainsi, l’expertise de ces “dealers de réduction des risques” reste cruciale pour garantir aux personnes usagères de drogues un accès aux outils de prévention et de soins nécessaires pour prendre en main leur santé. Coalition PLUS leur rend hommage à travers la campagne “Dealers de réduction des risques et fiers-ères”, présentée à la conférence AIDS 2022 à Montréal. Nous célébrons le courage de ces héros trop souvent oubliés, car ce sont eux qui agissent véritablement sur les épidémies du VIH et des hépatites virales, en élargissant l’offre de prévention et de soins aux plus vulnérables et éloignés-es des soins. C’est d’autant plus admirable qu’ils œuvrent dans des contextes souvent hostiles et avec des moyens financiers encore trop limités au regard des besoins. Professeure Hakima Himmich, Présidente de Coalition PLUS Les représentants-tes des communautés affectées par le VIH des pays du Sud, grands absents de la conférence AIDS 2022 à Montréal Alors que, 33 ans plus tôt, en 1989, les militants-tes de la lutte contre le sida revendiquaient pour la première fois leur place centrale dans la riposte à l’épidémie, les voix des communautés les plus affectées, en particulier en provenance des pays du Sud, seront cette année peu nombreuses. Par exemple, la délégation de Coalition PLUS a été amputée de 15% de ses effectifs en raison des refus de visas d’entrée au Canada. Non seulement le travail communautaire reste peu reconnu, mais en plus, comme nous le constatons encore avec cette conférence, nombre d’entre nos représentants-tes ne peuvent pas prendre part aux échanges et événements scientifiques et politiques qui les concernent pourtant en premier lieu. C’est une grande injustice et, une fois de plus, un déni de leur contribution à la lutte. Professeure Hakima Himmich, Présidente de Coalition PLUS À l’occasion de la 24ème Conférence Internationale sur le sida AIDS 2022, Coalition PLUS appelle les Etats et les acteurs impliqués dans la santé publique mondiale à : – Décriminaliser les consommateurs-rices de produits psychoactifs – Reconnaître pleinement les droits fondamentaux des personnes usagères de drogues – Renforcer les financements des programmes communautaires de réduction des risques – Impliquer systématiquement les personnes consommatrices ou ex consommatrices de produits psychoactifs dans l’élaboration des politiques qui les concernent – Expérimenter, avec les communautés concernées, des dispositifs et réponses innovantes, tels que les Salles de Consommation à Moindre Risque (SCMR) – S’engager à utiliser les dispositions existantes dans le droit international pour rendre plus largement accessibles les médicaments brevetés – Reconnaître, valoriser et rémunérer les acteurs et actrices
VIH, santé sexuelle, droits LGBT+ : 5 comptes Instagram à suivre
Temps de lecture : 2 minutesCet été, nous voulions vous proposer une manière ludique et décontractée de continuer à vous informer sur les thématiques au cœur des activités de Coalition PLUS : la lutte contre le VIH, la santé sexuelle, les droits LGBT+. Retrouvez ci-dessous 5 comptes Instagram auxquels vous devriez urgemment vous abonner. © Alexander Shatov / Unsplash #1 Dr Naked fait ton éducation sexuelle La description du compte Instagram est assez explicite : “L’éducation sexuelle que t’as pas eue à l’école”. C’est donc sur un ton humoristique, mais toujours de manière très pédagogique, que “Dr Naked” aborde des sujets tels que le consentement, les IST, le dépistage, la PrEP, le coming-out, etc. Bref, tout ce qui concerne la santé sexuelle. #2 Supersero : parce qu’être séropositif ET un superhéros, ce n’est pas incompatible! Derrière Supersero se trouve Nicolas Aragona. Diagnostiqué séropositif à l’âge de 21 ans, il a choisi de raconter son histoire, partager des informations et casser les préjugés autour de la séropositivité. À travers les réseaux sociaux, il donne plus de visibilité aux personnes vivant avec le VIH. Cela permet de lutter contre l’exclusion auxquelles elles sont confrontées malgré 40 ans de lutte et d’information contre le virus. #3 Andrea le prouve : vivre avec le VIH n’est pas un obstacle au bonheur. Sur son compte Instagram, Andrea relate les moments heureux de sa vie entourée de sa famille. Vivant avec le VIH depuis ses 22 ans et mère de trois enfants, elle se bat au quotidien contre la sérophobie. Aujourd’hui, une personne sous traitement comme Andrea a une charge virale indétectable. Cela signifie que le virus n’est plus transmissible, que cela soit à son partenaire ou à ses enfants. Comme l’exprime si bien Andrea, “le VIH ne te définit pas et il ne fait pas de toi une personne différente. Car, vivre avec le VIH, c’est d’abord vivre”. #4 Moules Frites : doit-on vraiment vous dire de quel pays provient cette chaîne consacrée à la santé sexuelle ? Sortie le 14 février 2022, la toute jeune chaîne belge de podcasts et vidéos se veut ludique et décomplexée. Elle y aborde des thèmes comme le frottis, le vaginisme, la contraception, la pénétration anale et bien d’autres choses encore. Vous voulez être incollable sur la santé sexuelle ? Rendez-vous vite sur leur page. #5 Paint Officiel, le média LGBT+ Les deux fondateurs, Alice et Cédric, se sont donnés comme mission de visibiliser la communauté LGBT+. Aujourd’hui, 114.000 abonné-es les suivent quotidiennement sur Instagram. Leurs contenus vidéos se veulent amusants, mais toujours engagés. C’est au travers de témoignages qu’ils mettent en lumière des sujets comme la non-binarité, la pansexualité, l’asexualité, etc. Coalition PLUS et ses associations membres sont aussi présentes sur plusieurs réseaux sociaux. Abonnez-vous et restez informé.e de notre actualité ! Facebook Twitter Youtube Instagram
Fonds mondial/Financement du VIH : l’heure est à l’action !
Temps de lecture : 2 minutesPour la prochaine conférence de reconstitution des ressources du Fonds Mondial, Coalition PLUS appelle les pays donateurs à augmenter considérablement leurs contributions afin de rattraper le retard dans la riposte au VIH. La tribune de notre présidente Hakima Himmich publiée sur Komitid. En prélude à la septième reconstitution de ses ressources, le Fonds mondial a établi ses besoins de financements à minimum 18 milliards USD pour accélérer la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. En tant que réseau international de lutte contre le sida réunissant les personnes infectées, affectées et vulnérables au VIH, Coalition PLUS appelle les pays donateurs à augmenter leur contribution d’au moins 30% pour agir véritablement sur l’épidémie du VIH. La cible financière de 18 milliards USD annoncée par le Fonds mondial constitue une augmentation d’environ 30% par rapport aux 14 milliards réunis en 2019. Même si nous reconnaissons cet effort, nous constatons que ce montant ne couvre que 14% des ressources que le Fonds mondial estime nécessaire sur la période 2024-2026 (130,2 milliards USD) pour rattraper le retard dans la riposte au VIH/sida, au paludisme et à la tuberculose. Des millions de vie en jeu La covid-19 a eu un impact catastrophique sur la lutte contre le sida, faisant reculer considérablement les progrès obtenus depuis la création du Fonds mondial. En 2020, les dépistages du VIH ont baissé de 22% tandis que le nombre de personnes bénéficiaires des services de prévention du VIH a baissé de 11% dans les pays où intervient le Fonds mondial. Ces indicateurs très préoccupants nécessitent une réaction urgente et significative. Nous, personnes infectées, affectées et vulnérables au VIH, appelons les pays donateurs à augmenter de minimum 30% leur contribution au Fonds mondial. Seul cet engagement sans précédent permettra de garantir l’accès aux services de prévention et aux traitements dans certains pays comme le Gabon qui font face à une rupture totale des stocks d’ARV. Nous sommes à un tournant historique et l’heure est à l’action! Investir dès maintenant ce minimum de 18 milliards de dollars c’est choisir de sauver des millions de vies; c’est faire un choix économique durable et optimal puisque chaque dollar dépensé dès aujourd’hui dans la riposte à ces trois maladies permet d’économiser 31 dollars en coûts de santé plus tard. L’objectif d’un monde sans sida d’ici 2030 ne peut être atteint sans une mobilisation effective et un ferme engagement des pays soutenus par le Fonds mondial. En cela,nous saluons l’implication personnelle des présidents de la République Démocratique du Congo, du Kenya, du Rwanda, du Sénégal et de l’Afrique du Sud dans la campagne de reconstitution du Fonds mondial. Nous leur demandons de maintenir ce leadership et de plaider auprès de leurs homologues pour une mobilisation des ressources nationales indispensables pour mettre fin au sida, soit 45% du besoin financier nécessaire pour la période 2024-2026. Impliquer les personnes concernées Dans les pays où il intervient, le Fonds mondial reste un allié de taille pour les populations vulnérables et marginalisées. Toutefois, ces personnes restent peu impliquées dans l’exécution des programmes financés par le Fonds mondial comme l’a révélé une enquête flash menée par Coalition PLUS et son membre français AIDES auprès de 18 organisations dans 11 pays de notre réseau. Pour une riposte efficace au VIH, nous demandons au Fonds mondial d’œuvrer pour une meilleure inclusion des communautés les plus vulnérables dans les prises de décisions, l’exécution et la coordination des programmes de santé dont elles sont bénéficiaires. Ce n’est qu’à cette condition que leurs besoins spécifiques de santé seront pris en compte dans l’élaboration et la mise en œuvre de la riposte à l’épidémie du VIH.