Temps de lecture : 5 minutesCrédit photo : Mojahid Mottakin via Unsplash Depuis quelques semaines, Chat GPT est sur toutes les lèvres : “chat GPT par ci, Chat GPT par là”. Cet outil conversationnel géré par l’intelligence artificielle suscite autant de fascination que de craintes. C’est pourquoi, nous avons voulu tester l’outil en lui posant une série de questions sur l’épidémie du VIH/sida. et voir quelles seraient ses réponses. Vérifions ensemble ses réponses à nos questions : Chat GPT : Quand l’épidémie du VIH/sida prendra-t-elle fin ? En tant qu’IA, je ne peux pas prédire l’avenir avec certitude. Cependant, il est important de noter que le VIH/sida est une maladie qui peut être gérée avec les bons traitements et les soins appropriés. De plus, il existe des méthodes efficaces de prévention, telles que l’utilisation du préservatif, la circoncision masculine, les programmes de réduction des risques pour les usagers de drogues injectables et la prophylaxie pré-exposition (PrEP) pour les personnes à haut risque. Le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde diminue depuis quelques années grâce à l’expansion de l’accès aux traitements antirétroviraux et à une meilleure prévention. Toutefois, la fin de l’épidémie dépendra de nombreux facteurs, notamment la mise en place de politiques efficaces de prévention et de soins, de l’investissement dans la recherche et la mobilisation des communautés pour faire face à cette maladie. Notre réponse : La réponse de Chat GPT est incomplète et doit être nuancée. Comme Chat GPT, Coalition PLUS ne peut pas prédire la fin de l’épidémie de VIH/sida avec certitude. Cependant dans sa réponse, Chat GPT indique que “le nombre de personnes vivant avec le VIH diminue”. Cette affirmation est fausse. C’est en fait le nombre de nouvelles infections et de décès qui diminue car le nombre de personnes vivant avec la maladie augmente en raison de la baisse de la mortalité précoce des séropositifs grâce à l’avancée des traitements et l’amélioration des politiques de dépistage. Néanmoins, il y a encore trop de contaminations et l’on observe une stagnation de la baisse de la mortalité. De plus, nous ne connaissons toujours pas l’impact de la baisse du nombre de dépistages au cours des deux années de pandémie de Covid-19 et craignons encore d’observer un rebond de l’épidémie. D’autre part, parmi les outils de prévention comme l’utilisation du préservatif et la PrEP, Chat GPT compte la circoncision masculine, en se basant sur les informations disponibles sur le web. Or il est erroné et dangereux de laisser penser que la circoncision représente un moyen de se protéger et de protéger ses partenaires d’une contamination au VIH, ou à quelque autre MST ou IST que ce soit. Enfin, les outils de prévention doivent être accessibles au plus grand nombre et non se limiter aux personnes à haut risque. En effet, rares sont les personnes qui se considèrent à “haut risque”. Or, plus on élargit le nombre de personnes adhérant aux outils de prévention, plus on aura de personnes particulièrement vulnérables au virus qui les utilisent. Pour finir, la défense des droits humains est essentielle si l’on veut mettre fin à l’épidémie. Les populations discriminées et marginalisées sont aussi celles qui ont le moins recours aux services de santé. Chat GPT : Quels critères doivent être réunis pour que l’épidémie de VIH/sida prenne fin ? Pour mettre fin à l’épidémie de VIH/sida, les critères suivants doivent être réunis : Couverture universelle du traitement antirétroviral pour les personnes vivant avec le VIH. Élimination des stéréotypes et de la discrimination à l’encontre des personnes vivant avec le VIH. Augmentation de l’accès à des moyens de prévention efficaces, tels que les préservatifs, le dépistage du VIH et les traitements préventifs. Éducation et sensibilisation à grande échelle sur le VIH et le sida. Investissement continu dans la recherche pour développer un vaccin et un traitement curatif pour le VIH/sida. Collaboration internationale pour renforcer les systèmes de santé et les infrastructures pour gérer l’épidémie de VIH/sida. Collaboration internationale pour renforcer les systèmes de santé et les infrastructures pour gérer l’épidémie de VIH/sida. Notre réponse : Chat GPT fait presque un sans faute sur cette question, mais il oublie un critère essentiel : L’élimination des stéréotypes et de la discrimination à l’encontre des populations marginalisées. Par exemple, les personnes issues de la communauté LGBTQIA+, les minorités de genre, les personnes migrantes, les personnes usagèresde drogues injectactables, les travailleurs-ses du sexe, etc. Chat GPT : A-t-on les outils pour y mettre fin aujourd’hui ? Oui, nous disposons actuellement de certains outils pour contrôler l’épidémie de VIH/sida, tels que : Traitements antirétroviraux efficaces pour les personnes vivant avec le VIH, qui peuvent prolonger leur vie et réduire le risque de transmission du virus. Moyens de prévention efficaces, tels que les préservatifs, les traitements préventifs et les tests de dépistage rapide du VIH. Sensibilisation et éducation sur le VIH/sida pour prévenir la stigmatisation et la discrimination. Investissements continus dans la recherche pour développer un vaccin et un traitement curatif pour le VIH/sida. Cependant, pour mettre fin à l’épidémie, il est nécessaire d’accroître la disponibilité et l’accès à ces outils pour toutes les personnes vulnérables à l’échelle mondiale, en particulier dans les pays à faible et moyen revenu. Notre réponse : La réponse de Chat GPT est juste et complète. En effet, en plus de l’éventail des outils de prévention et des traitements existants, la volonté politique est indispensable à l’éradication de l’épidémie. Chat GPT : Pourquoi n’existe-t-il pas de vaccin contre le VIH/sida ? Il n’existe pas actuellement de vaccin contre le VIH/sida en raison de la complexité du virus et de la manière dont il attaque le système immunitaire. Le VIH est capable de muter rapidement et de s’adapter aux défenses du système immunitaire, ce qui rend difficile la création d’un vaccin efficace. De plus, le VIH infecte les cellules immunitaires, les CD4, ce qui complique la production d’une réponse immunitaire forte contre le virus. Les essais cliniques de vaccins ont jusqu’à présent échoué à produire une protection durable contre l’infection par le VIH. Malgré ces défis, des efforts
Prévention drogues chez les jeunes : un centre de soutien ouvre à Bucarest
Temps de lecture : 2 minutesEn Roumanie, la consommation de drogues chez les adolescents est en constante augmentation. ARAS, association du réseau de Coalition PLUS est reconnue pour son expertise en matière de réduction des risques liés à l’usage de drogue. En février 2023, l’association ARAS a ouvert un centre de prévention et de soutien destiné à un public âgé entre 11 et 25 ans. Monica Dan, psychologue au sein de l’association depuis plus de 30 ans et coordinatrice du projet, nous en explique les raisons et les objectifs. Pionnière de la réduction des risques en Roumanie, ARAS s’engage dans la prévention drogues auprès des jeunes Depuis plus de 30 ans, ARAS aide les usagers de drogue et leurs proches à réduire leurs risques d’infection au VIH : programme d’échange de seringues, actions de sensibilisation, etc. Elle suit également les personnes sous méthadone, un traitement de substitution de l’héroïne. Travaillant au contact du public dans plusieurs quartiers de Bucarest, Monica constate chaque année une augmentation du nombre de jeunes qui poussent les portes des centres de l’association. Elle remarque aussi leur manque d’information sur les risques liés à la consommation de drogues. Selon elle, les drogues sont très bon marché en Roumanie, il est très facile de s’en procurer et le réseau de distribution s’est élargi, allant désormais jusqu’aux villages éloignés. Ouverture d’un centre de soutien et de prévention des drogues pour les jeunes En février 2023, l’association a ouvert un centre de soutien et de prévention pour adolescents et jeunes adultes. Ce centre accueille des jeunes âgés de 11 à 25 ans. Ce centre accueille des jeunes âgés de 11 à 25 ans pour des ateliers qui répondent à toutes les questions des jeunes : Comment réduire ses risques, Comment obtenir un traitement en cas de besoin, Comment parler de sa consommation à son entourage, etc. Le centre propose aussi des consultations thérapeutiques individuelles. Celles-ci s’adressent particulièrement aux adolescents-es les plus à risque de développer une addiction, mais sont accessibles à tous-tes. Cette initiative répond à un besoin insuffisamment couvert. En effet, depuis 2020 et la pandémie de Covid-19, il y a une augmentation de la consommation chez les adolescents, alors que très peu de services sont proposés à ce public. Par exemple, en milieu scolaire, seule 1 heure de prévention est dispensée. Le financement du centre de soutien pour les jeunes : un défi à relever Malheureusement, les financements pour la réduction des risques sont particulièrement difficiles à obtenir. Le centre est actuellement financé par l’association elle-même et fonctionne principalement grâce à l’implication de bénévoles. Cela met en danger la pérennité du centre, alors même que les services à l’égard de ce public sont très limités. Le projet a vocation à s’inscrire dans la durée, mais tout dépendra des fonds qui pourront être trouvés dans les prochaines années. Pour permettre la pérennité du projet et offrir des services de réduction des risques aux jeunes en Roumanie, il est essentiel que ce service perdure. Aidez le centre de soutien et de prévention pour adolescents et jeunes adultes en faisant un don dès maintenant. Je veux aider
La PrEP fait son entrée dans le nouveau centre de santé communautaire à Maurice
Temps de lecture : 3 minutesEn ce début d’année, la PrEP (prophylaxie pré-exposition), un traitement préventif au VIH, a fait son entrée en centre de santé communautaire à Maurice. « Bien que disponible à Maurice depuis 2019, la PrEP n’avait jamais été une réalité jusqu’à récemment » nous confie Patrice Monvoisin, responsable des opérations de notre association partenaire, PILS. Depuis septembre 2022, sa dispensation dans notre centre est possible grâce à une collaboration avec le Ministère de la Santé. Un accès renforcé à la PrEP constitue un progrès significatif pour une meilleure santé sexuelle Pour être efficace, la PrEP doit être adoptée par un grand nombre de personnes. Or selon les chiffres du Ministère de la Santé à Maurice, seules 89 personnes y auraient eu recours entre 2019 et 2022. Le succès espéré n’a donc jamais été au rendez-vous malgré sa gratuité et son efficacité à prévenir les nouvelles infections à VIH. Pour nous, c’était une évidence que la PrEP devait être dispensée au sein de notre association et ce, au plus proche des personnes. Mais, il a été difficile de convaincre les institutions publiques. C’est un travail de longue haleine que nous avons mené et par chance, nous avons bénéficié d’un parfait alignement des planètes. Patrice Monvoisin En quelques mois, plusieurs facteurs ont rendu disponible la PrEP auprès des publics de l’association. Les exigences des instances internationales et les efforts de plaidoyer du projet PrEP-Femmes ont fait de la PrEP un enjeu national majeur. Crédit photo : Centre Nou Vi La, Pride Maurice, PILS En ce sens, le 28 septembre 2022, le Ministre de la Santé a organisé une journée nationale de la PrEP. Notre association membre à Maurice a d’ailleurs participé à cette initiative en travaillant au lancement de la grande campagne nationale de communication. A la suite de cette journée, l’association a reçu l’autorisation de dispenser la PrEP en milieu communautaire, avec l’appui des médecins et des infirmiers détachés par le ministère. Dispensation de la PrEP dans le nouveau centre de santé communautaire Inauguré le 1er décembre 2022, le centre Banian est le seul lieu communautaire à Maurice où la PrEP y est dispensée. Crédit photo : Centre Banian, Maurice, PILS C’est un peu un grand rêve qui se réalise. Nous pouvons dispenser des services de santé essentiels dans un lieu convivial et communautaire. Patrice Monvoisin Ce centre offre des services de santé sexuelle et reproductive. Il est rattaché au centre Nou Vi La (« Nous vivons là », en créole) ouvert depuis août 2020. Les deux pôles de service sont côte à côte mais ils offrent des services distincts bien que complémentaires. Au centre Nou Vi La, l’aspect psycho-social y est privilégié avec des consultations psychologiques, des causeries, etc. Alors que le centre Banian propose des services médicaux : dépistage, prescription de la PrEP, centre de soins pour l’hépatite C, suivi des analyses des personnes vivant avec le VIH, etc. Bientôt d’autres services tels que le dépistage d’IST, la syphilis, la santé anale, la vaccination HPV et des services propres à l’addictologie y verront le jour. Patrice Monvoisin Par delà les murs du centre de santé pour toucher les communautés En mars 2023, le projet «PrEP mobile» a été lancée pour se rendre sur les lieux de rencontre des communautés. La PrEP mobile permet aux équipes de se déplacer vers les communautés plutôt que de les faire venir dans les centres de santé. Le centre Banian est ouvert en journée. Or, on sait que les communautés ont plutôt tendance à vivre la nuit. Donc, nous allons à leur rencontre et effectuons des tests à 1h ou 2h du matin. Bientôt d’autres services tels que le dépistage d’IST, la syphilis, la santé anale, la vaccination HPV et des services propres à l’addictologie y verront le jour. Patrice Monvoisin La lenteur des tests en laboratoire décourage l’utilisation de la PrEP Depuis son entrée au centre communautaire, le nombre de bénéficiaires a significativement augmenté. Cependant, une barrière persiste pour que les objectifs fixés soient atteints. Il s’agit de la lenteur du laboratoire central. En effet, avant de commencer le traitement, une personne doit passer plusieurs tests rapides (VIH, VHC, IST, etc.). Ensuite, un test en laboratoire doit confirmer le résultat. Mais, les résultats n’arrivent pas avant un mois, voire un mois et demi. Ceci entraîne une perte importante de bénéficiaires. Les équipes de terrain se découragent. Une personne intéressée par la PrEP se présente au centre. Mais, elle doit attendre trop longtemps. Entre-temps, certaines personnes contractent le virus. Ou bien, il faut tout recommencer parce que sur un mois voire plus, les personnes peuvent avoir pris des risques. C’est vraiment frustrant ! Patrice Monvoisin Aujourd’hui, la PrEP est une réalité grâce à une collaboration entre le ministère de la Santé et la société civile. Néanmoins, il reste encore de nombreux défis à relever pour améliorer son accessibilité et contribuer à la prévention de nouvelles infections à VIH.
Nada por nosotros, sin nosotros: 40 años de movilización comunitaria contra el sida
Temps de lecture : 4 minutesEste libro es fruto de la reflexión y el análisis de 40 años de lucha contra el sida en todo el mundo. Todos somos más o menos conscientes de los grandes éxitos de la lucha contra el sida en las décadas de 1990 y 2000. Así se ha salvado a millones de personas afectadas por el virus en todo el mundo, y se las sigue salvando al mantener a las personas en tratamiento, aunque a menudo en condiciones complejas. Sin embargo, somos mucho menos conscientes de la estrategia de movilización comunitaria que ha propiciado estos éxitos. Dra Hélène Rossert, para Coalition PLUS Descargar el libro Un libro para iniciar conversaciones sobre las aportaciones de la movilización comunitaria De hecho, su historia, sus aportes y las condiciones de su puesta en marcha, sobre todo en lo que respecta a los recursos humanos, no han sido objeto del interés global. Pretendemos aclarar estos aspectos para quienes hoy son parte de las organizaciones, donde el concepto aún es confuso, y para quienes son responsables del sistema de salud pública, que no tienen necesariamente una visión clara. Nuestra intención no es ofrecer un documento exhaustivo sobre este tema, sino iniciar conversaciones que aún no han tenido lugar, sugerir temas de investigación y, sobre todo, valorar el trabajo de las y los protagonistas implicados, algunos de ellos ya fallecidos. Otros continúan este trabajo comunitario con determinación, aunque a menudo con poco reconocimiento. Este análisis resulta necesario en un momento en el que la lucha contra el sida —con sus excepcionales contribuciones a la salud de la comunidad— ha dejado de ser una de las prioridades tanto de los responsables políticos como del sistema de salud pública. Si bien la lucha contra el sida no reivindica la invención de la salud comunitaria, ha aportado ejemplos de éxito en todo el mundo que se deben, sobre todo, a las y los activistas, así como a otras personas comprometidas con la prevención y el tratamiento del VIH, que suelen ser seropositivas. Esta labor se ha llevado a cabo gracias a la estrecha relación entre los derechos humanos y el acceso a la salud de las poblaciones estigmatizadas. Dra Hélène Rossert, para Coalition PLUS Homenaje a los activistas contra el sida Este libro es un humilde homenaje a ellas y ellos. Uno de los principales objetivos fue situar la lucha contra el sida en la escala de las principales declaraciones de salud comunitaria que se han ido desarrollando desde la década del ochenta, para ver si la respuesta al VIH cumplía con los criterios de salud comunitaria descritos en estas declaraciones internacionales de apoyo a la salud mundial. Además, hemos intentado destacar las principales lecciones de la movilización comunitaria en la lucha contra el sida que deberían servir ante otras pandemias, otras enfermedades y otros grupos de personas con escaso acceso a la atención sanitaria. Como se verá, la salud comunitaria va más allá del acceso a la atención sanitaria, ya que se ocupa también de los factores sociales determinantes de la salud. Por ello, no es de extrañar que la lucha contra el sida haya florecido ahí y haya hecho crecer a la salud comunitaria, demostrando que el respeto de los derechos humanos es el aspecto social y societario más importante para que las poblaciones condenadas al ostracismo puedan avanzar hacia una mejor salud y un mejor bienestar. As you will see, there is much more to community health than access to healthcare, as it also focuses on the social determinants of health. Therefore, it is no surprise that the fight against AIDS improved community health by proving that respect for human rights is the most important social and societal factor by empowering ostracized populations to enjoy better health and well-being. Dra Hélène Rossert, para Coalition PLUS La salud comunitaria, parte integrante del enfoque global de salud pública Este libro va dirigido a todas las personas involucradas en la lucha contra el sida y, por supuesto, en la salud comunitaria, ya sea en el terreno, o bien como responsables de las políticas de salud pública. Pretende crear un puente que facilite una mejor comprensión de las preocupaciones de la población, para encontrar soluciones colectivas. De hecho, nunca está de más repetirlo: la salud comunitaria forma parte del enfoque global de la salud pública. Por tanto, hay que encontrar los lugares y, sobre todo, las personas que permitan este anclaje en el sistema de salud pública. Sin este firme anclaje, es ilusorio hablar de salud mundial. Los siete capítulos de este libro son relativamente independientes en su estructura y pueden leerse sin seguir un orden, según los intereses de cada lector o lectora. Una lectura lineal y en orden aportará más claridad, pero no es imprescindible. Por último, pero no menos importante, este libro se basa en las experiencias de las y los miembros de Coalition PLUS y de algunas otras organizaciones. Y esas experiencias reales ilustran pasajes que a veces pueden parecer hipotéticos. El objetivo de esta obra es también transformarse, criticarse y mejorarse para poder ser reapropiada. Que el concepto de salud comunitaria se aclare por fin y pueda difundirse como un enfoque fundamental de la salud pública en su dimensión de acceso a la asistencia sanitaria y prevención para las personas más marginadas de nuestras comunidades. Esto es lo que fomenta Coalition PLUS. ¡Ojalá disfruten de esta lectura! Dra Hélène Rossert, para Coalition PLUS Nos encontramos de nuevo en una encrucijada porque el mundo ha cambiado. De una epidemia que se está resolviendo, pero que aún no lo ha hecho, tenemos que aprender las lecciones que surgen del impacto que tiene el enfoque comunitario del VIH en todas las demás áreas de la sociedad y en el acceso a la salud para todos respetando los derechos humanos. Porque tanto hoy como ayer, y por supuesto mañana, ¡no hagan nada por nosotros sin nosotros! Vincent Pelletier, Ex Director general de Coalition PLUS (2008-2022) Vers la version française To the english version
Papillomavirus (HPV) : pour un accès mondial à la vaccination !
Temps de lecture : 2 minutesCOMMUNIQUE DE PRESSE Pantin, France, le 03/03/2023 A l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation autour des maladies induites par les papillomavirus (HPV), qui se tiendra ce samedi 4 mars 2023, Coalition PLUS appelle à la mise en place d’une stratégie mondiale d’accès au vaccin préventif pour que les nouvelles générations soient débarrassées des cancers dus au papillomavirus, qui tuent des centaines de milliers de personnes chaque année, notamment parmi les populations les plus vulnérables, comme les personnes vivant avec le VIH et les femmes. L’Organisation Mondiale de la Santé estime en effet qu’en 2020, 604 000 femmes ont contracté un cancer du col de l’utérus lié au papillomavirus humain (HPV) et près de 342 000 en sont décédées, dont 90 % dans des pays en développement. Si les cancers oro-pharyngés sont aussi liés à ce virus, le cancer anal est également l’une des conséquences graves d’une infection au papillomarirus humain, puisqu’on estime à 50 000 le nombre de nouveaux cas uniquement en 2020 et plus de 19 000 décès, autant chez les hommes que les femmes. Alors que l’incidence en population générale du cancer anal est rare, on estime qu’une personne vivant avec le VIH sur 100 développe chaque année un cancer anal, en raison notamment d’un système immunitaire plus faible et d’une prise en charge insuffisante dans les pays à revenus faibles et intermédiaires. Aujourd’hui, le dépistage et la prise en charge de l’HPV et des maladies induites restent encore largement insuffisants et des millions de personnes sont laissées seules face à leur maladie, notamment en raison des tabous associés aux symptômes et aux modes de transmission par voie sexuelle. Le faible nombre de professionnels de santé formés et qualifiés pose également un problème de prise en charge des complications liées au HPV par les systèmes de santé. Coalition PLUS, ONG internationale rassemblant près de 100 organisations de lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales, se mobilise pour lutter contre l’HPV. Chaque année, nous organisons dans les pays en développement des formations aux professionnels de santé travaillant auprès des populations les plus vulnérables et fournissons le matériel médical pour le dépistage et le traitement des pathologies liées au HPV, telles que les lésions précancéreuses, le cancer du col de l’utérus, le cancer anal ou les condylomes. Alors qu’il existe un vaccin efficace contre les cancers à HPV, celui-ci reste encore trop cher et peu accessible dans la plupart des pays. Il est insupportable de constater que des centaines de milliers de personnes développent des cancers à HPV alors qu’un vaccin proposé largement aux enfants et adolescents permettrait de les éviter. Mais ce vaccin reste réservé aux pays les plus riches. Nous en appelons donc à la mise en place d’une stratégie mondiale ambitieuse de vaccination accessible à toutes et à tous contre les papillomavirus humains sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), pour que les prochaines générations soient débarrassées des cancers à HPV. Pr. Mehdi Karkouri, Président de Coalition PLUS et professeur de médecine à Casablanca au Maroc
Les films et les séries, outils de vulgarisation de l’épidémie de VIH/sida
Temps de lecture : 3 minutesLes films comme les séries ont toujours été un bon moyen de vulgariser et de visibiliser certains combats sociaux. Ça a été particulièrement le cas pour l’épidémie de virus du sida. Le grand comme le petit écran ont permis de sensibiliser et d’informer le public sur cette maladie découverte au début des années 80. Les histoires que ces films et séries racontent souvent émeuvent et révoltent. A l’approche des fêtes de fin d’année, nous voulions vous proposer une sélection non-exhaustive de films, séries et documentaires à voir chez vous, sous la couette avec un bon chocolat chaud. Ces films américains qui parlent du VIH/sida Outre-Atlantique, l’industrie cinématographique a produit de nombreux films et séries retraçant l’histoire du VIH/sida et/ou mettant en scène un personnage séropositif. Ce n’est peut-être pas un hasard car les premiers malades identifiés l’ont été à Los Angeles en 1981. Par la suite, les réalisateurs se sont emparés de la thématique et l’ont abordé sous différents angles. https://www.youtube.com/watch?v=CKDz2LVHz0Y En 1993, sort à l’écran “Philadelphia”. Un film dramatique qui porte à l’écran Tom Hanks, Denzel Washington et Antonio Banderas. L’avocat qu’interprète Denzel Washington défend Tom Hanks devant son employeur l’ayant licencié à cause de sa séropositivité. Il faudra attendre les années 2010 pour voir le sujet du VIH/sida revenir à la mode au cinéma alors que l’épidémie s’estompe dans les pays occidentaux grâce aux traitements. https://www.youtube.com/watch?v=0BwcEvjiTZ0 “Dallas Buyers Club” sort en 2013 et met en scène Ron Woodroof (Matthew McConaughey), un cowboy violent, macho, homophobe etc. diagnostiqué séropositif en 1985. Avec une espérance de vie réduite à quelques jours et des traitements jusque-là inefficaces, il se lance dans la contrebande de médicaments qui semblent eux efficaces mais qui ne sont pas autorisés sur le sol américain. Un film qui a valu à Matthew McConaughey l’oscar du meilleur acteur en 2014. https://www.youtube.com/watch?v=fZxR9XHS0H8 Un an plus tard, “The Normal Heart” apparaît sur les écrans de cinéma, avec au casting Mark Ruffalo, Julia Roberts, Matthew Bomer et Jim Parsons. Le film débute en 1981 et retrace l’histoire d’un écrivan et activiste homosexuel (Mark Ruffalo) qui se bat contre une maladie encore inconnue. Effectivement, ce n’est qu’en 1985 que le mot SIDA sera prononcé pour la première fois par le gouvernement américain. Côté séries, les Etats-Unis ne sont pas en reste non plus https://www.youtube.com/watch?v=a4JTpq_PkMs Diffusée entre 2018 et 2021 sur Netflix, “Pose” raconte l’histoire de la Ball Culture, du voguing et des luttes LGBT+ au cœur des années 1980 à New York. Au cours du récit, deux protagonistes découvrent leur séropositivité alors que l’épidémie fait des ravages au sein de leur communauté. Également disponible dans le catalogue Netflix, la série “Murder” dont l’un des personnages principaux découvre sa séropositivité au cours de la saison 1. Mais, phénomène plus rare encore, la série aborde la PrEP et ça, c’est vachement cool. https://www.youtube.com/watch?v=Jgy0CDgy6zshttps://www.youtube.com/watch?v=a4JTpq_PkMs Enfin, “Looking” – déployée en deux saisons et un film – offre un aperçu du quotidien de trois amis gays vivant à San Francisco. La série met aussi en avant la séropositivité de l’un de ces trois protagonistes. En Europe, l’histoire du sida a aussi été racontée au travers de films et séries Si les États-Unis ont largement diffusé l’histoire du sida à travers le 7ème Art, l’Europe aussi l’a fait à de nombreuses reprises. En France, tout d’abord, avec Leos Carax et son deuxième long métrage : “Mauvais sang”. A l’heure où le syndrome d’immunodéficience acquise n’est pas encore évoqué, le jeune réalisateur trouve le moyen d’aborder l’épidémie de manière métaphorique. Plus tard, loin de la fiction imaginaire de Carax, le cinéma français revient sur l’épidémie en 1992 avec “Les Nuits Fauves” et en 2007 avec “Les Témoins”. https://www.youtube.com/watch?v=r_nJz2KTKIkhttps://www.youtube.com/watch?v=agXcuE85xTQhttps://www.youtube.com/watch?v=nFld_T_6c5Q En 2017 sort “120 battements par minute” largement récompensé. Le film nous ramène au Paris des années 90, en pleine crise du sida. Des milliers de jeunes meurent dans l’indifférence de l’État français et les militants d’Act-Up Paris se battent pour être pris en considération par les firmes pharmaceutiques qui doivent trouver un traitement efficace contre la maladie. https://www.youtube.com/watch?v=q4Jgg4uUVqI De l’autre côté de la Manche, en 2021 sort “It’s a Sin”. La série relate en cinq épisodes l’arrivée du virus à Londres au début des années 80 et sa propagation dans la communauté gay. https://www.youtube.com/watch?v=hnR5DxP2e2g Les films sur le sida sont restés bloqués dans les années 80-90 et focalisés sur les pays du Nord Bien que le cinéma soit un bon outil de compréhension, nous regrettons qu’il y ait si peu de films et de séries traitant de l’épidémie là où elle est aujourd’hui majoritairement concentrée. Le cinéma s’est donc beaucoup intéressé aux années 80-90, au moment où le virus faisait des ravages dans les populations du Nord : New York, Paris, Londres, etc. Aujourd’hui, il serait opportun de raconter aussi l’histoire des pays où l’épidémie continue de faire des morts chaque jour comme le Mozambique, la République Démocratique du Congo, la Malaisie, l’Afrique du Sud, etc. Afin de sortir de l’ethnocentrisme de l’industrie cinématographique occidentale, nous avons réussi à dénicher quelques long métrages racontant une autre histoire de l’épidémie. https://www.youtube.com/watch?v=QH5ASUavTbMhttps://www.youtube.com/watch?v=5W12dNet72Ehttps://www.youtube.com/watch?v=3-W_qzIKcxs
L’Essentiel 2021
Temps de lecture : < 1 minuteLabellisée Don en confiance, Coalition PLUS réalise chaque année un Essentiel, afin de donner au public une information claire et synthétique sur notre organisation, son action et l’utilisation de ses fonds. Télécharger l’Essentiel 2021 de Coalition PLUS
La recherche communautaire, source d’avancées majeures en matière de lutte contre le VIH
Temps de lecture : 2 minutesCoalition PLUS est l’une des rares ONG à disposer d’un laboratoire de recherche scientifique, spécialisé en recherche communautaire. Il réalise des études scientifiques dont l’objectif est de trouver, prouver et diffuser des solutions innovantes à des problématiques précises émanant du terrain pour faire avancer la lutte contre le VIH, les hépatites et la santé sexuelle. En 2017, Coalition PLUS avec AIDES, association française membre du réseau, dévoilaient les résultats de la plus grande enquête européenne jamais réalisée sur l’intérêt et l’utilisation de la PrEP. Aujourd’hui, la PrEP – traitement préventif contre le VIH – est en forte augmentation dans les pays du Nord et cette étude a largement contribué à son acceptation. Chercheurs-ses, faites avec nous! La recherche communautaire, c’est avant tout de la recherche classique, soumise aux mêmes exigences scientifiques. En plus de faire progresser la science elle poursuit un objectif de transformation sociale. En effet, les résultats de la recherche sont utilisés à des fins d’amélioration de l’accès aux services de santé et de plaidoyer politique. Cependant, elle intègre une spécificité : toutes les personnes concernées sont impliquées à chaque étape. Le fameux slogan « Rien pour nous, sans nous » scandé lors de la cinquième conférence du sida en 1989 est le fondement de la recherche communautaire. La lutte contre le VIH, pionnière de l’inclusion des bénéficiaires dans les processus de recherche scientifique les concernant Aujourd’hui, si d’autres secteurs répliquent en partie le mécanisme avec la recherche appelée « participative », les personnes concernées ne sont sollicitées qu’à quelques étapes du processus et ne sont souvent pas à l’initiative de celle-ci. Les recherches en sciences sociales s’intéressent à des populations spécifiques qui sont parfois difficiles à atteindre. C’est pourquoi, elle a pour ambition de mettre en place de nouvelles approches plus adaptés aux publics visés. Le cas du dépistage communautaire en Équateur En Équateur, nos chercheurs ont été interpellés pour établir la faisabilité et l’acceptabilité d’un programme communautaire de dépistage au VIH auprès des populations à risque dans la Ville de Quito. En effet, ces populations éprouvent de la méfiance envers le système de santé parce qu’ils ont peur de la perte de confidentialité et craignent d’être stigmatisées. Autant de barrières au dépistage du VIH qui ne demandent qu’à être levées. Formation d’une équipe pluri-disciplinaire Ouverture de deux centres de dépistage communautaire Création d’une équipe mobile sur les lieux de rencontre des populations les plus exposées au VIH Collection des données socio-démographiques, comportementales sur le dépistage Lupe Orozco Ramos, chercheuse communautaire à Kimirina – notre association membre Équatorienne – explique que « grâce aux bons résultats, les autorités nationales ont autorisé le dépistage communautaire dans d’autres zones de Quito et Guayaquil. De plus, le projet a également été étendu dans 5 autres villes du pays ayant un taux de prévenance du VIH élevés ». Ce dispositif élargi a permis de dépister 18.000 personnes en un an. Le cas de l’Équateur n’est pas isolé. Notre pôle de Recherche communautaire travaille sur de nombreux projets de ce type et dont les résultats sont sources d’avancées majeures dans la lutte contre le VIH.
Rapport d’activité 2021: Reprise importante des activités malgré la crise sanitaire
Temps de lecture : 2 minutesAvec la persistance de l’épidémie de Covid-19 et des restrictions affectant l’ensemble des secteurs d’activité, Coalition PLUS s’est attachée à donner les moyens de garantir l’accès et la continuité du dépistage et des soins à leurs bénéficiaires dans l’ensemble de notre réseau. Malgré la crise sanitaire, l’année 2021 a néanmoins été marquée par une reprise importante de nos activités, en particulier celles de renforcement de capacités. Consolider nos acquis et notre assise politique Faisant le constat que les conditions de fin de l’épidémie de VIH/sida pour 2030 fixées par l’ONUSIDA ne sont pas réunies, Coalition PLUS est engagée dans un processus de redéfinition de ses orientations stratégiques pour inscrire son action dans la durée et proposer des réponses durables aux besoins de santé et aux droits des populations clés et des organisations communautaire qui assurent un travail de proximité sur le terrain. En 2022, Coalition PLUS aura défini son nouveau projet associatif. Maintenir le VIH comme une priorité de l’agenda en santé mondiale Dans un contexte marqué par une désorganisation des systèmes de santé liée à la pandémie de Covid-19 et la volonté politique de revoir les stratégies globales d’anticipation, de préparation et de réactivité face aux pandémies, Coalition PLUS entend rappeler que l’épidémie de VIH/sida n’est pas terminée et que la mobilisation de 40 années a apporté une réponse structurante des systèmes de santé qu’il convient de maintenir pour affronter les défis nouveaux en santé mondiale. S’adapter à un monde qui change L’épidémie de Covid-19, le dérèglement climatique, la persistance de conflits armés, de tensions géopolitiques et de mobilités des populations génèrent des changements permanents en termes de besoins, de réponses et de dynamique de travail. Coalition PLUS entend intégrer dans son action et son organisation ces nouvelles donnes tout en maintenant le cap de contribuer à l’augmentation du nombre de personnes dépistées et sous-traitement pour mettre fin à l’épidémie de VIH. Je télécharge le rapport d’activités
Guerre en Ukraine : malgré le conflit, la Semaine Internationale du Dépistage a lieu
Temps de lecture : 2 minutesDepuis le début de la guerre, notre association membre en Ukraine – 100% Life – poursuit sa mission : dépister, informer, sensibiliser sur le terrain les populations les plus touchées par le VIH et distribuer les traitements. L’association a redoublé d’efforts et de créativité pour dépasser les obstacles générés par le conflit et répondre aux nouveaux besoins des populations vulnérables. Réorientation des actions du centre médical de 100% Life depuis le début de la guerre Dès le début des conflits, le centre médical à Kiev s’est transformé en un véritable centre humanitaire : 30 tonnes de médicaments ont été triés et distribués ; 6.500 kits de premiers secours ont été constitués et livrés aux forces armés et aux médecins ; 6.000 gilets pare-balles ont été distribués pour protéger ambulanciers, personnes de santé et travailleurs sociaux ; 38 tonnes de nourriture ont été livrées dans différents hôpitaux ukrainiens ; Trois véhicules électriques servent à l’évacuation des personnes, au transport des médicaments et du matériel humanitaire. Maintenir les personnes sous traitement malgré la guerre en Ukraine La guerre a complètement perturbé les chaînes de distribution classiques des traitements anti-VIH. Dès les premières semaines, les instances internationales et les associations de lutte contre le VIH ont craint une rupture massive des traitements antirétroviraux. Pour rappel, ce sont 245.000 personnes qui vivent avec le VIH en Ukraine. Grâce à leur réseau et leur connaissance du terrain, nos collègues de 100% Life ont pu déployer en un temps record un système de livraison rapide et efficace sur l’entièreté du territoire ukrainien et ce même dans les zones occupées. En tout, 209.600 traitements ARV ont été distribués par leurs soins. Aujourd’hui, toutes les personnes vivant avec le VIH ont reçu leur traitement pour l’année à venir. Certains parlent de la plus grande et la plus silencieuse opération de sauvetage de civils ukrainiens depuis le début de la guerre. Les médecins de famille mis à l’honneur lors de la Semaine Internationale du Dépistage La force de 100% Life, ainsi que de toutes les associations de lutte contre le VIH faisant partie du réseau de Coalition PLUS, réside dans leur approche communautaire. Les travailleurs-ses sont directement issus-es des populations infectées, affectées par le VIH, car ils-elles savent exactement où trouver leurs “pairs-es” et comment les aider au mieux. Au-delà des travailleurs-ses communautaires, 100% Life mise également sur les médecins de famille et leur relation de proximité avec les citoyens-nes. C’est la stratégie qu’ils ont choisi de développer et de promouvoir durant la Semaine Internationale du Dépistage.