140 millions d’euros manquant à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

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Les malades menacés par le budget 2017

De récents documents du projet de loi de finances[1] pour 2017, actuellement examiné par le Parlement, indiquent que la France ne tiendra pas ses engagements financiers auprès du Fonds mondial et d’UNITAID. Au total, entre 2014 et les prévisions pour 2017, la France réduit de près de 140 millions d’euros sa contribution à la lutte mondiale contre les grandes pandémies. Il est encore temps de revenir sur ce dernier budget du quinquennat de François Hollande pour que la France tienne ses promesses vis-à-vis des malades.

60 millions d’euros en moins pour UNITAID

Dans le détail, les documents budgétaires soumis au Parlement par le gouvernement indiquent une coupe de 30 millions d’euros en 2016 et 30 millions en 2017 contre UNITAID[2]. Soit, en rythme annuel, une amputation de 27% de la dotation française à cette institution internationale créée par la France, qui agit pour faire baisser le prix des traitements et diagnostics contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et l’hépatite C.

Aurélien Beaucamp, président de AIDES et administrateur de Coalition PLUS, déplore :  « Si la France, créatrice d’UNITAID, lui coupe de 27% sa contribution, c’est l’existence même de l’institution qui est mise en danger. Surtout, ce sont des millions de personnes pour qui l’espoir d’un traitement ou d’une guérison s’évanouit. »

Pierre Bergé, président de Sidaction, ajoute : « A l’heure où des politiques efficaces se déploient et apportent des réponses concrètes à des millions de personnes vivant avec le VIH, 140 millions d’euros en moins, c’est mettre directement en danger la vie de ces personnes. »

80 millions d’euros en moins pour le Fonds mondial[3]

Du côté du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, auquel le gouvernement avait promis une contribution de 1,08 milliard d’euros sur la période 2014-2016, il manque 80 millions d’euros. Le Secrétaire d’Etat chargé du développement, André Vallini, a démenti cette coupe devant les députés le 2 novembre dernier, expliquant que les 80 millions manquants seraient payés en 2017. Le mois dernier, il avait déjà « fermement démenti »[4] les rumeurs de coupes à UNITAID, pourtant confirmées dans les documents budgétaires actuels. Cette promesse de rattrapage doit donc se concrétiser au plus vite, en étant inclue dans les documents budgétaires, ce qui n’est pas encore le cas.

Friederike Röder, directrice France de ONE, alerte : « Si la France fait défaut sur ses engagements envers le Fonds mondial, ce serait une première, et un bien triste bilan pour François Hollande. Tous les Etats doivent respecter leurs promesses pour enfin arriver à bout de ces maladies évitables ».

Bruno Rivalan, directeur France d’Action Santé Mondiale, précise : « Les associations sont prêtes à mener un dialogue constructif avec le Président et le gouvernement, mais nous avons besoin de clarté. Nous demandons que les engagements pris par la France envers les deux institutions soient bien honorés d’ici au 31 décembre 2016 ».

Les associations demandent que le Président rectifie le tir et qu’il clarifie la manière dont la France compte tenir ses promesses vis-à-vis des malades du sida, de la tuberculose et du paludisme.

Signataires : Action Santé Mondiale / Act-Up Paris / Amis du Fonds Mondial Europe / AIDES / Coalition PLUS / ONE / Oxfam France / Sidaction / Solidarité Sida / Solthis


[2] Sur une base de 110 millions d’euros annuels.

[3]Le Fonds mondial reçoit de la part des Etats donateurs des promesses de dons sur un cycle de trois ans, mais versés annuellement. Le dernier cycle correspond aux années 2014-2016.

[4] « Lutte contre le sida : le monde mobilisé », dépêche AFP, 17 septembre 2016 : http://www.slateafrique.com/688033/lutte-contre-le-sida-le-monde-mobilise-%3F-montreal

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