4 pays obtiennent l’accès aux génériques contre le VIH et l’hépatite C : les activistes revendiquent cette victoire !

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Dr. Francisco Rossi, Fondation Ifarma, et Ed Low, MTAAG+

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Le 23 août dernier, le laboratoire pharmaceutique Gilead a annoncé qu’il autorisait l’importation de versions génériques de ses médicaments contre le VIH et l’hépatite C au sein de quatre nouveaux pays: la Malaisie, la Thaïlande, l’Ukraine et la Biélorussie. Bien que nécessaire, cette décision est perçue comme tardive par les activistes de ces pays qui se sont longuement battus pour arriver à ce résultat.

« Une manière pour Gilead d’éviter l’utilisation des ADPIC »

Cette soudaine déclaration de Gilead semble liée à la volonté du gouvernement malaisien d’utiliser une licence obligatoire d’utilisation gouvernementale pour garantir l’accès au traitement de l’hépatite C auprès de ces citoyens d’ici la fin de l’année 2017.

Pour Edward Low du Positive Malaysian Treatment Access and Advocacy Group (MTAAG+) : « À ce stade, nous ne pouvons pas encore nous réjouir, car l’annonce de Gilead n’est ni claire ni détaillée. Cette licence volontaire pourrait avoir des modalités restrictives. C’est clairement une manière pour Gilead d’éviter l’utilisation des ADPIC[1] par d’autres pays comme la Chine, le Brésil ou la Russie par crainte qu’ils suivent cet exemple. »

Des modalités encore floues

Les détails et modalités de la licence volontaire sont encore flous. Parallèlement, le retard pris dans l’accès effectif aux médicaments, bloquant ainsi des étapes telles que l’enregistrement des médicaments et l’amélioration des services hospitaliers, demeurent un véritable obstacle à la mise en place d’un accès universel aux médicaments.

Paisan Suwannawong du Thai AIDS Treatment Action Group ajoute : « Le gouvernement thaïlandais doit maintenant intensifier ses efforts pour faciliter la production de générique ou l’importation de médicaments contre l’hépatite C pour tous, en particulier pour les usagers de drogue chez qui la prévalence est extrêmement élevée. Les médecins doivent offrir de manière proactive le test de l’hépatite C à cette population ainsi qu’à toutes les autres populations à risque. Aussi, nous avons besoin de financements pour que des actions communautaires menées par les pairs soient mises en place pour améliorer l’accès à l’information, à la prévention, aux services et aux groupes de soutien. »

L’exclusion des pays à revenu intermédiaire

Même si cette étape est importante dans l’accès aux traitements pour ces quatre pays, Coalition PLUS pointe du doigt l’exclusion d’autres pays à revenu intermédiaire, comme le Brésil et la Colombie,  et suspecte Gilead d’utiliser cette offre comme un moyen d’empêcher les pays de faire valoir leurs droits pour soigner leurs patients.

Pour Francisco Rossi, de l’ONG Ifarma en Colombie : « la Colombie paie encore $5000 par traitement depuis les négociations régionales, ce qui est encore bien trop élevé comparé au prix des médicaments génériques dans d’autres pays. Étant donné que le gouvernement colombien ne s’implique pas dans l’accès aux anti-viraux à action directe (AAD), la Colombie n’est pas une menace pour Gilead, qui peut donc continuer d’ignorer les droits humains et utiliser des pratiques commerciales d’extorsion. Il est inacceptable que les pays à revenu intermédiaire soient considérés comme des marchés secondaires : ils doivent être inclus dans la licence volontaire tout comme ces 4 pays. »

José Roberto Pereira, de PBMQProjeto Bem-Me-Quer au Brésil, ajoute : « C’est évidemment une bonne nouvelle, mais cela nous attriste aussi car le Brésil ne fait pas partie des pays sélectionnés par Gilead. Aujourd’hui, le traitement coûte $9000 par personne. En cette période de crise économique, le ministère de la santé n’aura pas les ressources nécessaires pour payer les traitements pour les 13 millions estimés de citoyens vivant avec l’hépatite C. Le Brésil a besoin d’avoir accès aux génériques, soit par l’inclusion dans la licence volontaire de Gilead ou, si cela n’est pas possible, par la décision du gouvernement d’utiliser les ADPIC. »

Coalition PLUS félicite ses partenaires et remercie Unitaid

Coalition PLUS félicite ses partenaires en Malaisie et en Thaïlande – et les activistes ukrainiens et biélorusses – pour les résultats obtenus et remercie Unitaid pour son soutien financier envers la société civile pour la promotion des ADPIC comme un outil vital pour l’accès aux médicaments.

[1] Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce

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