Les promesses de l’anneau vaginal qui combat le VIH

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Un anneau vaginal - crédits Thinkstock

C’est une nouvelle avancée scientifique qui vient étoffer l’arsenal des dispositifs de lutte contre le VIH. Un anneau vaginal très particulier qui s’utilise de manière préventive. Celui-ci contient de la dapivirine, un nouveau médicament antirétroviral contre le VIH.

Les résultats prometteurs de deux études, ASPIRE et The Ring Study, ont été présentés lors de la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) et un article publié dans le « New England Journal of Medecine », une importante revue scientifique, détaille les résultats.

Une baisse des infections de respectivement 27% et 31%

Au total, ce sont des baisses du taux d’infection à VIH de respectivement 27% et 31% qui ont été mises en évidence dans les deux essais. Des résultats modestes, mais encourageants, qui n’ont pas trompé les participants de la CROI. Ces derniers ont en effet chaleureusement applaudi les chercheurs, leur réservant même une standing ovation. S’il n’y a pas d’efficacité avérée de ce nouvel outil préventif pour les femmes de moins de 21 ans, l’anneau peut s’avérer intéressant pour les femmes de plus de 21 ans, leur offrant des niveaux de protection plus élevés (56% dans l’étude ASPIRE et 37% dans celle de The Ring Study).

Les deux études ont démarré en 2012 dans plusieurs pays d’Afrique. Au total, plus de 4 500 femmes y ont pris part. Des rencontres mensuelles étaient organisées avec les participantes, au terme desquelles chacune d’entre elles recevait un nouvel anneau.

Un dispositif disponible au plus tôt en 2018

Dans un communiqué de presse, Jared Baeten de l’Université de Washington et responsable de l’étude ASPIRE, a déclaré à propos de ce nouveau dispositif qu’il s’agissait d’un « verre à moitié plein ».

« C’est le premier exemple d’une méthode de prévention de longue portée qui, comme nous l’indiquent les résultats, est extrêmement sûre et aussi efficace », a déclaré Jared Baeten. « C’est très facile à utiliser : il n’y a pas eu un seul cas où une femme n’a pu insérer l’anneau ou l’enlever à la fin du mois ». L’anneau permettra également aux femmes qui ne peuvent imposer le préservatif à leur partenaire de se protéger du VIH, d’une manière qui ne cause pas d’inconfort au quotidien et ne diminue pas le plaisir sexuel.

Il faudra toutefois attendre 2018 au plus tôt, avant une éventuelle commercialisation. Le temps d’enregistrer le produit et pour les agences de santé de l’étudier. Dans l’intervalle, les scientifiques vont poursuivre leurs recherches sur ce nouveau dispositif qui permet d’avancer dans la construction d’un monde sans sida.

Emmanuel Trenado, Secrétaire permanent de Coalition PLUS

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