Coronavirus : les associations communautaires se mobilisent !

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La pandémie de COVID-19 touche désormais l’ensemble de nos pays d’intervention. Tout en se mobilisant pour endiguer la propagation du coronavirus au sein de la population, sur le terrain, nos associations membres et partenaires adaptent leurs actions à destination des personnes vivant avec le VIH et des plus marginalisés-es. Un énorme défi qu’elles relèvent avec l’appui de Coalition PLUS, grâce à la mise en place d’un important fonds d’urgence.

Les populations les plus vulnérables au VIH et aux hépatites fragilisées face au coronavirus 

A l’heure où nous écrivons ces lignes, et alors même que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) le préconise, le dépistage du coronavirus est encore loin d’être systématique dans la plupart des pays touchés. La pénurie de masques met en danger le personnel soignant et ne permet pas une généralisation de cette mesure de protection à l’ensemble de la population. En conséquence, de nombreux Etats ont décidé d’appliquer, de manière plus ou moins stricte, des mesures de confinement afin de prévenir une propagation incontrôlée du virus. 

Malheureusement, ces mesures pèsent lourdement sur certaines populations déjà fragilisées et fortement exposées au VIH/sida et aux hépatites virales. “Des témoignages alarmants nous sont parvenus sur la situation des populations que nous suivons”, s’inquiète Hakima Himmich, Présidente de Coalition PLUS. “Pour survivre, des travailleurs et travailleuses du sexe sont contraints-es de maintenir leur activité professionnelle, et donc de contourner les mesures de confinement, au péril de leur santé. Par ailleurs, faute d’approvisionnement en produits de substitution, nous constatons des cas de sevrages forcés chez certaines personnes usagères de drogues. Enfin, le contrôle de l’épidémie est impossible dans les lieux fermés, comme les prisons et les centres de rétention, ce qui laisse craindre une explosion des infections parmi les personnes incarcérées et déplacées”.

En outre, la récession économique mondiale qui se profile suscite d’ores et déjà de très vives inquiétudes. Sans les dispositifs de soutien socio-économique adéquats, une explosion de la pauvreté est en effet à craindre. En conséquence, les associations communautaires anticipent un recul dramatique de l’accès à la santé, en particulier pour les plus précaires, qui survivaient déjà difficilement au jour le jour avant la crise.

Coronavirus : nos associations adaptent leurs actions de prévention en direction des populations vulnérables

Pour répondre à ces défis, Coalition PLUS appuie l’ensemble de ses associations membres et partenaires, afin qu’elles soient en capacité de réorganiser leurs actions, chacune dans son contexte national. Ainsi, toutes ont mis en place, dans la limite des moyens disponibles, les mesures nécessaires pour protéger à la fois leurs collaborateurs-rices et les personnes usagères de leurs services. Par exemple, à Bucarest (Roumanie), notre association membre ARAS a équipé le personnel de son centre de santé de masques chirurgicaux, ce qui permet d’assurer en toute sécurité la continuité des soins pour les personnes usagères de drogues.

L’équipe du centre de santé d’ARAS à Bucarest (Roumanie), 10 avril 2020

En France et au Portugal également, nos membres AIDES et GAT poursuivent leurs actions de réduction des risques liés à l’injection. En outre, à Maurice, l’association PILS plaide sans relâche auprès du gouvernement pour assurer le maintien de son programme d’échanges de seringues.

Parallèlement, les associations communautaires continuent de jouer leur rôle d’alerte auprès des pouvoirs publics. Elles pilotent ou se joignent à de nombreuses initiatives visant à défendre les droits fondamentaux des populations les plus fragiles, y compris leur accès à la santé. 

Confinement : assurer la continuité des soins pour les personnes vivant avec le VIH 

A condition d’avoir une charge virale indétectable et de ne pas présenter de co-morbidités (maladies cardiovasculaires, diabète, insuffisance respiratoire chronique…), les personnes vivant avec le VIH ne courent pas un risque plus important que les autres de contracter l’infection à coronavirus ou de développer des symptômes sévères de la maladie. Mais il est essentiel qu’elle puissent  poursuivre leur traitement, sous peine de développer des résistances et / ou un affaiblissement de leur système immunitaire, qui les exposeraient potentiellement à des formes graves du COVID-19. 

En Equateur, des consultations en télémédecine pour les migrants-es vivant avec le VIH

A cet égard, les associations communautaires jouent un rôle fondamental dans la continuité des soins. Ainsi, notre membre en Equateur, Kimirina, offre des consultations en télémédecine à ses patients, et notamment aux migrants-es vivant avec le VIH, dans la continuité du programme mis en place avec le soutien de l’ambassade de France. De son côté, IDH en Bolivie coordonne et organise la distribution de traitements antirétroviraux aux personnes vivant avec le VIH de Cochabamba.

Au Maroc, les médiateurs thérapeutiques de l’ALCS en première ligne

Au Maroc, les médiateurs de l’ALCS participent activement au dispositif exceptionnel de dispensation des traitements antirétroviraux, mis en place par le Ministère de la santé. “Concernant les personnes vivant avec le VIH déjà sous traitement et sans problème de santé particulier, désormais, ce sont les médiateurs thérapeutiques et sociaux de l’ALCS qui les contactent et leur remettent à domicile, ou par voie de courrier, leur traitement”, explique Mehdi Karkouri, Président de l’ALCS. “Les personnes vivant avec le VIH ont également la possibilité de contacter directement l’ALCS à travers les médiateurs thérapeutiques, le numéro vert de l’ALCS, sa page Facebook ou encore le service messagerie de l’association. Ainsi, ces personnes, qui sont en bonne santé, n’ont plus besoin de se rendre à l’hôpital pour récupérer leur traitement, désengorgeant les services de soins pour les malades urgents ou dont l’état de santé est grave”.

Au Burkina Faso, des stocks d’antirétroviraux

En Afrique de l’Ouest également, nos associations membres s’organisent pour l’accès au suivi et aux traitements de l’infection à VIH en temps de confinement. Afin de réduire les temps de présence des personnes sur les sites de dispensation, REVS PLUS, notre membre au Burkina Faso, prépare des stocks d’antirétroviraux pour plusieurs mois en kits. Au Mali, ARCAD Santé Plus maintient la dispensation des traitements, grâce aux mesures de protection prise pour les médecins et bénéficiaires de l’association. 

Au Québec, des soupers-discussions virtuels réservés aux personnes vivant avec le VIH

Les mesures de confinement peuvent constituer une grande source d’angoisse, et les personnes vivant avec le VIH n’échappent pas à ce phénomène. Pour maintenir les liens sociaux et promouvoir la solidarité entre pairs-es, les associations multiplient donc les espaces d’échange en ligne. Par exemple, au Québec, le Portail VIH/sida organise des soupers-discussions virtuels réservés aux personnes séropositives.

L’expertise communautaire, au service de la prévention de l’infection à coronavirus

Expertes en matière de prévention, les associations communautaires de lutte contre le sida sont aussi en première ligne pour sensibiliser les populations aux gestes barrières. Ainsi, notre membre au Sénégal, l’ANCS, organise des démonstrations de lavage des mains.

Enfin, soucieuses de délivrer une information claire et basée sur l’état des connaissances scientifiques, nos associations se battent contre la désinformation, notamment sur les réseaux sociaux. Par exemple, au Maroc, l’ALCS a diffusé une vidéo, en français et en arabe, pour combattre les idées reçues sur le COVID-19.

Symptômes, modes de transmission, mesures de prévention… Tout savoir sur le coronavirus (français)

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