Temps de lecture : 4 minutesDécouvrez comment la baisse des financement VIH mettent en péril la prévention, le dépistage et le traitement dans les pays les plus vulnérables.
Rapport d’activité 2024
Temps de lecture : < 1 minuteDéterminés-es ! À l’heure où la lutte contre le VIH est à un tournant, Coalition PLUS vous invite à découvrir son rapport d’activité 2024.Un bilan engagé, reflet d’une année marquée par la mobilisation des communautés face aux crises, aux reculs des droits et aux inégalités persistantes. Le rapport est disponible en deux formats et deux langues (FR / ENG) : 📱 Version interactive Cette version est destinée à une lecture sur écran (PC, tablette, smartphone). Français English 🖨️ Version imprimable Suivez les instructions suivantes pour une impression optimale du document : format A4 orientation : paysage impression : recto verso retourner sur bord court plier en deux pour une lecture brochée Français English Suivez-nous sur les réseaux Facebook Instagram Linkedin Youtube X-twitter Inscrivez-vous à notre newsletter Et ne rater plus aucune info du réseau Coalition PLUS ! Pour s’inscrire
[Tribune] : Coupes budgétaires : un danger pour la santé mondiale et le VIH
Temps de lecture : 4 minutesÀ la veille de la Marche des Fiertés de Paris, Coalition PLUS tire la sonnette d’alarme. Dans une tribune publiée dans Libération le 27 juin, Vincent Leclercq, directeur général de Coalition PLUS, et Camille Spire, présidente de AIDES, appellent à une mobilisation urgente face à ce désengagement…
Objectif 3×10% : une stratégie clé pour faire reculer le VIH
Temps de lecture : 2 minutesNous ne gagnerons pas la lutte contre le VIH avec les seules avancées médicales. Les barrières sociales, juridiques et économiques restent des freins majeurs à l’accès aux soins pour des millions de personnes à travers le monde. C’est un choix politique et financier. Dans un contexte marqué par la diminution drastique des ressources financières et la montée des attaques aux droits humains, la stratégie 3×10%, portée par l’ONUSIDA, poursuit un objectif de réduction des obstacles sociaux indispensables à la riposte au VIH. https://www.youtube.com/watch?v=yO5B-Jc7wZw&feature=youtu.be Qu’est-ce que l’objectif 3×10% ? Les services de prévention du VIH et de traitement n’atteindront les personnes que si les droits humains sont respectés, si les lois injustes à l’encontre des femmes et des communautés marginalisées sont abrogées et si le thème de la discrimination et de la violence est pris à bras le corps. Lancé dans le cadre de la Stratégie mondiale de lutte contre le sida, l’objectif 3×10% vise à réduire trois grands obstacles structurels à la réponse au VIH d’ici 2030: Moins de 10 % des personnes vivant avec le VIH ou des populations clés sont confrontées à la stigmatisation et à la discrimination. Moins de 10 % subissent des inégalités ou violences basées sur le genre, notamment les femmes et les filles. Moins de 10 % sont affectées par des lois ou politiques punitives entravant l’accès aux droits, à la justice et aux services de santé. Pourquoi ces objectifs sont-ils cruciaux ? «Les leaders mondiaux se sont engagés à mettre fin à la pandémie de sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030. Les dirigeants et dirigeantes peuvent tenir leur promesse, mais uniquement en s’assurant que la riposte au VIH dispose des ressources dont elle a besoin et que les droits humains de tous et toutes sont protégés» Directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima 1. Parce que la stigmatisation tue Quelqu’un qui vit dans la peur d’être discriminé hésitera à se rendre aux services de dépistage, de prévention et de traitement. Et chaque personne non diagnostiquée ou non traitée représente un risque accru pour la transmission du VIH. 2. Parce que les femmes et les filles sont en première ligne Les jeunes femmes et les adolescentes en Afrique subsaharienne représentent plus de 25 % des nouvelles infections par le VIH alors qu’elles ne constituent qu’environ 10 % de la population. Les violences et inégalités dont elles sont victimes aggravent leur vulnérabilité. 3. Parce que criminaliser ne soigne pas Criminaliser les populations vulnérables – qu’il s’agisse des travailleurs et travailleuses du sexe, des personnes LGBTQI+ ou des usagers et usagères de drogues injectables – ne fait qu’augmenter leur isolement et les empêcher d’accéder aux services. Une réforme législative est donc essentielle. La fin du VIH plus que jamais un choix politique et financier Les engagements pris par les dirigeants et dirigeantes pour mettre fin au sida d’ici 2030 sont encore réalisables – mais à une condition : que les droits humains soient pleinement intégrés à la réponse au VIH. Aujourd’hui, les populations clés représentent 55 % des nouvelles infections, contre 45 % en 2010. Un signe alarmant, qui montre que les barrières sociales n’ont pas été levées. Dans le monde, certaines réformes nationales ont montré que des avancées étaient possibles : intégration des soins VIH dans des systèmes d’assurance, reconnaissance des droits des minorités sexuelles, financements locaux innovants, etc. Mais ces efforts restent isolés. Une mobilisation politique mondiale est indispensable pour généraliser ces approches fondées sur les droits humains et reprendre en main ce problème de santé publique. Je fais un don
Support Don’t Punish : pour des politiques drogues centrées sur la santé et les droits humains
Temps de lecture : 3 minutesLancée en 2023, la campagne mondiale Support Don’t Punish, relayée par des centaines d’organisations communautaires à travers le monde, appelle les États à mettre fin à la guerre contre les drogues. L’objectif est de remplacer les politiques répressives par des approches fondées sur la santé et le respect des droits humains. A l’occasion de la journée d’action du 26 juin, Coalition PLUS réaffirme son engagement pour une stratégie ambitieuse des politiques drogues. Le point avec Soufia Bahm, Responsable Appui Technique au Plaidoyer chez Coalition PLUS. (Crédit photo : Viviane RAKOTOARIVONY, Madagascar) 2025, une année critique pour les politiques drogues L’année 2025 nous place collectivement à la croisée des chemins. Alors que l’efficacité des services de réduction des risques est prouvée, les attaques contre les services de santé communautaire s’intensifient : rupture de stock de médicaments vitaux, fermetures de programmes, criminalisation en hausse des personnes consommatrices de drogues et un désengagement politique massif. Partout dans le monde, les signaux d’alarme se multiplient. Or, pour Soufia Bham, Responsable Appui Technique au Plaidoyer chez Coalition PLUS c’est clair : « Pour atteindre l’objectif de zéro transmission du VIH d’ici 2030, il est indispensable que les États investissent dans la réduction des risques et abrogent les lois qui criminalisent les personnes qui utilisent des drogues. » La réduction des risques sauve des vies Partout dans le monde, la réduction des risques s’est imposée comme l’une des réponses de santé publique les plus efficaces à la consommation de drogues. Elle permet de sauver des vies, de prévenir les transmissions du VIH et des hépatites, et de mettre les personnes en lien avec les soins. Pourtant, malgré les preuves, ces services restent sous-financés, fragilisés ou inaccessibles à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Investir dans la réduction des risques n’est pas seulement une politique efficace : c’est une réponse essentielle à l’injustice, et une condition pour atteindre les objectifs mondiaux de santé. L’accès aux services doit être renforcé et protégé Les traitements de substitution aux opioïdes (TSO), les programmes d’échange de seringues, ou encore la distribution de naloxone portée par les communautés sont des services de santé essentiels. Pourtant, dans de nombreuses régions, ils demeurent hors de portée, en raison de la stigmatisation, de la criminalisation et du manque de volonté politique. « En 2025, nous assistons non seulement à de la négligence, mais à des menaces actives contre les infrastructures de santé publique dans le Sud global. Les ruptures de stock de produits vitaux et la fermeture de programmes communautaires mettent des vies en danger. », insiste Soufia Bham. Réformer les lois sur les drogues est urgent et nécessaire Les lois répressives sur les drogues ont alimenté pendant des décennies l’incarcération de masse, les violences structurelles, et les violations des droits humains. Elles n’ont pas réduit la consommation de drogues pour autant et ont au contraire accentué l’exclusion sociale et aggravé les crises de santé publique. Pour protéger la santé publique et garantir les droits humains, les Etats doivent décriminaliser l’usage de drogues, abroger les lois répressives et renforcer les services de réduction des risques. Ces trois étapes sont indispensables pour atteindre les objectifs mondiaux de santé, y compris l’élimination de la transmission du VIH/sida d’ici 2030. Les communautés reprennent le pouvoir Les personnes qui consomment des drogues savent mieux que personne ce dont elles ont besoin. C’est pourquoi, il est important de leur donner le pouvoir de concevoir, de mettre en œuvre et de défendre les politiques et les services qui leur sont adressés. Pour Soufia Bham, « associer pleinement les communautés à toutes les étapes de l’élaboration des politiques en matière de drogues est la seule voie durable vers un changement réel». Je fais un don
Suspension des aides financières américaines : à l’aube d’une insécurité sanitaire mondiale ?
Temps de lecture : 2 minutesLa lutte contre le VIH s’enlise dans une crise majeure Depuis l’annonce du gel des financements américains le 20 janvier dernier, la situation mondiale de la lutte contre le VIH connaît une détérioration rapide. Selon les modélisations de la plateforme PEPFAR Impact Counter, l’interruption des services aurait déjà entraîné un sur-risque de mortalité sur plus de 33 000 adultes et 3 500 enfants. Le paraphe de Donald Trump pourrait, selon l’ONUSIDA, provoquer 6,3 millions de décès supplémentaires d’ici à 2029. Cette décision provoque un effet domino dévastateur, en particulier dans les pays aux systèmes de santé déjà fragiles. Plus de 5 000 programmes de santé publique ont été arrêtés du jour au lendemain. Près de 73 % des financements mondiaux contre le VIH ont été stoppés abruptement.Sur le terrain, les effets sont immédiats et sans appel : des services fermés, des traitements interrompus, des patients-es abandonnés-es. « Nous travaillons toujours, mais bénévolement. Le propriétaire a mis un verrou sur la porte de la clinique parce qu’on n’a pas payé le loyer. On n’a plus accès aux dossiers des patients-es. » – témoignage anonyme du terrain Le désengagement des États-Unis provoque un séisme mondial Aujourd’hui, sans l’aide américaine, voici les effets dans le monde : Des cliniques ferment dans plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique latine Des pénuries de tests de dépistage, de traitements ARV, de PrEP et de préservatifs Des personnes doivent payer elles-mêmes leurs traitements, quand ils sont encore disponibles Les pairs éducateurs-rices ne sont plus indemnisés, et les populations marginalisées sont livrées à elles-mêmes « J’ai dû revenir à mon traitement d’avant, qui provoque de lourds effets secondaires sur moi, car nous n’avons plus les moyens d’acheter celui que je prenais. » – témoignage anonyme du terrain Des populations clés ciblées L’administration américaine a également instauré une censure dans les publications scientifiques, en interdisant l’usage de certains termes comme “femme”, “transgenre” ou “LGBT”. Pourtant, ce sont précisément les populations chez qui l’on observe les taux de prévalence et d’incidence les plus élevés. Cette offensive idéologique se traduit concrètement par l’arrêt de programmes essentiels à la prévention. Privées d’accompagnement communautaire, ces populations, déjà fortement stigmatisées, se retrouvent coupées de tout accès aux soins. Face à une insécurité sanitaire mondiale Le VIH n’a pas de frontières. Si l’épidémie repart dans certaines régions, le monde entier en paiera les conséquences. Comme le rappelle Vincent Leclercq, directeur général de Coalition PLUS, dans une interview pour Libération : « On est à la veille d’une insécurité sanitaire mondiale. Le risque est d’être face à un virus incontrôlable : des personnes en rupture de traitement vont rationner le peu de comprimés qui leur reste, et une dose insuffisante favoriserait les résistances. » Vincent Leclercq Selon l’ONUSIDA, le retrait du soutien américain pourrait entraîner d’ici 2029 : 6,3 millions de décès supplémentaires 8,7 millions de nouvelles infections 3,4 millions d’orphelins du sida Ce que fait Coalition PLUS Face à l’urgence, Coalition PLUS agit sur plusieurs fronts : Apporter une aide financière d’urgence aux associations communautaires en grande difficulté, Décrypter les décisions internationales pour informer et orienter les actions de terrain, Plaider pour la défense du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la paludisme et des mécanismes de financement innovants comme la Taxe sur les transactions financières (TTF), Accompagner les associations communautaires à participer à l’élaboration de stratégies d’autonomisation des systèmes de santé dans leurs pays, qui prenne en compte les besoins des communautés les plus à risque. Un don est notre seule garantie de stabilité et de résilience face à cette crise sans précédent. Faire un don
Reportage photo : à la rencontre des acteurs de la lutte contre le VIH au Sénégal
Temps de lecture : 5 minutesDès l’aube, leur téléphone en main, leurs doigts défilent sur Whatsapp, Instagram ou encore Snapchat. Ils ne sont pas en train de scroller leur fil d’actualité, mais ils prennent contact avec de potentiels de personnes à accompagner. Grâce aux réseaux sociaux, ils fixent un premier rendez-vous et les rassurent avant de les inviter à se rendre dans l’une des cliniques communautaires de l’ANCS au Sénégal. Ici, les cliniques mobiles vont à la rencontre des populations qui, souvent, n’ont pas accès aux structures de santé classiques. Dans des zones densément peuplées, marquées par la précarité, les risques de transmission du VIH sont plus élevés. Et pour beaucoup, franchir la porte d’un centre de santé reste lourd : la peur du regard, du jugement, ou de paroles blessantes les dissuade. Dans ces cliniques communautaires, une équipe pluridisciplinaire agit avec un objectif commun : créer un climat de confiance, pour permettre à celles et ceux qui n’ont jamais osé se faire dépister, pour accompagner un résultat positif, pour suivre une grossesse, ou encore pour proposer une prévention adaptée, comme la PrEP. Découvrez les visages de celles et ceux qui luttent contre le VIH au quotidien. « Le principe des cliniques communautaires, c’est d’aller vers les gens. Dans le système de santé habituel, c’est le malade qui se déplace. Nous, on inverse la logique », explique le Dr Dominique Sambou, médecin clinicien et coordinateur des cliniques communautaires au Sénégal. Dr Dominque Sambou Crédit photo : Mamadou Diop Les pairs éducateurs-ices : premier maillon de la chaîne de santé communautaire Crédit photo : Mamadou Diop Les pairs éducateurs-ices sont les premiers-ères intervenants-es de terrain, directement issus-es des groupes les plus touchés par l’épidémie de VIH, ils assurent le continuum des soins, allant de la prévention au suivi des personnes. « Notre rôle, c’est de faciliter le lien avec les structures de soin. On accompagne surtout les personnes perdues, celles qui ne savent pas vers qui se tourner. On les rassure, on les oriente, on les aide à faire ce premier pas », explique Moussa Badiana, pair éducateur à Ndorong. Moussa Badiana Crédit photo : Mamadou Diop Fodé Seydi, lui, travaille à l’hôpital de Kaolack. Il a 30 ans, et depuis 2018, il arpente les rues et les quartiers. « On va là où personne ne va. Mais ce n’est pas toujours simple. Sur le terrain, on peut se faire agresser, menacer… Il m’est arrivé d’être contrôlé par les forces de l’ordre, simplement parce que j’étais dehors à une heure “interdite”. Pourtant, c’est justement à ce moment-là que je peux rencontrer ceux qui ont véritablement besoin de nous. » Fodé Seydi Crédit photo : Mamadou Diop Mario, lui, a commencé son engagement à 18 ans. À l’époque, il n’avait pas encore le titre de pair éducateur mais il avait déjà cette volonté de participer à l’effort collectif de mettre fin au VIH. « J’ai commencé à l’hôpital. Petit à petit, j’ai été formé, accompagné. Aujourd’hui, j’informe sur la prévention, j’explique ce qu’est la PrEP, ce médicament qui protège du VIH. Mais je ne fais pas que parler de santé. Parfois, je suis la première personne à qui quelqu’un confie ses peurs, ses blessures, ses doutes. Alors je les écoute. Et si besoin, je les oriente vers un psychologue. L’essentiel, c’est qu’ils se sentent en sécurité, qu’ils comprennent qu’ici, ils ne seront jamais jugés. » Mario L’engagement des sage-femmes au service de la santé des femmes en milieu communautaire Elles sont là à chaque étape. Dans les cliniques communautaires, aux côtés des médecins, des biologistes et des pairs éducateurs, les sage-femmes jouent un rôle central pour la santé des femmes. Elles accueillent, écoutent, accompagnent — bien au-delà de la seule maternité. « Ce sont les pairs éducateurs qui orientent les patientes vers nous », explique Seynabou Soumaré Fall, sage-femme dans une clinique mobile. Seynabou Soumaré Fall « J’y réalise des consultations générales, gynécologiques, prénatales, postnatales, ainsi que de la planification familiale. Mais avant tout, je prends le temps de parler avec chaque personne, comprendre ce qui l’amène et ce dont elle a besoin. » Seynabou Soumaré Fall Crédit photo : Mamadou Diop Ici, pas de discrimination, l’objectif est de lever toutes les barrières. L’approche communautaire repose sur un principe simple : accueillir chaque patiente sans jugement, et surtout pas sur un ton paternaliste. « Les personnes vivant avec le VIH sont reçues comme toutes les autres. Il n’y a pas de différence. Il ne doit pas y en avoir », insiste Seynabou. « Si une personne vient demander la PrEP, je l’oriente. On propose un test de dépistage VIH et syphilis. Si c’est positif, on établit immédiatement le lien avec le laboratoire du district. Et si c’est confirmé, on commence le traitement antirétroviral. Sans attendre. » Seynabou Soumaré Fall À Thiaroye, Aminata Diéne est également sage-femme au sein de la clinique communautaire. Elle connaît les visages et les histoires de celles qui sont suivies parfois sur plusieurs mois.Mais dans ces cliniques communautaires, il n’y a pas de salle d’accouchement. « Officiellement, je ne peux pas donner naissance à un enfant ici. Alors quand une femme que j’ai suivie arrive à son terme, elle m’appelle dès qu’elle sent que le travail a commencé. » Aminata Diéné Crédit photo : Mamadou Diop Et là, tout s’enchaîne. « Je la rejoins et je vérifie que le travail est bien entamé. Si c’est le cas, je monte dans un taxi avec elle, direction le poste de santé le plus proche. Et une fois sur place, je reste. Je ne la laisse pas. Je procède à l’accouchement moi-même. Puis, je retourne à la clinique, pour continuer mes consultations. » Aminata Diéné L’analyse biologique, garante de la fiabilité des diagnostics Dans les cliniques communautaires, le rôle des biologistes est essentiel pour garantir la fiabilité des résultats. Lorsqu’un test rapide VIH revient positif, une confirmation en laboratoire est nécessaire avant d’initier un traitement. À Kaolack, Souadou Dia est analyste biologiste. Elle travaille au sein de la clinique communautaire et est chargée des vérifications indispensables avant tout diagnostic confirmé. «
Santé mondiale : une menace historique de reprise épidémique
Temps de lecture : 4 minutesLe rôle de la France dans la lutte contre les maladies L’impact des récentes décisions sur les financements mondiaux pour la lutte contre le VIH/sida, notamment la suspension par les États Unis en janvier 2025 du plan d’aide d’urgence à la lutte contre le sida à l’étranger (Pepfar) lancé par le président George W. Bush en 2003 et pierre angulaire de la lutte, constitue une menace immédiate et historique de reprise épidémique. Une suspension définitive de Pepfar entraînerait d ici 2029 la survenue de 6 millions de nouvelles contaminations et 4 millions de décès supplémentaires supplémentaires. Les retombées de cette décision se font déjà tristement ressentir : p lus de 40 000 personnes sont mortes à ce jour, dont plus de 4 000 enfants. Cette année représente un tournant majeur pour la santé mondiale, marquée par la suspension de Pepfar, et la reconstitution de plusieurs fonds multilatéraux en santé dont le Fonds m ondial, qui permet de financer la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme dans les pays en développement. La France, en tant que leader historique dans le domaine de la santé mondiale, est dans une position clé pour continuer à soutenir la lutte contre les pandémies, et ainsi renforcer les systèmes de santé et l’accès aux soins dans les pays les plus vulnérables. Un rôle de leadership incontournable pour la France La France a joué un rôle essentiel dans la lutte contre le VIH/sida et la riposte aux pandémies. La création du Fonds mondial et le soutien à l ONUSIDA sont des exemples concrets de son engagement en faveur de la santé mondiale. De plu s, par le biais de l institut Pasteur et de l ANRS MIE, la France a été pionnière dans le financement de la recherche sur le VIH et a contribué de manière décisive à la découverte de traitements innovants. Le président Emmanuel Macron a répété un engagement personnel fort, particulièrement depuis la reconstitution du Fonds mondial à Lyon en 2019, jusqu’à l inauguration de l’Académie de l’OMS à Lyon en décembre 2024. « Ce combat pour la santé mondiale est exigeant et je veux ici vous dire que la France l’assume et en est fière » déclarait il au forum sur la souveraineté sanitaire et l innovation vaccinale de juin 2024. La France a d ailleurs joué un rôle majeur à l OMS dans les négociations sur l Accord sur les pandémies, qui doit être adopté en 2025. Ces engag ements sont d’autant plus nécessaires dans un contexte mondial marqué par des défis de santé publique complexes. La France a une véritable opportunité de renforcer sa position de leader en soutenant des mécanismes de solidarité internationale qui auront un impact décisif sur la santé des populations vulnérables et sur la sécurité sanitaire mondiale. Les attentes des citoyens nes français es en faveur de la solidarité internationale Les Français-es manifestent un large soutien à l investissement de la France dans la santé mondiale. Une enquête réalisée par ViaVoice montre que 85% des Français es considèrent que la lutte contre le VIH doit rester une priorité de santé publique mondiale, et 91% estiment que des investissements coopératifs et solidaires dans la santé mondiale renforcent la sécurité sanitaire à l échelle planétaire. Ces données témoignent des valeurs de solidarité et de coopération qui animent les citoyens-nes français-es et soulignent l importance d un engagement continu de la France sur le financement de la santé mondiale. Les bénéfices pour la France d’un soutien renforcé à la santé mondiale Soutenir la lutte mondiale contre le VIH et les pandémies est dans l intérêt direct de la France, pour plusieurs raisons stratégiques : Renforcement de la sécurité sanitaire mondiale : les épidémies et pandémies n’ont pas de frontières et le soutien à la prévention de la propagation des maladies infectieuses renforce ainsi la sécurité sanitaire de tous les pays, y compris la France. Renforcement des partenariats internationaux : en continuant à investir dans la santé mondiale, la France consolide ses alliances internationales, en particulier avec les Nations unies et l Organisation mondiale de la santé (OMS). Cela renforce la position géopolitique de la France et son influence dans les discussions mondiales sur la santé. Impact économique positif à long terme : soutenir la lutte internationale contre les maladies infectieuses contribue à créer des sociétés plus résilientes et un développement économique. Cela diminue à terme les coûts sociaux et économiques liés aux épidémies et favorise un environnement mondial plus stable et prospère. Chaque dollar investi dans le Fonds mondial équivaut ainsi à 19 dollars de retour sur investissement. Nos propositions pour un soutien renforcé à la santé mondiale Face aux enjeux actuels, il est essentiel que la France continue d assurer un leadership dans la lutte contre le VIH et les autres pandémies. Pour cela, nous appelons le gouvernement à mettre en œuvre les quatre mesures suivantes : Augmenter le budget de l aide publique au développement, avec une attention particulière aux services de santé dans les pays des Suds. Cela inclut l accès à la prévention et aux soins essentiels, notamment pour la lutte contre le VIH et autres maladies infectieuses. Réinstaurer l’allocation des recettes des taxes innovantes (taxe sur les transactions financières et taxe sur les billets d avion) à la solidarité internationale , afin de garantir un financement ambitieux et pérenne pour la santé mondiale. Porter un soutien ambitieux au Fonds mondial tant sur le plan financier que politique, avec un engagement fort lors de la conférence de reconstitution prévue en fin d année. La France doit être un moteur de la reconstitution du Fonds mondial, contribuant ainsi à l élimination des grandes épidémies dans les années à venir. Protéger et renforcer l’Initiative, mécanisme bilatéral français clé qui soutient et amplifie les efforts du Fonds mondial et renforce les systèmes de santé communautaires, tout en permettant une meilleure préparation face aux futures pandémies. Téléchargez la note de positionnement Créée en 1984, AIDES est la première association de lutte contre le VIH/sida et les hépatites virales
[Communiqué de presse] AIDES et Coalition PLUS organisent une action coup de poing face à la menace historique de reprise mondiale de l’épidémie de VIH/sida
Temps de lecture : 2 minutes« Sida : toutes les 3 minutes, notre avarice tue ». C’est derrière ce slogan, dénonçant l’insuffisant investissement des pays riches dans la lutte contre le VIH/sida dans le monde, qu’une quarantaine de militants-es de AIDES et Coalition PLUS ont participé à un die-in place de la Concorde mardi 29 avril. Face à la menace immédiate et historique de reprise de l’épidémie de VIH/sida dans le monde, la France doit agir sans attendre ! AIDES et Coalition PLUS alertent depuis plusieurs semaines sur les décisions financières, à la fois nationales et internationales, impactant les financements mondiaux de la lutte contre le VIH/sida. Côté Etats-Unien, la suspension définitive du plan d’aide d’urgence à la lutte contre le sida à l’étranger (Pepfar) entraînerait d’ici 2029 la survenue de 6 millions de nouvelles contaminations et 4 millions de décès supplémentaires dans le monde. Côté français, l’érosion préoccupante de l’engagement dans la lutte est illustrée par deux décisions radicales. D’abord la coupe de 40% du budget de l’aide publique au développement. Ensuite, la remise en cause du principe de solidarité internationale, acté par la fin de l’allocation au développement des taxes sur les transactions financières et sur les billets d’avion. Crédit photos : Bastien André Un engagement Français nécessaire économiquement, politiquement et sécuritairement Après avoir tiré le signal d’alarme, AIDES et Coalition PLUS réclament que le gouvernement français passe à l’action. Un investissement fort dans lutte mondiale contre le VIH/sida et les pandémies est dans l’intérêt direct du pays, pour plusieurs raisons stratégiques, qui relèvent de la défense des droits humains et de l’accès universel aux soins, du renforcement de la sécurité sanitaire mondiale, ou encore de la diminution, à terme, des coûts sociaux et économiques liés aux épidémies. Retrouvez le détail des bénéfices pour la France d’un soutien renforcé à la santé mondiale dans la note de positionnement disponible en téléchargement. Alors que 85% des Français-es considèrent que la lutte contre le VIH doit rester une priorité de santé publique3, nous exigeons du gouvernement qu’il mettre en oeuvre les mesures suivantes : Augmentation du budget de l’aide publique au développement, avec une attention particulière aux services de santé dans les pays des Suds. Réinstauration de l’allocation des recettes des taxes innovantes à la solidarité internationale (taxe sur les transactions financières et taxe sur les billets d’avion). Augmentation du soutien au Fonds mondial, tant sur le plan financier que politique, avec un engagement fort lors de la conférence de reconstitution prévue en fin d’année. Retrouvez le détail des recommandations de AIDES et Coalition PLUS dans la note de positionnement disponible en téléchargement. Alors que 20 années de lutte contre le VIH/sida pourraient être sapées en quelques mois et que des milliers de vies sont en jeu, nos militants-es continueront à se mobiliser afin que leurs voix soient entendues. Téléchargez la note de positionnement Contact presse Coalition PLUS : Emilie Monod emonod@coalitionplus.org / 07 82 07 10 06
Parcours de vie, parcours de santé
Temps de lecture : 2 minutesCredit photo : Mishell Estefania Pozo Lomas/Coalition PLUS Parcours de vie, parcours de santé des usagers-ères dans quatre dispositifs d’Offre de santé sexuelle (OSS), mis en œuvre par des associations membres et partenaires de Coalition PLUS :– Le Spot & L’Antenne – AIDES et Le 190 (France)– Centre Access – Alternatives-Cameroun (Cameroun)– La Clinique des Halles – ARCAD Santé PLUS (Mali)– Centre communautaire de Quito – Kimirina (Équateur) Les populations clés vulnérables au VIH, aux hépatites virales et aux infections sexuellement transmissibles sont confrontées à des inégalités de santé en raison des nombreux obstacles qu’elles doivent surmonter pour accéder à des soins différenciés, adaptés à leurs besoins et respectueux de leurs droits humains Dans ce contexte, l’une des priorités stratégiques de Coalition PLUS est de promouvoir et de valoriser l’approche communautaire en santé portée par ses associations membres et partenaires. Cette approche repose sur : la participation effective des usagers à l’élaboration et à la mise en œuvre des actions qui les concernent ; la reconnaissance de leur expérience en tant que personnes vivant avec une maladie comme une source de savoirs et de compétences légitime et valable, utile à l’effort collectif de transformation sociale ; le plaidoyer en faveur de la démocratie sanitaire et d’un système de santé centré sur la personne, son meilleur état de santé et son pouvoir d’agir. Téléchargez le rapport FR L’une des spécificités de cette approche est de prendre en compte les déterminants sociaux de la santé, qui influencent directement l’état de santé d’une personne tout au long de sa vie. Des facteurs tels que le niveau d’éducation, le revenu, l’accès aux services de santé ou les normes culturelles peuvent impacter la vulnérabilité à l’infection par le VIH, l’accès au dépistage et au traitement, ainsi que l’évolution de la maladie. C’est précisément cette approche « parcours de vie – parcours de santé » qui a guidé l’analyse des quatre dispositifs OSS présentés dans ce rapport. Pour accompagner ce rapport, nous partageons également des fiches de synthèse, disponibles en français et en anglais, afin d’en faciliter la diffusion. le contexte national (contexte épidémiologique, accès des populations vulnérables aux services de santé sexuelle) ; les objectifs et les temps forts du développement du dispositif, les stratégies d’intervention (mobilisation du public cible, parcours de soins des usagers et articulation avec leur parcours de vie) ; les résultats obtenus (publics ciblés, services proposés, actions de plaidoyer en vue de l’intégration des dispositifs dans les stratégies nationales de santé publique) ; les défis rencontrés, les facteurs de réussite, les leviers et les enseignements tirés de cette expérience de mise en œuvre d’un dispositif communautaire en santé sexuelle. Téléchargez le rapport FR Download the fact sheet Téléchargez la fiche