Temps de lecture : 4 minutesEn octobre 2025 aura lieu la 8e reconstitution du Fonds mondial pour le VIH, la tuberculose et le paludisme, et dans un contexte où le financement de la santé mondiale est déjà mis à mal par l’administration américaine, nous avons voulu faire le point avec Ines Alaoui, responsable des politiques internationales de santé à Coalition PLUS. A l’occasion de la parution du sondage Viavoice pour AIDES et Coalition PLUS “Enquête d’opinion sur le financement de la santé mondiale et de la lutte contre le VIH”, elle répond à nos questions. Découvrez le sondage Q : Ines Alaoui, pouvez-vous nous présenter le Fonds mondial et expliquer à quoi il sert ? Inès Alaoui : Le Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme est un partenariat international créé en 2002 pour financer des programmes de prévention et de traitement dans les pays les plus touchés. Il réunit gouvernements, communautés et secteur privé pour éradiquer ces trois maladies. Pour sa huitième reconstitution des ressources, il appelle les pays contributeurs (USA, France, Allemagne, Japon…) à mobiliser 18 milliards de dollars dans le but de sauver 23 millions de vies, réduire drastiquement la mortalité liée à ces maladies – de l’ordre de 64% d’ici 2029 – et de bâtir des systèmes de santé plus résilients et équitables. Depuis 2002, le Fonds mondial a investi près de 67 milliards de dollars dans plus de 100 pays, permettant de sauver environ 65 millions de vies et de transformer durablement les réponses nationales aux épidémies. Au cours des deux dernières décennies, dans les pays où le Fonds mondial investit, les nouvelles infections à VIH ont diminué de 61% tandis que le nombre de décès liés au sida a chuté de 73%. Cette mobilisation combine l’expertise des gouvernements, du secteur privé et des communautés, garantissant une utilisation efficace des financements et une réponse adaptée aux besoins sur le terrain. Q : Pourquoi est-il crucial que la France participe pleinement à la reconstitution des ressources du Fonds mondial ? Inès Alaoui : L’impact du Fonds mondial est incontestable. Il a permis, par exemple, de réduire de manière significative le taux de mortalité combiné des trois maladies et de freiner l’incidence des infections. Grâce à ses investissements, le Fonds mondial a non seulement amélioré les soins et la prévention dans des contextes très fragiles, mais a également généré d’importants retours économiques – chaque dollar investi rapporte en moyenne 19 dollars de bénéfices en santé. Ce succès repose sur une approche partenariale alliant innovation, équité et efficacité, qui a renforcé la sécurité sanitaire mondiale. La France a une longue tradition de solidarité internationale, en particulier dans la lutte contre le VIH/sida. Aujourd’hui, face à l’arrêt des financements américains – qui menace de provoquer des millions de morts et un recul des acquis historiques – il est essentiel que la France prenne les devants et maintienne son engagement. Renforcer les contributions, c’est garantir que les progrès réalisés depuis vingt ans ne s’effondrent pas et que des millions de vies soient protégées. Q : Quels sont, selon vous, les impacts concrets de cet investissement sur la santé mondiale ? Inès Alaoui : Investir dans le Fonds mondial, c’est avant tout soutenir des programmes de prévention, de traitement et de recherche qui protègent la santé de tous et toutes. Les Français le savent : 9 sur 10 estiment que ce type d’investissement contribue à éviter la propagation des grandes pandémies et à améliorer la qualité des soins dans les pays en développement. Et ils ont raison : chaque euro investi rapporte largement en termes de bénéfices économiques et sociaux. Q : La récente enquête d’opinion révèle que 85 % des Français considèrent que la lutte contre le VIH/sida doit être une priorité de santé publique au niveau mondial. Que faut-il y voir ? Inès Alaoui : Ces résultats montrent une importante mobilisation citoyenne. Près de 8 Français sur 10 pensent que la France doit jouer un rôle majeur sur la scène internationale. Cela confirme que l’opinion publique française attend de ses dirigeants un engagement sans faille, non seulement pour protéger les populations vulnérables dans le Sud global, mais également pour prévenir une éventuelle recrudescence de l’épidémie en France. Q : Au-delà des impératifs sanitaires, quels enjeux économiques et stratégiques soulignent la nécessité de cet investissement ? Inès Alaoui : Investir dans la santé mondiale, c’est également agir pour la pérennité des systèmes de santé. Chaque euro investi génère jusqu’à 19 euros de bénéfices économiques, en évitant des surcoûts futurs liés à une prise en charge de crises sanitaires majeures. La santé n’est pas seulement un bien social, c’est un pilier de notre sécurité collective. Q : Quel message souhaiteriez-vous adresser aux décideurs politiques français à l’approche de la conférence de reconstitution du Fonds mondial ? Inès Alaoui : Il est impératif que le Président de la République et le gouvernement réaffirment sans délai l’engagement français dans la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Face aux enjeux de sécurité sanitaire et aux attentes de la population – comme le montre le sondage – la France doit annoncer une hausse de sa contribution au Fonds mondial. C’est une question de crédibilité, de responsabilité et de solidarité internationale. Q : Quel message souhaiteriez-vous adresser à l’occasion de la Journée mondiale de la santé ? Inès Alaoui : Je souhaite rappeler que la santé est un droit fondamental et que la coopération internationale est notre meilleure réponse face aux défis sanitaires. En soutenant le Fonds mondial, les États affirment leur engagement en faveur de la justice sociale et de la dignité humaine. Chaque contribution compte pour construire un monde plus résilient et équitable. Téléchargez le communiqué de presse
[Communiqué de presse] Enquête d’opinion sur le financement de la santé mondiale et de la lutte contre le VIH
Temps de lecture : 3 minutes“Enquête d’opinion sur le financement de la santé mondiale et de la lutte contre le VIH”, enquête Viavoice pour Coalition PLUS et AIDES Téléchargez le sondage À l’occasion du 7 avril, Journée mondiale de la santé, Coalition PLUS et AIDES publient les résultats d’une enquête d’opinion réalisée par l’institut Viavoice auprès d’un échantillon représentatif de la population française*. Les données, sous embargo jusqu’au 7 avril, démontrent clairement que les Français-es sont très préoccupés-es par les enjeux sanitaires mondiaux, particulièrement la lutte contre le VIH/sida, et attendent un engagement fort de la France sur la scène internationale. Dans quelques mois à peine aura lieu la reconstitution des ressources du Fonds mondial pour le VIH, la tuberculose et le paludisme, et dans un contexte où le financement de la santé mondiale est déjà mis à mal par l’administration américaine, nous appelons le Président de la République Emmanuel Macron à affirmer sans délai le soutien de la France à cet organe de financement multilatéral. Une large prise de conscience de l’urgence sanitaire mondiale 85 % des Français-es considèrent aujourd’hui la lutte contre le VIH/sida comme une priorité mondiale de santé publique, tandis qu’un tiers (33 %) en est même « tout à fait » convaincu. Cette mobilisation forte s’accompagne d’une conviction claire : pour 9 Français-es sur 10, investir dans la prévention et le traitement du VIH/sida, ainsi que de la tuberculose et du paludisme, permet de renforcer la sécurité sanitaire mondiale et de prévenir la diffusion de ces maladies. La solidarité internationale jugée essentielle Face aux pandémies mondiales, une majorité écrasante des Français-es souligne l’importance d’une réponse collective : 90 % estiment que la prévention des grandes pandémies nécessite une solidarité et une coopération entre tous les pays. Près d’un-e Français-e sur deux (47 %) exprime même une totale conviction à ce sujet. Forte inquiétude liée à la suspension du financement américain L’arrêt brutal du financement américain des programmes internationaux de lutte contre le VIH/sida suscite de profondes inquiétudes dans l’opinion française : 80 % des Français-es anticipent une dégradation significative de la prévention et des soins dans les pays en développement. Par ailleurs, 75 % craignent une hausse de la mortalité liée au VIH/sida, tandis que 65 % redoutent une augmentation des contaminations, y compris dans les pays occidentaux. En effet, les virus ne connaissent pas de frontières. Un recul dans la lutte contre les grandes pandémies aurait des conséquences dramatiques et coûteuses sur le système de santé français : des malades supplémentaires à prendre en charge, des coûts de soins plus élevés que ceux liés à la prévention, des virus plus difficiles à traiter en raison des résistances. Un appel à un engagement accru de la France Face à cette situation préoccupante, 78 % des Français-es affirment que la France doit jouer un rôle majeur dans la lutte contre le VIH/sida à l’échelle mondiale. Cette attente forte se traduit également sur le plan financier : malgré le contexte de rigueur budgétaire, plus d’un-e Français-e sur deux (53 %) est favorable à l’augmentation de la participation financière française au Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, Coalition PLUS et AIDES appellent ainsi les autorités françaises à entendre cette voix citoyenne. Le chef de l’Etat doit s’engager à augmenter la contribution française pour atteindre l’objectif de 18 milliards de dollars lors de la 8ème reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. *Étude réalisée en ligne par Viavoice pour Coalition Plus et AIDES du 19 au 21 mars 2025, auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population résidant en France métropolitaine âgée de 18 ans et plus. Téléchargez ce communiqué de presse Contact presse Coalition PLUS : Emilie Monod emonod@coalitionplus.org / 07 82 07 10 06
La suspension de l’aide américaine plonge la lutte contre le VIH dans une crise sans précédent
Temps de lecture : 4 minutesUn retrait brutal aux conséquences dramatiques Depuis deux décennies, les États-Unis sont le principal financeur de la lutte contre le VIH/sida, avec des investissements massifs dans les pays les plus touchés par l’épidémie. Cependant, depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a émis un ordre de suspension immédiate de toute aide étrangère pour une durée de 90 jours, en vue de la réévaluer, avant d’annoncer la suspension totale d’un nombre considérable d’entre elles. Cette décision brutale a plongé le secteur humanitaire dans le chaos, avec un impact particulièrement violent sur la lutte contre le VIH. Avec un budget annuel de 42,8 milliards de dollars, l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) représentait 42% de l’aide humanitaire mondiale. Son démantèlement crée un vide abyssal, mettant en péril des milliers d’organisations de santé, qui se retrouvent sans ressources pour poursuivre leurs missions. Les ONG, les institutions de santé et les programmes d’aide aux populations vulnérables sont pris de court, forcés de fermer des centres de soins et de licencier des milliers de professionnels de santé. Ces coupes du jour au lendemain et sans alternative montrent indéniablement les limites de l’aide bilatérale, mais elles soulignent également les fragilités de l’aide internationale. À ce jour, l’investissement domestique des États ne peut encore se substituer aux financements américains Inès Alaoui, Responsable des politiques internationales de santé pour Coalition PLUS U.S. Capitol Washington, Crédit Photo : Quick PS, Unsplash PEPFAR et USAID : des piliers de la lutte contre le VIH menacés par les coupes budgétaires américaines Au début des années 2000, les États-Unis ont joué un rôle majeur dans la lutte contre le VIH/sida en créant le President’s Emergency Plan for AIDS Relief (PEPFAR), un programme visant à endiguer la propagation du virus dans les pays les plus pauvres, majoritairement situés en Afrique. En deux décennies, ce programme a sauvé plus de 25 millions de vies, en finançant l’accès aux traitements, la prévention et l’éducation à la sexualité pour des millions de personnes. Avec la suspension de ces financements, les conséquences sont immédiates et dramatiques : 20 millions de personnes sous antirétroviraux (ARV) sont menacées d’une rupture de traitement. Sans médicaments, leur charge virale risque d’augmenter, mettant leur vie en danger et favorisant la transmission du virus. 90% des prophylaxies pré-expositions (PrEP) ne sont plus financées, exposant des millions de personnes à un risque accru d’infection. Les cliniques et centres de soins ferment en cascade, faute de moyens pour acheter des médicaments ou payer le personnel. Des patients, hier encore pris en charge, se retrouvent livrés à eux-mêmes, sans aucune alternative médicale. Les coupes de l’aide américaine ont des conséquences graves sur la lutte contre l’épidémie. On parle d’interruption des services et des traitements, d’une augmentation du nombre d’infections, d’un impact sur les services essentiels et d’une instabilité financière des association Inès Alaoui, Responsable des politiques internationales de santé pour Coalition PLUS Cette décision ne constitue pas seulement une crise humanitaire. C’est une régression historique. L’ONUSIDA alerte sur le fait que si ces coupes budgétaires se poursuivent, le nombre de nouvelles infections pourrait exploser et les décès liés au sida s’accroître de manière dramatique. UNAIDS estimates an additional 6.3M AIDS-related deaths between 2025-2029 & additional 8.7M adult new HIV infections by 2029 if PEPFAR were permanently halted and no other resources filled the gap. @ UNAIDS Global Quels impacts concrets de l’arrêt des financements américains sur le réseau Coalition PLUS ? Les associations du réseau Coalition PLUS ne sont pas épargnées. Certaines structures ont reçu l’ordre d’arrêter toute activité liée aux financements de l’USAID, ce qui entraîne une rupture brutale des services essentiels. Les conséquences directes sont : La fermeture ou réduction massive des services de dépistage et de soins. Les tests VIH deviennent rares, et les patients séropositifs ne peuvent plus bénéficier de leur suivi médical. Des pénuries de matériel médical et de traitements. De nombreuses associations signalent des stocks épuisés en préservatifs, tests de dépistage et PrEP, ce qui augmente mécaniquement le nombre de nouvelles infections. L’effondrement des ressources humaines. La moitié des associations du réseau subissent des pertes partielles ou totales du financement de leurs équipes, entraînant des licenciements massifs. 497 postes sont totalement suspendus, 197 postes partiellement affectés et plus de 1 000 pairs éducateurs privés d’indemnités. Conusltez l’enquête dans son intégralité Nous voyons déjà les conséquences… Certaines personnes doivent être accompagnées, prises par la main pour aller chercher leur traitement. On devait payer leur transport, leur donner parfois de quoi manger. Mais maintenant, comment vont-elles faire ? Qui va s’occuper d’elles ? Le travail est arrêté. Il n’y a plus personne pour les aider, pour leur rappeler leurs soins, pour leur donner à manger en cas de besoin. Pendant ce temps, le virus continue de se propager Pair éducateur Enfin, neuf structures du réseau sont particulièrement menacées. Elles dépendent à plus de 50% des financements américains et risquent de disparaître définitivement si aucune solution de financement n’est trouvée rapidement. Un retour en arrière inacceptable : il est urgent d’agir La décision de l’administration Trump met en péril des millions de vies et risque d’anéantir 40 ans de lutte contre l’épidémie. Le monde fait face à un tournant décisif : une génération sans sida peut voir le jour dans plusieurs régions du globe. Mais aujourd’hui, faute de financements alternatifs rapides, des pays entiers sont à nouveau menacés par une résurgence du virus. Si cette décision n’est pas renversée, si les financements ne sont pas rétablis, nous assisterons à une catastrophe sanitaire. Vous pouvez agir dès maintenant ! Face à cette situation critique, chaque don compte. En soutenant Coalition PLUS, vous permettez à nos associations partenaires de continuer à assurer l’accès aux traitements, aux tests et aux services de prévention grâce au travail indispensable des pairs éducateurs. Faites un don aujourd’hui ! Je fais un don
Appel À Manifestation D’intérêt 2 – Fabrique des Dialogues
Temps de lecture : 4 minutesCet AMI est destiné aux activistes et associations communautaires du continent africain, ayant des besoins techniques et financiers d’appui au plaidoyer dans leurs pays.
Étude RISE : publication du rapport final sur l’engagement des communautés au Fonds mondial
Temps de lecture : 4 minutesEnglish version below Après plus d’un an de travail et une collecte de données dans plus de 80 pays, le groupe RISE (pour Représentation, inclusion, pérennité et équité) a publié le 22 avril 2024 son rapport final sur l’engagement des communautés auprès des instances de coordination nationale (ICN/CCM) du Fonds mondial. Les principales conclusions ont été présentées lors d’un événement parallèle au 51ème Conseil d’administration du Fonds mondial à Genève, en mettant en lumière les expériences des communautés engagées dans les ICN et en formulant des recommandations concrètes fondées sur des données probantes. En juillet 2024, pendant la conférence internationale sur le VIH (IAS) à Munich, l’étude RISE a reçu le prix Robert Carr pour la recherche, qui récompense tous les deux ans une étude qui permet le rapprochement entre la recherche et les communautés dans des perspectives de changement social en faveur des droits des personnes vivant avec le VIH. Un projet de recherche communautaire L’étude RISE est un projet de recherche communautaire indépendant dirigé par un comité de pilotage composé de 13 membres issus de 11 pays, avec des représentants de AIDES, amfAR, Association de lutte contre sida, Coalition Plus, Malaysian AIDS Council, Ishtar MSM, MATRAM, the O’Neill Institute for National and Global Health Law, Positive Generation, REVS+, SISTERS Foundation, Treatment Action Campaign, et Uganda Young Positives. Le comité de pilotage est composé de représentants des ICN, de plaideurs et de partenaires universitaires et de recherche au niveau international. Par le biais d’une méthodologie de recherche mixte dirigée par les communautés, l’étude RISE a révélé le rôle essentiel que jouent les ICN dans le partenariat avec le Fonds mondial, en tant qu’espace vital pour l’engagement, la supervision et la participation des communautés. L’étude a permis d’identifier plusieurs recommandations clés pour renforcer l’engagement communautaire dans les espaces de gouvernance, mieux équiper les représentants communautaires des ICN dans leur rôle de supervision et favoriser un engagement et un leadership significatifs. Ces résultats soulignent le besoin crucial d’une participation communautaire solide à tous les stades du cycle du Fonds mondial. Le rapport a été officiellement présenté lors d’un événement parallèle intitulé « Renforcer l’engagement des communautés dans les ICN : Perspectives et opportunités basées sur les données de l’étude RISE » en marge de la réunion du Conseil d’administration, avec le co-parrainage des délégations du Conseil d’administration représentant l’Afrique de l’Ouest et centrale, l’Afrique de l’Est et australe, l’Allemagne, le Canada, l’Australie et la Suisse, les communautés; les États-Unis, les Fondations privées, la France, et les ONG des pays en développement. Le Secrétariat du Fonds mondial a participé à l’événement, avec des remarques du CCM Hub et du département CRG (Communautés, droits et genre). L’équipe de l’étude RISE travaille actuellement à la matérialisation et l’implémentation de ses recommandations à l’échelle internationale pour assurer un engagement réel, pérenne et transformatif des communautés dans leur diversité au sein des ICN. Télécharger le rapport Le rapport final est disponible en français et en anglais. Des versions en espagnol, portugais et russe sont en cours de traduction. Contacts presse Pour les demandes média en français, veuillez contacter Léo Deniau (AIDES) ou Serge Douomong Yotta (Coalition PLUS) Pour les demandes média en anglais, veuillez contacter Dr. Jennifer Sherwood (amfAR) ou Alana Sharp (Data Etc.) RISE Study: Publication of the Final Report on Community Engagement with the Global Fund After more than a year of work and data collection in over 80 countries, the RISE group (Representation, Inclusion, Sustainability, and Equity) published its final report on community engagement with the Global Fund’s Country Coordinating Mechanisms (CCM), on April 22, 2024. The main findings were presented at a side event during the 51st Global Fund Board Meeting in Geneva, highlighting the experiences of communities engaged in the CCMs and providing concrete recommendations based on evidence. In July 2024, during the International AIDS Society (IAS) conference in Munich, the RISE study received the Robert Carr Research Award, which biennially recognizes a study that bridges research and communities towards social change for the rights of people living with HIV. A community research project The RISE study is an independent community research project led by a steering committee composed of 13 members from 11 countries, with representatives from AIDES, amfAR, Association de lutte contre sida, Coalition Plus, Malaysian AIDS Council, Ishtar MSM, MATRAM, the O’Neill Institute for National and Global Health Law, Positive Generation, REVS+, SISTERS Foundation, Treatment Action Campaign, and Uganda Young Positives. The steering committee includes CCM representatives, advocates and international academic and research partners. Through a community-led mixed-methods research approach, the RISE study revealed the essential role CCMs play in the Global Fund mechanism as a vital space for community engagement, oversight, and participation. The study identified several key recommendations to strengthen community engagement in governance spaces, better equip CCM community representatives in their oversight roles, and foster meaningful engagement and leadership. These findings underscore the critical need for strong community participation at all stages of the Global Fund cycle. The report was officially presented at a side event titled “Strengthening community engagement in CCMs: Data-driven insights and opportunitiesfrom the RISE study” on the sidelines of the 51st Board Meeting, co-sponsored by the Board constituencies representing West and Central Africa; Eastern and Southern Africa; Germany; Canada, Australia, and Switzerland; Communities; the United States; Private Foundations; France, and Developing Countries NGOs. The Global Fund Secretariat participated in the event, with remarks from the CCM Hub and the Communities, Rights and Gender (CRG) department. The RISE study team is currently working on materializing and implementing its recommendations on an international scale to ensure real, sustainable, and transformative engagement of communities in all their diversity within the CCMs. Download the report The final report is available in French and English. Versions in Spanish, Portuguese, and Russian are being translated. Press contacts For media inquiries in French, please contact Serge Douomong Yotta (Coalition PLUS) or Léo Deniau (AIDES) For media inquiries in English, please contact Dr. Jennifer Sherwood (amfAR) or Alana Sharp (Data Etc.) Je fais un don
Mpox en Afrique Centrale et de l’Est : une épidémie alarmante
Temps de lecture : 5 minutesUne urgence sanitaire mondiale qui frappe durement l’Afrique L’épidémie de Mpox a été déclarée Urgence de Santé Publique de Portée Internationale par l’OMS en août 2024. Si l’épidémie semble sous contrôle dans de nombreuses régions du monde, l’Afrique Centrale et de l’Est reste gravement touchée, avec la République Démocratique du Congo (RDC) comme épicentre. En 2024, plus de 26 000 cas ont été recensés sur le continent, dont 96 % en RDC. Partie de la RDC, l’épidémie s’est rapidement propagée, touchant aujourd’hui des pays jusque-là épargnés, tels que le Burundi, le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda. Au Burundi, le premier cas a été signalé le 25 juillet 2024. Face à cette situation, notre association partenaire burundaise est impliquée dans la réponse à cette crise sanitaire. Ingrid Sikitu, coordinatrice pour la région Afrique Centrale et de l’Est de Coalition PLUS, nous en parle. Une propagation inégale et un défi sanitaire pour l’Afrique Depuis le 25 juillet 2024, 1 579 cas de Mpox ont été confirmés au Burundi, soit un taux de positivité préoccupant de 44,5 % parmi les 3 454 tests réalisés (source : Ministère de la Santé Publique et de Lutte contre le SIDA, 30 octobre 2024). Ces données illustrent une transmission active de la maladie, exacerbée par des conditions sociales et sanitaires fragiles qui favorisent sa propagation. « Cette propagation rapide s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord, des systèmes de santé fragiles limitent la capacité de dépistage et de prise en charge. Ensuite, la stigmatisation sociale décourage certaines personnes à risque de chercher des soins. Enfin, l’accès inégal aux vaccins reste un défi majeur, avec une couverture encore insuffisante malgré les efforts déployés par l’OMS et les partenaires locaux. », précise Ingrid Sikitu. Ingrid Sikitu Une réponse coordonnée au Burundi Au Burundi, notre association partenaire locale joue un rôle crucial dans la gestion de l’épidémie, grâce à des mesures adaptées et à une vigilance accrue. Ingrid Sikitu, coordinatrice de la région Afrique Centrale et de l’Est pour Coalition PLUS, explique les initiatives clés mises en œuvre pour contrer l’épidémie de Mpox dans son pays : « Nous avons renforcé la surveillance épidémiologique en participant activement à la commission de surveillance du Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP), ce qui a considérablement amélioré la capacité de réponse nationale. Une commission interne dédiée au Mpox a également été mise en place pour identifier les cas suspects, qui sont rapidement pris en charge dans des centres spécialisés. Sur le terrain, nous avons instauré des mesures de prévention essentielles, comme le lavage des mains, la prise de température, la création d’espaces d’isolement et l’utilisation d’un véhicule dédié pour transporter les cas suspects vers les sites de prise en charge. » Ingrid Sikitu Ces actions permettent de limiter la propagation du virus tout en offrant un accompagnement efficace aux personnes suspectées et/ou touchées. Agir ensemble pour une réponse efficace Le Mpox continue de représenter un défi majeur en Afrique Centrale et de l’Est, notamment au Burundi, où des efforts coordonnés entre acteurs locaux et internationaux sont cruciaux. Grâce aux actions menées par notre association locale, la réponse s’intensifie, mais un soutien accru est nécessaire pour renforcer les capacités de dépistage, élargir la vaccination et combattre la stigmatisation. Je fais un don En savoir plus sur le MPox Qu’est-ce que le Mpox ? Le Mpox est une maladie virale contagieuse causée par l’orthopoxvirus simien, réparti en deux principales variantes: Clade I (variante centre-africaine) : prévalant en RDC et dans les pays voisins,cette variante est associée à une mortalité élevée (jusqu’à 11 % des cas) et à une transmission rapide. Clade II (variante ouest-africaine) : présent au Nigeria, en Côte d’Ivoire et en Europe, cette variante est moins grave, avec une létalité maximale de 6 %. Quels sont les symptômes les plus courants chez les personnes atteintes de Mpox ? Les premiers symptômes de la Mpox sont les suivants : des éruptions cutanées des maux de tête de la fièvre des frissons des sueurs l’enflure des ganglions lymphatiques des douleurs musculaires de la fatigue des maux de gorge Les symptômes qui apparaissent habituellement de un à trois jours après le début de la fièvre sont les suivants : éruptions ou plaies à la paume des mains et/ou à la plante des pieds éruptions ou ulcères dans la bouche éruptions ou lésions sur les organes génitaux et/ou à l’intérieur ou autour de l’anus ou du rectum douleur ou saignement à l’anus ou au rectum La période d’incubation est généralement de 6 à 13 jours mais peut varier de 7 à 21 jours. Les symptômes peuvent disparaître en 2 à 4 semaines avec une prise en charge adéquate. Quelles sont les populations les plus exposées ? Certaines populations présentent un risque particulièrement élevé face au Mpox, en raison de leurs comportements ou de leurs environnements professionnels : Personnes ayant des partenaires sexuels occasionnels, nouveaux ou multiples, notamment dans des réseaux où la transmission interhumaine est soutenue. Hommes gays, bisexuels et HSH, chez qui le contact rapproché favorise la propagation du virus. Professionnels-elles du sexe, en raison de leur exposition fréquente et prolongée à des contacts physiques non protégés. Soignants sans équipements de protection individuelle et prestataires de première ligne s’occupant des patients-tes atteints-tes de Mpox. Préleveurs d’échantillons et personnel de laboratoires, particulièrement exposés lors des tests de dépistage. Partenaires et membres de la famille vivant sous le même toit qu’une personne infectée, soumis à des contacts étroits et réguliers. Personnes en contact avec des animaux sauvages, notamment dans les zones forestières d’Afrique centrale, orientale et occidentale, où le virus circule entre les humains et les animaux. Quels sont les principaux modes de transmission du MPox ? le contact direct avec la peau (peau à peau) le contact direct avec des lésions cutanées, des gales et des liquides corporels, en particulier par contact sexuel les sécrétions respiratoires (par exemple, lorsqu’une personne tousse ou éternue) le contact avec des matières contaminées par le virus (par exemple, literie, lingerie, serviettes, pansements pour lésions, aiguilles, ustensiles de
Bilan positif pour les cliniques mobiles au Sénégal
Temps de lecture : 3 minutesUne initiative adaptée pour répondre aux défis locaux Il y a cinq ans, notre association partenaire au Sénégal, avec l’appui de Coalition PLUS, a lancé un programme ambitieux de cliniques mobiles. Inspirées du modèle malien, ces cliniques sont conçues pour compléter les cliniques dites “fixes”, en apportant directement les soins aux populations clés vivant dans des zones difficiles d’accès. Ces unités mobiles s’inscrivent dans une stratégie plus large de santé communautaire. Elles permettent aujourd’hui de toucher des populations ne fréquentant pas les structures de santé classiques, offrant ainsi une réponse vitale à l’épidémie du VIH. Kaolack 2024 (Crédit photo : Mamdou Diop) Contexte épidémiologique : une crise concentrée au sein des populations clés Comme dans la majorité des pays, l’épidémie de VIH au Sénégal est concentrée au sein de certaines populations. Alors que le taux de nouvelles infections est de 0,3% au sein de la population générale, il est de : 27% pour les Hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) ; 6% pour les Travailleuses-eurs du sexe (TS) ; 2% pour les Usagers de Drogues Injectables (UDI). Pour les HSH, la tendance est particulièrement préoccupante puisqu’une hausse constante des nouvelles infections est constatée en raison de l’environnement répressif. Ceci les conduit à vivre dans la clandestinité et limite leur accès à des programmes de prévention, comme la PrEP, et de traitement, ce qui augmente drastiquement les risques de transmission. 90% des actions de notre partenaire au Sénégal ciblent directement ces trois populations. Les cliniques mobiles : une offre de soins au plus près des populations clés Les cliniques mobiles opèrent comme des unités de santé itinérantes équipées pour offrir un éventail de services : dépistage, sensibilisation, traitement des IST, distribution d’ARV, prescription de la PrEP et même des mesures de charge virale. Sortie nocturne avec la clinique mobile à Fimela (Crédit photo : Serigne Fallou Sene, ANCS Sénégal) Un fonctionnement efficace et structuré Organisation : Les médiateurs communautaires identifient en amont les besoins des populations ciblées et préparent les tournées en sensibilisant et rassurant les bénéficiaires. Ces tournées, qui durent entre 7 et 15 jours, permettent de couvrir plusieurs régions du Sénégal. Accessibilité : Les cliniques mobiles se déplacent directement dans les zones de travail ou de vie des populations clés, rendant les soins plus accessibles et discrets. Services polyvalents : Les prestations incluent également la prévention mère-enfant, le dépistage des hépatites et de la tuberculose, et des consultations psychosociales. Par ailleurs, pendant les restrictions de déplacement liées à la pandémie de Covid-19, les cliniques mobiles ont assuré la continuité de distribution des traitements ARV directement aux patients séropositifs. Ceci a eu comme résultat qu’aucun bénéficiaire n’a interrompu son traitement. Surmonter les défis pour atteindre les populations marginalisées L’établissement de ces cliniques ne s’est pas fait sans obstacles, mais elles ont finalement vu le jour malgré : Des défis administratifs : les débuts ont été marqués par des réticences du Ministère de la Santé craignant une concurrence avec les structures publiques. La stigmatisation : ces cliniques ont été étiquetées comme des « cliniques pour homosexuels », entraînant des actes de vandalisme et des descentes policières. Néanmoins, aujourd’hui, elles font face à des défis d’ordre financiers. Avec un coût par sortie d’environ 2,5 millions CFA (environ 3 800 €), le déploiement des cliniques dépend principalement du Fonds mondial. Un service particulièrement plébiscité par les travailleuses du sexe Pour les travailleuses du sexe, le système classique de contrôle médical est particulièrement contraignant : elles doivent se présenter aux centres de santé fixes, souvent tôt le matin, alors que leur travail s’effectue de nuit. Les cliniques mobiles, en revanche, se rendent directement sur leurs lieux de travail, leur permettant d’effectuer les contrôles nécessaires tout en continuant leurs activités. Les cliniques mobiles à soutenir durablement En cinq ans, les cliniques mobiles ont transformé l’accès aux soins pour des milliers de personnes au Sénégal. Plus de 20 000 personnes bénéficient chaque année des services de notre association partenaire, dont 15 % directement grâce aux unités mobiles. Pourtant, ces actions essentielles sont menacées par des défis financiers croissants. Votre soutien est crucial pour maintenir et développer cette stratégie, qui continue de sauver des vies et de réduire les inégalités d’accès aux soins. Je fais un don
Comprendre le lien entre le VIH et les hépatites virales
Temps de lecture : 3 minutesLes hépatites virales B et C et le VIH partagent des similitudes importantes en termes de transmission et d’impact sur la santé. Coalition PLUS, un réseau mondial engagé dans la lutte contre le VIH et les hépatites virales, travaille avec ses associations partenaires pour réduire l’impact de ces infections. Naoual Laaziz, directrice générale de notre association partenaire au Maroc, nous éclaire sur les liens entre ces maladies et les raisons pour lesquelles les associations de lutte contre le VIH s’engagent aussi dans la lutte contre les hépatites virales. Le médecin de l'ALCS de Marrakech et également son président, le Dr Redouane El hajji, fait une injection de vaccin contre l'hépatite B à un patient HSH sous PREP Quel est le lien entre la lutte contre le VIH et les hépatites virales ? Les modes de transmission du VIH et de l’hépatite B (VHB) sont similaires, car les deux peuvent être transmis par contact sexuel, ce qui fait de l’hépatite B une infection sexuellement transmissible (IST). De plus, les co-infections VIH-hépatites B et C (VHC) sont fréquentes, particulièrement au sein des communautés vulnérables. Ces co-infections entraînent souvent des complications, comme la cirrhose, et les maladies hépatiques sont devenues une des principales causes de décès chez les personnes vivant avec le VIH. Au Maroc, notre association partenaire s’engage dans la lutte contre les hépatites depuis 2014, notamment en généralisant l’accès aux soins pour l’hépatite C. Notre expertise en matière de dépistage, d’orientation et de prise en charge du VIH est un atout précieux pour lutter efficacement contre ces infections. Quelle est la différence entre les hépatites B et C ? Bien que ces deux infections affectent le foi et représentent un enjeu de santé publique mondial, elles diffèrent en plusieurs points : Modes de transmission : l’hépatite B se transmet par tous les liquides biologiques, notamment par le sang et lors de rapports sexuels. L’hépatite C, quant à elle, se transmet principalement par le sang. Évolution de la maladie : l’hépatite B est souvent éliminée naturellement après la phase aiguë, alors que l’hépatite C devient chronique dans 80 % des cas, augmentant ainsi le risque de cirrhose et de cancer du foie. Traitements disponibles : il existe des traitements gratuits pour guérir de l’hépatite C. Cependant, pour l’hépatite B chronique, il n’existe qu’un traitement qui permet de contrôler la réplication virale, similaire à celui utilisé pour le VIH. Prévention : un vaccin est disponible pour prévenir l’hépatite B, alors qu’il n’existe pas de vaccin efficace contre l’hépatite C. La prévention de cette dernière repose sur la réduction des risques d’exposition, notamment pour les communautés les plus vulnérables. Le médecin de l’ALCS de Marrakech et également son président, le Dr Redouane El hajji, fait une injection de vaccin contre l’hépatite B à un patient HSH sous PREP (Crédit photo : Coalition PLUS/ Nicolas Beaumont) Quelle est la situation épidémiologique au Maroc concernant les hépatites virales ? Le plan stratégique national de lutte contre les hépatites virales, pour lequel nous avons longtemps plaidé, a été lancé en juillet 2022. Ce plan vise à réduire de 50 % les nouvelles infections et la mortalité liée à l’hépatite C d’ici 2026. En 2019, la prévalence de l’hépatite C au Maroc était estimée à 0,5 %, avec environ 125 000 personnes touchées, dont la majorité ignore leur statut sérologique. La prévalence de l’hépatite B était de 0,7 %. Cependant, parmi les personnes usagères de drogues, la prévalence du VHC est bien plus élevée, atteignant par exemple 45 % à Tanger et 79 % à Nador, deux villes particulièrement touchées par cette infection. Les hépatites virales B et C sont des infections graves, souvent liées au VIH en raison de modes de transmission similaires. Grâce aux actions des associations partenaires du réseau de Coalition PLUS, l’accès au dépistage et aux traitements s’améliore progressivement, mais beaucoup reste à faire pour lutter efficacement contre ces infections à l’échelle mondiale.
Témoignage d’un pair éducateur au Togo : Olive, ancien usager de drogues raconte
Temps de lecture : 3 minutesOlive, est un ancien usager de drogues au Togo. Depuis 2011, il arpente les ghettos et les sites de consommation en tant que pair éducateur, pour atteindre ces populations marginalisées et stigmatisées. Olive fournit des informations essentielles et oriente les usagers-ères de drogues vers des centres de prise en charge. En tant que pair éducateur, son rôle est crucial est pour freiner la transmission du VIH. Aujourd’hui, il partage son quotidien et son engagement dans la réduction des risques. Agbogbo Komi (Olive) 💡 Quel lien entre l’usage de drogues et le VIH ? La transmission du VIH chez les usagers de drogues injectables se fait principalement par le partage de seringues contaminées, le virus présent dans le sang peut rester sur le matériel. La réduction des risques (distribution de seringues propres et accès aux traitements de substitution) est cruciale pour prévenir cette transmission et améliorer l’accès aux soins. Cela contribue à la diminution des nouvelles infections. Globalement, la prévalence du VIH chez les usagers de drogues injectables atteint environ 5 %, soit sept fois plus que dans la population générale, avec des variations importantes selon les pays. Quelle est l’importance de la pair éducation au Togo? Les pairs éducateurs.ices au Togo jouent un rôle essentiel en intervenant directement sur le terrain. Issus des groupes les plus vulnérables à l’infection au VIH, ils-elles sont capables de tisser des liens avec les communautés qu’ils aident. En tant qu’ancien usager de drogues, Olive a une connaissance intime des défis auxquels sont confrontés ses pairs, ce qui lui permet de les écouter et de les conseiller sans jugement. Il intervient régulièrement pour sensibiliser et accompagner les usagers-ères vers les structures de soins adaptées. « L’association pour laquelle je travaille compte actuellement 207 bénéficiaires. Au quotidien, nous faisons de la réduction des risques, en échangeant des seringues et en sensibilisant au non partage du matériel. », explique Olive. Olive La réduction des risques au Togo La réduction des risques est une stratégie centrale dans la lutte contre le VIH au sein des communautés d’usagers-ères de drogues. Elle consiste à minimiser les conséquences négatives liées à la consommation de drogues, notamment dans la transmission du VIH. Olive, en tant que pair éducateur au Togo, se rend régulièrement sur les sites de consommation pour distribuer des seringues stériles, sensibiliser à l’importance d’éviter le partage de matériel et proposer des dépistages. « Pour moi, être un bon pair éducateur, c’est avant tout savoir écouter sans juger. Il faut se mettre à la place des autres pour comprendre leurs besoins et leur offrir des solutions adaptées. Parfois, certains ne sont pas prêts à écouter, surtout lorsqu’ils sont en manque. Ils ne pensent qu’à leur dose, et c’est là que notre travail devient difficile mais indispensable », confie Olive. Olive Grâce à cette approche, chaque intervention devient une occasion d’éviter une nouvelle transmission. Une journée sur le terrain d’un pair éducateur au Togo Chaque journée pour Olive commence par la planification des sorties avec son équipe. Ils se rendent sur les différents sites de consommation, où ils rencontrent les usagers-ères de drogues pour distribuer du matériel propre, et orienter ceux qui en ont besoin vers des centres de soins. « Il faut beaucoup de patience et de compassion », raconte Olive. « Parfois, ils ne sont pas prêts à nous écouter, mais on persiste. » Olive La criminalisation des usagers-ères de drogues au Togo et les descentes de police compliquent leur travail, mais Olive et ses collègues continuent malgré tout, car ils savent que leur présence sur le terrain fait toute la différence. Coalition PLUS soutient le travail des pairs éducateurs comme réponse à l’épidémie de VIH Comme Olive, les pairs éducateurs au Togo et ailleurs sont des acteurs incontournables dans la lutte contre le VIH. Leur capacité à toucher des personnes que les structures de santé traditionnelles ne parviennent pas à atteindre fait d’eux des maillons indispensables pour éviter de nouvelles transmissions. Avec le soutien de Coalition PLUS, ils continuent d’apporter des réponses concrètes aux défis que pose l’épidémie de VIH au Togo. Soutenir leurs actions, c’est contribuer directement à l’effort mondial pour mettre fin à l’épidémie de VIH. Je fais un don
La Semaine Internationale du Dépistage fête ses 5 ans
Temps de lecture : 4 minutesPour la cinquième année consécutive, Coalition PLUS et son réseau d’associations partenaires à travers le monde se mobilisent pour une semaine de dépistage intensif du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST). Du 18 au 24 novembre, cet évènement – devenu la plus vaste opération de dépistage du VIH et des IST à l’échelle internationale – fera son lancement officiel au Caire, en Égypte, en partenariat avec l’association locale Al Shehab. La cérémonie d’ouverture sera diffusée en direct lundi 18 novembre à 16h, heure du Caire / 14h GMT Se connecter Voir l’agenda Plus de 70 organisations participent dans une cinquantaine de territoires Afrique subsaharienne : Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Côte d’Ivoire, Guinée, Guinée Bissau, Madagascar, Mali, Mozambique, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République de Maurice, République du Congo, Rodrigues, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Tanzanie, Tchad, Togo, Zanzibar Afrique du Nord et Moyen-Orient : Algérie, Egypte, Liban, Maroc, Mauritanie, Tunisie Amérique du Nord : Canada Amérique latine et Caraïbes : Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, Équateur, Guatemala, République dominicaine Asie : Hong-Kong, Inde, Indonésie, Malaisie, Timor-Leste Europe : Belgique, Espagne, France, Portugal, Roumanie, Ukraine Un rendez-vous devenu incontournable dans la lutte contre le VIH Présentée lors de la conférence internationale de lutte contre le VIH “IAS 2024” à Munich, la Semaine Internationale du Dépistage (SID) a fait l’objet d’une attention particulière par toute la communauté. Et pour cause : chaque année, les résultats de cette initiative ne cessent de croître, démontrant l’impact majeur de cet effort collectif. En tout, 194 000 tests ont été réalisés depuis la première édition. Crédit photo : Coalition PLUS / Kasra Rucci (Malaisie) « Lancée en 2020 en réponse à la suspension des campagnes de dépistage pendant la pandémie de Covid-19, cette opération est aujourd’hui un modèle éprouvé en matière de lutte contre le VIH. Nous sommes passés de 20 000 tests en cinq jours à 73 931 tests, marquant une augmentation de 208,5% en l’espace de quatre éditions », s’enthousiasme Nicolas Ritter, coordinateur interne de l’événement. Nicolas Ritter Une approche globale : VIH, hépatites, et cancers Au-delà du dépistage du VIH, cette semaine met également en avant des tests pour les hépatites virales (B et C), la syphilis, et même certains cancers comme celui du col de l’utérus ou de l’anus. Cette approche globale répond aux besoins de santé spécifiques des populations marginalisées, souvent oubliées par les systèmes de santé traditionnels. Focus sur la région du Moyen-Orient et l’Afrique du Nord Pour sa cinquième édition, la SID braque ses projecteurs sur la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), où les défis liés au VIH sont sous-médiatisés. « La région souffre de lacunes importantes en matière d’accès au dépistage et de sensibilisation, ce qui entraîne des diagnostics souvent tardifs et une attention insuffisante envers les populations à risque. Entre 2010 et 2023, ces manquements ont conduit à une augmentation alarmante de 116 % des nouvelles infections. Actuellement, la région peine toujours à atteindre les objectifs de couverture fixés par l’ONUSIDA pour 2025 », explique le Dr Lahoucine Ouarsas, coordinateur de la région MENA pour Coalition PLUS. Dr Lahoucine Ouarsas Crédit photo : Coalition PLUS / Mobarak Saad (Egypte) Lancement au coeur de la capitale de l’Egypte Le Caire, mégalopole du Moyen-Orient, a été choisie comme ville de lancement. Avec une population de 102,3 millions d’habitants, l’Égypte est le pays le plus peuplé du Moyen-Orient et le troisième d’Afrique. L’épidémie y est peu active au sein de population générale mais concentrée parmi les populations clés que sont surtout les usagers-ères de drogue par voie intraveineuse, les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes et les travailleurs-euses du sexe. En Égypte, la stigmatisation sociale entourant le VIH reste l’une des principales barrières au dépistage, y compris parmi les professionnels-elles de santé, ce qui éloigne encore davantage les populations à risque des soins. Une étude* de 2022 a révélé que : 40 % des professionnels-elles de la santé refusaient de s’occuper des patients vivant avec le VIH. 78,7 % pensaient que les personnes séropositives devraient avoir honte de leur statut. Cette stigmatisation est particulièrement forte envers les populations à risque : 35 % des professionnels-elles préfèrent ne pas traiter les usagers de drogues injectables. 48 % refusent les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. 43 % ne souhaitent pas prendre en charge les travailleuses du sexe soupçonnées d’être infectées par le VIH. Dans ce contexte, la Semaine Internationale du Dépistage offre une opportunité unique de dépasser ces barrières. « La réussite de cet événement réside dans son approche communautaire. Grâce à l’implication des pairs éducateurs-rices, issus des communautés elles-mêmes, ces derniers sont en mesure d’approcher les groupes les plus éloignés des soins et de les amener vers un dépistage, y compris celles et ceux qui n’ont jamais été testées auparavant », explique Nicolas Ritter, coordinateur de l’événement. Nicolas Ritter Cette stratégie porte ses fruits puisque 41 % des personnes dépistées lors de la précédente édition effectuaient leur premier test, et 2,4 % des tests se sont révélés positifs. Ces résultats soulignent l’importance cruciale de l’approche communautaire, surtout dans une région où une personne sur trois ignore toujours son statut sérologique. Le dépistage reste la première étape indispensable pour freiner l’épidémie. *Kabbash, Ibrahim Ali. « Policies and key recommendations on alleviating stigma and discrimination against vulnerable populations and people living with HIV/AIDS at healthcare settings. » Report submitted to Al-Shehab Institution for Comprehensive Development, n.d. (2022) Je fais un don